« Pourquoi les zones humides sont à défendre »

Le Monde des idées, 17 février 2018

Par Michel Naepels, anthropologue, Directeur de recherches CNRS/EHESS17db0e7_23394-1gred0v.4kwk.jpg

L’anthropologie le démontre, la fragilité des écosystèmes menacés n’est pas sans liens avec notre propre vulnérabilité sociale.

Extrait : 

Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des­-Landes. Les historiens du contemporain décriront les enjeux politiques de cette décision, et la multiplicité des groupes et des acteurs mobilisés depuis des années, voire des décennies, pour ou contre ce projet gaulliste. D’autres ont déjà retracé l’histoire de ces landes, de leur marginalité, de leurs usages agricoles et de la manière dont ceux-ci ont façonné le paysage – comme François de Beaulieu avec La Mémoire des landes de Bretagne (Skol Vreizh, 2014) –, ce qui aide à comprendre les formes d’agriculture et les usages, communs ou non, de la terre qui s’expérimentent dans la ZAD aujourd’hui.

Destruction des habitats

Comme anthropologue travaillant dans des mondes ruraux lointains ou proches, un tel événement m’intéresse aussi parce que l’anthropologie – qu’elle étudie des chasseurs-collecteurs, des peuples indigènes ou des agricultures industrielles – a depuis longtemps décrit les relations entre formes de vie sociale et usages et représentations de l’environnement ou de la nature. L’anthropologie contemporaine interroge particulièrement la manière dont nos formes de vie sont tissées de relations avec d’autres espèces. Nous avons des expériences quotidiennes de plantes, d’animaux, de micro-organismes, mais aussi des usages instrumentaux (il faut bien manger !), et notre imagination est densément peuplée d’une multitude d’espèces.

Dans son ouvrage Flight Ways. Life and Loss at the Edge of Extinction (« voies migratoires, la vie et la perte au bord de l’extinction », Columbia University Press, 2014), Thom van Dooren montre comment les disparitions actuelles d’espèces animales et végétales sont liées à des activités humaines, par la destruction des habitats sauvages, l’exploitation directe et la chasse de certaines espèces, l’introduction de nouveaux produits chimiques toxiques, les impacts du changement climatique.

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« Au Congo, une violence sans nombres »

Le Monde, 5 Janvier 2018

Michel Naepels, anthropologue, Directeur de recherches CNRS/EHESS

Congo Naepels Lemonde

La guerre qui ravage l’Est du pays a-t-elle fait des centaines de milliers, ou des millions de morts ? Cette incertitude révèle, pour Michel Naepels, la mauvaise qualité des données statistiques sur le continent Africain.

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A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.