« Le triomphe des neurosciences d’Alain Ehrenberg »

 

Les recherches d‘Alain Ehrenberg (sociologue, directeur de recherches CNRS) portent sur les transformations de la liberté et de l’égalité par les valeurs et les normes de l’autonomie à travers le vaste domaine de la « santé mentale ». 413IlJbHybL._SX307_BO1,204,203,200_.jpgIls visent à mettre en lumière les nouvelles articulations entre le commun et le chacun dans une forme de vie imprégnée par les représentations collectives de l’autonomie.

Après avoir travaillé quelques années sur l’histoire du dressage militaire (Le Corps militaire. Politique et pédagogie en démocratie, 1983) un premier ouvrage a été consacrée à la diffusion de ces représentations collectives en France via les transformations de la compétition, de l’esprit d’entreprise et de la consommation (Le Culte de la performance, 1991), un deuxième à l’ascension d’une nouvelle culture de la souffrance psychique (L’Individu incertain, 1995),

41IofBhpnGL._SX307_BO1,204,203,200_.jpg

un troisième a consisté en une étude de cas permettant de mettre en relation les nouvelles manières d’agir et de subir en société via la dépression (La Fatigue d’être soi. Dépression et société, 1998, traduit en six langues).

9782738106346.jpg

Mon approche a ensuite évolué vers une approche comparative. Mon précédent livre, La Société du malaise (2010, traduit en italien et en allemand) traitait de la version psychanalytique de la condition autonome, dans ses variantes américaine et française, en mettant en question le thème canonique de l’opposition entre l’individu et la société. Un livre sur les neuroscience cognitives en tant que phénomène social est en cours. Il s’attaque à la version neuroscientifique de la condition autonome à travers un autre grand thème canonique : l’opposition entre le biologique et le social.

9782738141491.jpg


Retour sur les dernières interventions d’Alain Ehrenberg dans les médias :

« Le triomphe des neurosciences d’Alain Ehrenberg »

France Culture, 26 mars 2018

738_010_dgn16a00_411

Depuis quelques années, une place de plus en plus importante est accordée aux neurosciences, discipline constituée dans les années 70’ et portée à la connaissance du grand public par des vulgarisateurs de renom comme Jean-Pierre Changeux ou Antonio Damasio… Elle repose sur l’exploration de notre cerveau, exploration qui permet aujourd’hui d’expliquer certains comportements humains, de traiter des pathologies comme la dépression, d’encourager l’apprentissage ou de favoriser la maîtrise de nos émotions.

La tribu des neurosciences a un projet anthropologique, celui de réduire l’homme pensant, sentant et agissant à une partie de lui-même, son cerveau. » Alain Ehrenberg

Une « approche mentaliste », selon la formule de Noam Chomsky, qui n’est pas sans conséquence : les sciences cognitives sont en train de devenir « le baromètre de la conduite de nos vies ».  Progressivement, l’homme neuronal serait en train de remplacer l’homme social …

Les neuroscientifiques forment une tribu au sens anthropologique du terme. Cette tribu a deux mantras : le cerveau, qu’elle considère comme l’objet le plus complexe de l’univers et qu’elle élève quasiment au rang de fétiche. Le second mantra consiste à dire qu’on n’en est qu’au début, que les avancées scientifiques réalisées par les neurosciences ces dernières années ne sont qu’un avant-goût. » Alain Ehrenberg

Cette révolution cognitiviste, Alain Ehrenberg l’a analysée en sociologue dans « La Mécanique des passions » publiée chez Odile Jacob. Directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste des drogues et autres psychotropes, déjà auteur de « La Fatigue d’être soi » et de « La société du malaise », il nous a expliqué comme l’avènement des neurosciences était lié aux exigences de l’individualisme de « l’autonomie-condition ».

Il y a dans notre société un déplacement de la psychanalyse aux neurosciences. Alors que la psychanalyse confronte l’être humain à ses limites et à ses manques, les neurosciences cognitives l’invitent à les dépasser. » Alain Ehrenberg

Re-écouter l’intégralité de l’émission.


« La dépression, un mal flou à redéfinir »

Le Monde sciences, 19 mars 2018

15b68e5_11271-58azlx.phcsx.jpg
MANUELE GEROMINI

Burn-out, violences sociales, anxiété… Mieux comprise pour certains, trop médicalisée pour d’autres, cette affection est difficile à circonscrire.

Extrait :

« La dépression est une notion dépassée. De plus en plus, on va vers une ­déconstruction de ce qu’est ce trouble », affirme le ­sociologue Xavier Briffault, du Centre de recherche en médecine, sciences, santé, santé mentale et société du CNRS. « Ce qui ressort depuis une dizaine d’années, c’est que le concept de dépression lié à une cause biologique sous-jacente n’existe plus. Différents éléments de la personne incluant des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux entrent en compte. Ces ­éléments interagissent entre eux pour créer un cercle ­vicieux qui aboutit à la dépression », poursuit-il.

Psychiatres partagés

Et c’est justement sur cette dimension sociale des troubles dépressifs qu’insistait le sociologue Alain Ehrenberg, en octobre 2016, dans son discours d’inauguration à la tête du Conseil national de la santé mentale….

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Des mots: Le plasticien et vidéaste Pierrick Sorin, le sociologue Alain Ehrenberg. « 

Francetvinfo, émission Des mots de minuit, 31 décembre 2017

Capture d’écran 2018-03-28 à 16.39.30.png

Le sociologue et chercheur au CNRS Alain Ehrenberg, qui présente son livre « Maladie mentale en mutation Psychiatrie et société » écrit avec Anne M. Lovell. Sujet peu étudié en France malgré le nombre grandissant de pathologies ou troubles mentaux, de la schizophrénie sévère à la dépression.  Pour lui,  la psychiatrie ne se résumerait plus à lutter contre la maladie mais elle tendrait à promouvoir la santé mentale. La société est plus ouverte au « malheur intime » et met en place de plus en plus de formes d’assistance aux malades. La tendance actuelle est à l’allongement des prescriptions de neuroleptiques, antidépresseurs ou anxiolytiques. 

Extrait :

Alain Ehrenberg : Il y a désormais une « culture du malheur intime ». Depuis une vingtaine d’années on assiste à une montée progressive de l’attention portée à la souffrance psychique, aux désordres du comportement, aux troubles mentaux. Elle s’insère dans tous les domaines et concerne toute sorte de désordres. Elle donne un sentiment commun de malheur que ne connaissaient pas les générations précédentes. C’est une forme sociale qui est entrée dans l’agenda politique et qui a multiplié le nombre de professionnels autour de la notion de traumatisme qui a explosé. Récemment, par exemple, une équipe de psychologues est allée dans un bourg où avait été commis un crime pour déculpabiliser et rassurer famille et voisins…

Re-voir l’intégralité de l’émission.


 

« Mai 68, émoi, émois et moi »

Retour sur les dernières interventions

d’Isabelle Sommier,

Professeure de sociologie à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne (LabEx Tepsis)

Isabelle Sommier est directrice adjointe du CESSP depuis septembre 2017, elle a également été directrice du CRPS d’ octobre 2002 à décembre 2009 et Professeure de sociologie au Département de science politique. Son doctorat, obtenu en décembre 1993, portait sur « La forclusion de la violence politique : ouvriers/intellectuels en France et en Italie depuis 1968 ».

Spécialiste de la violence politique, des radicalités, des mouvements et des conflits sociaux, Isabelle Sommier est régulièrement sollicitée par les médias pour analyser, décrire, ou expliquer les complexités des mouvements sociaux actuels. Retour sur ses interventions les plus récentes.


« Le groupe de Tarnac, des « intellos » de l’ultra-gauche »

La Croix, 15 mars 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.06.48.png
Le leader du groupe de Tarnac, Julien Coupat (au centre, en arrière-plan), se rend à son procès aux côtés des autres membres du groupe d’ultra-gauche, à Paris le 13 mars 2018. / Alain Jocard/AFP

Alors que le procès du groupe de Tarnac a repris le 13 mars à Paris, la sociologue Isabelle Sommier décrit ce groupe et son influence sur l’ultra-gauche.

Extraits : 

Dès le premier jour d’audience, ils ont défié la justice. Avec le sourire et une légère impertinence pour la forme, mais la force de leurs convictions sur le fond. Les prévenus du groupe de Tarnac, Julien Coupat en tête, réagissent et contestent tous les éléments du dossier et le fonctionnement de la justice en général : ils acceptent de « participer » à l’audience, mais pas de se « soumettre à la question », refusant de se « défendre d’un récit »(l’enquête) jugé « délirant d’un bout à l’autre ». On reproche à ces prévenus des manifestations violentes et des dégradations matérielles sur des lignes SNCF. Le procès doit durer jusqu’au 30 mars.

« Ils ont le sens de la répartie, sont bien préparés et vont faire en sorte que ce procès devienne une tribune contre la police, la justice et l’État en général, commente Isabelle Sommier, enseignante à Paris I et spécialiste de la violence politique. Plus que des anarchistes, ce sont des communistes révolutionnaires, qui ne reconnaissent donc pas les appareils répressifs de l’État. » Auxquels ils peuvent opposer l’usage de la violence : « En soi, la violence est considérée comme légitime, puisqu’elle est une réponse à celle de l’État. Mais ils débattent pour savoir jusqu’où il faut aller, selon quelle stratégie pour que ce ne soit pas contre-productif… »

« L’État comme les médias cherchent trop à faire de Coupat un grand ordonnateur de ces contestations, confirme Isabelle Sommier. Dans cette mouvance d’ultra-gauche, la manière d’agir est plutôt d’être partout où ça bouge pour radicaliser les contestations sociales. Mais le côté très intello des “tiqquniens” et la personnalisation du mouvement autour de Julien Coupat sont contestés. Dans les ZAD, l’écologie radicale et Mauvaise troupe sont plus actifs que le Comité invisible. » Le groupe de Tarnac produit en revanche un « vrai travail intellectuel à destination de la jeunesse » et aurait une influence plus forte sur les « antifas parisiens » (antifachistes) et le Mili (Mouvement inter-luttes indépendant), né en 2013 au moment de l’affaire Leonarda, contre les expulsions de lycéens sans papiers. Ils disposent par ailleurs d’une aura particulière due aux dix ans de procédure judiciaire qui illustrent, aux yeux de la mouvance, l’acharnement de l’État répressif.

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Macron donne une nouvelle vigueur à l’ultra-gauche »

Le nouvel Obs, 28 octobre 2017

Entretien avec Isabelle Sommier

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.51.04.png
Le 1er mai 2016, lors d’une manif contre la loi Travail. (Place de la Nation, le 1er mai 2016, à Paris. (Michael Bunel/NurPhoto/AFP)

« L’ultra-gauche monte en radicalité », observe la sociologue Isabelle Sommier après que plusieurs incendies ont visé des casernes de gendarmeries.

Extraits :

Le nouvel Obs : C’est quoi l’ultra-gauche ? Qui la compose ? 

Isabelle Sommier : Ils étaient entre 1.000 et 2.000 en 2008 selon un rapport des Renseignement généraux. Ce sont des groupes très fermés, une nébuleuse aux contours très flous. Il y a les antifascistes, comme Action antifasciste paris banlieue et plein de groupes locaux, notamment à Toulouse. D’autres relèvent plutôt de l’autonomie, d’inspiration post-situationniste, comme Mauvaise Troupe, qui vient de Dijon, est assez investi à Notre-Dames-des-Landes et a fait paraître le livre « Constellation ». Il y a aussi les zadistes, avec l’empreinte écologique radicale. Ces derniers mois, des compteurs Linky ont été visés. Ils sont accusés de participer au flicage généralisé et de propager des ondes magnétiques.  La mouvance d’ultra-gauche valorise énormément l’action directe mais elle est aussi très intellectuelle. Elle lit et s’inspire de personnages comme Michel Foucault, Gilles Deleuze, le philosophe Giorgio Agamben. Ou encore l’Américain Hakim Bey qui a développé l’idée des zones autonomes temporaires (TAZ), c’est à dire l’idée qu’il faut soustraire des portions du territoire ou des moments de l’emprise étatique, dans les squats ou lors de manifestations par exemple.

Le nouvel Obs : En citant les incendies criminels visant les gendarmeries de Limoges et Grenoble, Emmanuel Macron a parlé le 18 octobre dernier d’une « mouvance organisée, structurée et engagée dans une démarche insurrectionnelle ». 

Isabelle Sommier : On est à nouveau un peu dans la même ambiance qu’il y a dix ans avec l’affaire du groupe de Tarnac et l’idée de la constitution d’un réseau terroriste international. On connaît la suite, l’affaire a couru pendant des années mais le caractère terroriste du groupe n’a jamais été retenu. On est un peu dans le même esprit actuellement avec une exagération de la menace, un exagération de l’intentionnalité insurrectionnelle et du caractère organisé, presque planifié de cette entreprise. Selon un schéma un peu ancien, on applique aux groupes d’aujourd’hui les logiques des groupes marxistes des années 1970 avec un dessein, des structures verticales, une division des taches presque militaire. Je crois qu’on n’en est vraiment pas là. Il y a des espaces de rencontres, les manif, les squats, des campagnes ou des luttes précises sur l’antibiométrie, les migrants, sur les personnes incarcérées. Mais on a plutôt affaire à une kyrielle de petits groupes et à un ensemble inorganisé…

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Qui sont vraiment les « casseurs » ? »

Lesinrocks, 21 mai 2016

Entretien avec Isabelle Sommier

Capture d’écran 2018-03-27 à 15.10.03.png
Le 12 mai 2016 à Paris, lors d’une manifestation contre la loi travail (Gonzalo Fuentes/Reuters)

Une escalade de violences a lieu depuis quelques semaines dans le cadre des mobilisations contre la loi travail et contre les violences policières. Quels sont les ressorts de cette radicalité ? Quels en sont ses acteurs et ses causes ?

Extraits :

Lesinrocks : Depuis plusieurs semaines les manifestations contre la loi travail sont émaillées de violences de la part de groupes radicaux qualifiés communément de « casseurs ». Qui sont les groupes désignés sous cette étiquette ? De quelles cultures et mouvances politiques sont-ils les héritiers ?

Isabelle Sommier : Le terme « casseurs » est un terme ancien que l’on trouve aux lendemains de toutes les manifestations qui, dans un contexte de forte conflictualité, « dégénèrent » comme il est convenu de dire, par exemple en 1968, 1979 – dans le cadre du conflit sur la sidérurgie –, et dans les manifestations de la jeunesse scolarisée depuis 1994. Avec lui, sont désignés certes des actes de violence en marge du cortège, c’est-à-dire en dehors des « rangs officiels » de la manifestation, mais on sous-entend surtout qu’il s’agit uniquement d’actes délictueux sans motivation politique, simplement pour se défouler, s’amuser, voler ou encore, du point de vue syndical, pour jeter l’opprobre sur la « juste colère » des manifestants, voire pour provoquer la répression contre le mouvement ou en tout cas pour le discréditer. Tout cela n’est pas nécessairement faux mais parfois, et aujourd’hui sans aucun doute, insuffisant pour comprendre ce qui se joue. Vu le nombre de personnes impliquées, les stratégies adoptées et les cibles attaquées, il y a très certainement l’intervention de groupes qu’on désigne (et qui pour certains se désignent) d’ultra-gauche. Cette mouvance est l’héritière de plusieurs strates historiques d’opposition au léninisme : la « gauche communiste » du début du XXe siècle avec des personnalités telles que Rosa Luxemburg ou Amadeo Bordiga, et le conseillisme allemand des années 1920, inspiré par exemple d’Anton Pannekoek, qui oppose les conseils ouvriers à la conception léniniste du parti et de l’Etat. Elle s’est nourrie ensuite de l’influence du groupe français Socialisme ou barbarie, de l’Internationale Situationniste puis de l’Autonomie venue d’Italie au milieu des années 1970. L’autonomie à ses débuts provient de la tradition communiste mais elle se mâtine ensuite d’anarchisme pour valoriser l’action directe par la thématique de la réappropriation des biens « volés » par le capitalisme et toujours plus rejeter les organisations au profit du spontanéisme des rebelles. En sommeil à partir du milieu des années 1980, la mouvance de l’ultragauche réapparaît sur la scène publique dans le cadre des manifestations antiglobalisation avec ce qui est alors appelé le Black Bloc, puis des violences et notamment de l’occupation avec dégradation de l’EHESS pendant le mouvement anti-CPE de 2006 et enfin avec l’affaire de Tarnac de 2008.

Lesinrocks : Faut-il les considérer comme des éléments extérieurs qui s’infiltrent dans les cortèges, ou font-ils partie du mouvement social ?

Isabelle Sommier : Qu’il y ait parmi les individus qui vont au contact de la police, cassent voire volent les magasins, des gens qui profitent en quelque sorte du climat de mobilisation sans en partager les objectifs, sûrement. Mais compte-tenu comme du nombre d’individus, des stratégies et des cibles, leur grande majorité me semble faire partie d’un mouvement qui ne se limite pas seulement à la dénonciation de la loi travail, mais qui témoigne très clairement pour eux et sans doute pour une partie des manifestants « ordinaires », pacifiques, surtout pour les jeunes, d’une colère générale…

Re-lire l’intégralité de l’article.


On en parle…

Changer-le-monde-changer-sa-vie.jpg
O. Fillieule, S. Béroud, C. Masclet, I. Sommier, avec le collectif Sombrero (dir.), Changer le monde, changer sa vie, Actes Sud

Cinquante ans après Mai 1968, que sont les militants devenus ? Après avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille, cru souvent en l’imminence d’une révolution, suspendu longtemps leurs investissements scolaires, professionnels, voire affectifs pour “faire l’histoire”, comment ont-ils vécu l’érosion des espoirs de changement politique? La force de ce livre tient à un triple déplacement du regard – de Paris aux régions, des têtes d’affiche aux militants ordinaires, de la crise de mai à la séquence historique  1966-1983 – autant qu’à la richesse du matériau exploité : un dépouillement d’archives le plus souvent inexplorées, comme les documents déclassifiés des Renseignements généraux et des centaines de récits de vie recueillis à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes auprès de militants des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et du mouvement féministe.

Cette mosaïque d’histoires constitue la chair de ce livre et permet de brosser un portrait non impressionniste des soixante-huitards, de leur carrière professionnelle, de leur vie affective, de la continuité de leurs engagements, apportant des réponses enfin étayées aux questions suivantes : la vie des soixante-huitards a-t-elle été bouleversée ou simplement infléchie par le militantisme corps et âme des années 1970 ? En ont-ils tiré profit ou le déclassement social fut-il le prix à payer ? Face aux convictions politiques d’antan, les militants font-ils figure d’apostats ou sont-ils toujours ancrés dans un rapport critique au monde social ? Peut-on dire qu’il existe une génération 68 ou n’est-ce qu’un mythe recouvrant d’un voile épais une hétérogénéité de personnes plus grande qu’on ne l’imaginait ?


« Mai 68, émoi, émois et moi »

Libération, 21 mars 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 10.45.17.png
Saint-Michel, mai 1968. Photo : Keystone France

Que sont devenus les anonymes de 68 ? Une équipe de chercheurs a retrouvé plus de 300 féministes, gauchistes, syndicalistes. Fidèles à leurs idéaux contre toute attente, ils ont souvent payé le prix de leur engagement.

Extraits : 

Ils n’étaient pas sur les barricades du Quartier latin, ni même étudiants à Nanterre, ils ne s’appelaient pas Geismar ou Cohn-Bendit mais leur existence a tout autant basculé avec 68. Militants ordinaires des années folles du gauchisme, du féminisme, du syndicalisme, ils ont consacré leur vie à la transformation sinon du monde, du moins de la société. Pour la première fois, un travail de sociologie politique d’envergure donne une photographie précise des soixante-huitards et de leurs parcours. Qui étaient-ils ? Que sont-ils devenus ? Quelles ont été les conséquences de leur engagement sur leurs vies professionnelles et privées ?

Fruit de cinq années d’enquêtes menées par une trentaine de politistes et de sociologues, Changer le monde, changer sa vie, que publient ce 22 mars les éditions Actes Sud, dresse le portrait inédit de la France militante des années 70, loin de Paris, à travers cinq villes : Lille, Marseille, Lyon, Rennes, Nantes. Plus de 300 militants, actifs entre 1966 et 1983, ont été interviewés. Ce qu’ils disent de 68 et de leur engagement dresse un portrait type sensiblement différent du soixante-huitard jusqu’ici véhiculé. Tous ne sont pas devenus célèbres, occupant tous les postes de pouvoir : ils ont plutôt chèrement payé leur engagement en termes de déclassement professionnel. Ils ne sont pas non plus passés «du col Mao au Rotary» : à 70 ans passés, la plupart sont restés fidèles aux idéaux de leur jeunesse…

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Mai 68: derrière les mythes, la réalité militante »

RCF Radio – Les Racines du présent, 19 mars 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.03.22
© Jacques Marie/ AFP

Après 50 ans, il est possible d’étudier les parcours des acteurs anonymes de Mai 68, et repérer leurs traces dans la société française.

Extrait : « Sortir de l’image d’Epinal de mai 68 »

Quand on évoque Mai 68, « au fil des commémorations, il y a une image qui s’était imposée, le quartier latin parisien, des acteurs, les étudiants, et un temps, mai et juin » explique Isabelle Sommier, professeur de sociologie politique à la Sorbonne, précisant que ce triptyque a évolué progressivement, sans offrir de « photographie de la population ordinaire« . Le travail de cette dernière a alors consisté à décentrer le regard, en travaillant sur cinq villes de province, en élargissant le temps, et en donnant à la parole à des militants ordinaires…

Re-écouter l’intégralité de l’émission.


« Mai 68 en quête de sens »

France culture – Le Journal des Idées, 23 mars 2018

Chronique par Jacques Munier

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.16.05.png
Grève à Renault, 27 mai 68 © Keystone – Getty

Extraits : 

Une trentaine de chercheurs ont collecté les récits de vie de plus de 300 militants, actifs entre 1966 et 1983. Sous le titre Changer le monde, changer sa vie, publié aux éditions Actes Sud, l’ouvrage dresse le portrait inédit de la France militante des années 70, loin de Paris, à travers cinq villes : Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Ceux-là ne sont passés « du col Mao au Rotary » : à environ 70 ans d’âge, la plupart sont restés fidèles aux idéaux de leur jeunesse. Pour tracer ce portrait de soixante-huitards ordinaires, les chercheurs ont constitué, à partir du fichier des militants révolutionnaires tenus à l’époque par les RG, un échantillon des personnes engagées. Syndicalisme, féminisme, gauchisme : en tout 3 780 personnes ont été identifiées – en moyenne 750 personnes par ville – pour représenter le paysage militant de l’époque et plus de 360 parcours de vies ont été tirés de cette base. Olivier Fillieule, professeur de sociologie politique à l’université de Lausanne, l’un des codirecteurs de l’ouvrage, avec Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier, résume les principaux enseignements de ce travail, qui articule temps biographique et temps historique. Non, les soixante-huitards n’ont pas trusté les postes de pouvoir, bien au contraire, leur engagement militant les a souvent conduit à une forme de déclassement volontaire. Mai 68 ne fut pas dans l’ensemble une révolte d’enfants gâtés contre les pères, les familles et leurs valeurs :

« le militantisme des soixante-huitards n’est pas forcément ni toujours en rupture avec les transmissions familiales. »

Logiques et transformations des socialisations militantes

L’intérêt de l’ouvrage tient aussi aux logiques et aux transformations des socialisations militantes qu’il met au jour. « La mobilisation du Larzac, par exemple, ne défendait pas seulement un certain type d’agriculture et ne se limitait pas à l’antimilitarisme : elle posait aussi des questions relatives à l’identité occitane ou à la sauvegarde de l’environnement ». Travaillant la matière d’une tout autre mémoire, Jean-Baptiste Harang avait fait dans Libération, lors du trentième anniversaire de mai 68, un journal des événements à partir de la presse de l’époque, un ensemble opportunément publié aujourd’hui chez Verdier sous le titre Jours de mai. C’est le récit en direct de l’histoire immédiate… Avec en fond sonore les échos de la rumeur du monde, la prose ininterrompue de l’actualité ramène souvent l’événement dans le registre du fait-divers. « Place Maubert, le duel pavés contre grenades reprend, à l’arrière on dépave tandis qu’au front on apprend assez vite à relancer les grenades avant qu’elles n’explosent. Les gardes mobiles sont excédés. Maurice Grimaud, le préfet de police tente de retarder la charge, il se rend sur place et, tout sourire, déclare aux étudiants et devant quelques micros tendus :

« Parmi vous, il y en a peut-être un qui deviendra préfet de police. »

Re-écouter l’intégralité de la chronique.


« Les chrétiens aux avant-postes en mai 68 »

La Croix, 18 mars 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.37.03.png
Réunion à  l’Institut catholique de Paris, le 24 mai 1968. / Archives Ciric

Pour la première fois, une vaste étude sociologique s’intéresse à la participation massive des chrétiens, et notamment des catholiques, à la mobilisation des « années 68 ».

Extrait :

À Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes, une trentaine de chercheurs ont interrogé 400 acteurs qu’ils ont répartis en trois groupes : syndicalistes, féministes et gauchistes alternatifs (2). Surprise : parmi ces derniers, « 40 % sont passés par le scoutisme, 43 % par la JEC et 20 % par la JOC », énumère Isabelle Sommier. « Un peu plus âgés » que la moyenne, « plus souvent des femmes » et « plus souvent en couple », les manifestants catholiques se disent mus par la quête de « la justice », « la solidarité » plus que par « la colère, qui ressort davantage du discours des plus jeunes », remarque la sociologue…

Re-lire l’intégralité de l’article.


On en parle…

27246100851270L.jpg
Fillieule, O., & Sommier, I., Marseille années 68, Presses de Sciences-Po

L’histoire de Mai 68 ne s’est pas écrite qu’à Paris, et ses auteurs ne sont pas que des étudiants. Partout en France, d’autres territoires, d’autres militants ont contribué à faire de la décennie qui suivit l’explosion de mai un « âge d’or des luttes », jouant parfois un rôle de catalyseur au plan national.

C’est le cas de Marseille et des Bouches-du-Rhône, sur lesquels cet ouvrage porte un regard singulier. En dépouillant des archives récemment déclassifiées, notamment celles des Renseignements généraux, et en collectant de nombreuses interviews de soixantehuitards marseillais, il exhume une histoire sociale et politique inédite de la région. De la fin des années 1960 au milieu des années 1980, il dévoile une cité phocéenne à l’avant-garde de combats tels que la défense des travailleurs immigrés et la reconnaissance des mouvements féministes, lesbiens et homosexuels.

Loin de la vulgate officielle centrée sur quelques figures médiatiques, Marseille années 68 fait revivre les actions de milliers de femmes et d’hommes « ordinaires » qui se sont engagés pour un monde plus juste et qui ont payé lourdement cet engagement, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

Il réhabilite une époque et une génération souvent mises en accusation et instrumentalisées à des fins politiques.


« Mai 68 hors les murs »

Le Monde, 7 mars 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.31.42.png
Cinquante ans après, les commémorations se répètent mais l’histoire se renouvelle. L’écrivain Yannick Haenel, Prix Médicis 2017, a ainsi lu deux livres collectifs sur le soulèvement à Lyon et à Marseille.

Extrait : 

C’est reparti : on commémore les 50 ans de Mai 68. D’emblée, on aurait envie de faire du mauvais esprit : les commémorations ne relèvent-elles pas du bla-bla, de la fausse mémoire ? Guy Debord n’écrivait-il pas, dans La Société du spectacle (Buchet-Chastel, 1967), que les ­ « vérités respectables » ne sont que des « mensonges » ?

On ne peut s’empêcher de penser que, aujourd’hui, quand tout le monde commémore Mai 68, c’est-à-dire la réussite petite-bourgeoise du mouvement, le point de vue révolutionnaire ne parvient nulle part à se faire entendre. A une époque où la fausse vie exerce son emprise dans tous les domaines, où l’oppression économique n’admet plus aucune contestation, on peut comprendre que la liberté, l’effervescence, la radicalité d’un tel passage à l’acte soulèvent encore maintenant des passions : nostalgie de la part des frustrés de la révolution, ressentiment de la part des verrouilleurs du capitalisme.

Mai 68 témoigne à présent d’une insolente maturité. Si certains d’entre nous pleurent sur le beau rêve bafoué de Mai 68 et en idéalisent l’aventure, le libéralisme désormais planétaire en organise en toute impunité l’évacuation pure et simple. Et n’est-ce pas une manière efficace de neutraliser les luttes que d’en célébrer le folklore, et de faire spectacle du ­Quartier latin avec ses barricades en noir et blanc ?…

Re-lire l’intégralité de l’article


On en parle…

couverture-la-violence-des-marges-politiques.jpg
Lebourg N. Sommier I. (dir.), La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve Éditions

Le programme « Violences et radicalités militantes en France » (VIORAMIL) de l’Agence nationale de la recherche, dirigé par François Audigier, vient de publier le troisième volume de ses travaux : Nicolas Lebourg et Isabelle Sommier dir., La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours. Editions Reveneuve. Il fait suite à l’ouvrage dirigé par Fanny Bugnon et Isabelle Lacroix, Les territoires de la violence politique en France (1962-2012), et à François Audigier (dir.), Histoire des services d’ordre en France du XIXe siècle à nos jours . En décembre dernier a également eu lieu à l’Université de Lorraine, sous la direction de Pascal Raggi, un nouveau colloque qui donnera jour au prochain volume : Syndicats et coordinations face à la violence militante.


« Notre époque ou le «ventre mou» de la radicalité politique contemporaine »

Libération, 24 janvier 2018

Capture d’écran 2018-03-27 à 11.44.25.png
Des militants du Black Bloc derrière une banderole ‘bienvenue en enfer’ lors d’une manifestation en juillet 2017 à Hambourg (photo : Pawel Kopczynski, Reuters)
Un livre appréhende la pacification du monde politique et la dédiabolisation des extrêmes à l’heure où leur radicalité se réfugie à la marge. 
Extrait :

Huit mois après une présidentielle qui a vu pour la deuxième fois de l’histoire de la cinquième République un Le Pen arriver au second tour, il était temps de s’interroger. Comment le paysage politique français a-t-il basculé dans une époque normalisant les partis extrémistes à ce point ? Comment le Front national s’est-il dédiabolisé au point que ses leaders apparaissent aujourd’hui parmi les politiques les plus plébiscités par les électeurs français ? En partie parce que la radicalité des mouvements d’extrême droite (mais aussi par ailleurs d’extrême gauche), s’est réfugiée aux marges. Dans les territoires des ultras. La violence militante «classique» n’a pas disparu, au contraire elle s’est structurée, idéologisée. Mais elle est entrée dans une nouvelle époque, où il est plus affaire de groupes, de réseaux et d’ennemis désignés, que d’agenda ou perspectives. Dans La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, un livre dirigé par l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, et la sociologue Isabelle Sommier, spécialiste des conflits sociaux et des radicalités, dix chercheurs appréhendent la violence physique en politique en France, la haine contemporaine et sa mue, des années 80 à nos jours…

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Peut-on assister à un retour en force de la radicalité politique? »

Slate.fr, 15 décembre 2017

Capture d’écran 2018-03-27 à 15.21.56.png
Marche organisée par les opposants au projet d’aéroport dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 21 octobre 2017 | Loïc Venance / AFP

Dans La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours,à paraître chez Riveneuve ce 14 décembre, Isabelle Sommier et Nicolas Lebourg rassemblent des études sur les marges radicales de droite et de gauche. Les auteurs préviennent: «Explorer le cœur des radicalités, des néo-nazis aux ultra-gauches, ce n’est pas les amalgamer. C’est vouloir comprendre le basculement d’une société qui, à partir des années 1980, récuse toute valeur à la violence politique.»  Slate.fr publie, dans une version remaniée, des extraits de la conclusion de l’ouvrage faite par Nicolas Lebourg.

Extraits : ‘Les guerres franco-françaises’

En somme, c’est, fondamentalement, la place des radicalités dans les normes admises par la société qui a évolué. La période étudiée a bien connu une rupture en la matière. Or, les marges radicales jouent leur rôle dans la représentation que la France se fait d’elle-même. Mais elles s’inscrivent dans un long cours liant structures politiques et économiques. Depuis la fin du Moyen Âge, la structuration du pays entre un État centralisateur et une propriété parcellaire a induit ce que l’historien Michel Winock nomme une «guerre civile latente», à la fois cause et conséquence de «la parcellisation du corps social». En toutes choses, la culture d’Ancien Régime répondit à ce trait par l’exaltation des valeurs unitaires, en une conception résumée d’une formule lapidaire par Bossuet: «En l’unité est la vie, en dehors de l’unité la mort est certaine». La Révolution française poursuivit la dynamique unificatrice là où l’État monarchique buta, mais au prix d’une instabilité institutionnelle qui put fortifier cet effet culturel d’auto-représentation antagoniste.  Entre 1789 et 1815, le changement permanent de nature du pouvoir amenait à ce que «la culture politique française [soit] une culture historiquement conflictuelle, c’est-à-dire pensant historiquement ses conflits et conflictuellement son histoire», selon la formule de l’historien Philippe Burrin.

Ce système structura la vie politique parlementaire comme extra-parlementaire, l’historien Serge Berstein considérant même qu’au sein des démocraties libérales existait une exception française de 1929 à 1974, de par le degré de violences verbales et physiques qui était admis dans le pays. À l’aune des contributions que nous avons rassemblées, la date-butoir nous paraît plus être 1981, et en conservant à l’esprit que, dès 1984, avec ce que la formule établie nomme la «guerre scolaire», le débat public remobilise l’idée que la société française serait en proie aux «guerres franco-françaises» et qu’en définitive le consensus français serait le dissensus politique…

Re-lire l’intégralité de l’article.


Les publications d’Isabelle Sommier :

Travaux en préparation

  • Breaking the Law. Violence and Civil Disobedience in Protest, avec Graeme Hayes et Sylvie Ollitrault, ouvrage à paraître en 2018 chez Amsterdam University Press (sous presse).

Ouvrages parus

  • Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et collectif Sombrero, Arles, Actes Sud 2018.
  • Marseille, années 1968, en codirection avec Olivier Fillieule, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, en codirection avec Nicolas Lebourg, Riveneuve, Paris, 2017.
  • Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), en co-direction avec Johanna Siméant et Marie-Emmanuelle Pommerolle, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, 271 p.
  • Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, 358 p.
  • Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, 330 p.
  • La violence révolutionnaire, Paris, Presses de Sciences Po, coll. Contester, 2008, 164 p. Traduit en espagnol chez Ediciones Nueva Vision, Buenos Aires, 2009 ; en italien chez DeriveApprodi, 2009 ; en grec, 2011 ; en turc 2012 ; en cours de traduction arabe et anglaise (publication prévue en janvier 2017).
  • Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Paris, Karthala, 2008, 293 p.
  • Officier et communiste dans les guerres coloniales, avec Jean Brugié, Paris, Flammarion, 2005, 435 p.
  • Radiographie du mouvement altermondialiste, en co-direction avec Eric Agrikoliansky, Paris, La Dispute, 2005, 318 p.
  • Le renouveau des mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation, Paris, Flammarion, Champs, 2003, 342 p. (version actualisée et doublée des nouveaux mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation nominée pour participer au concours du livre politique de l’année, samedi 7 février 2004, à l’Assemblée nationale), réédition été 2005.
  • La France rebelle, en co-direction avec Xavier Crettiez, Paris, Michalon, 2002, 569 p. (2eédition actualisée et augmentée, octobre 2006, 700 p.)
  • Les nouveaux mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation, Paris, Flammarion, Domino, 2001, 128 p.
  • Le terrorisme, Paris, Flammarion, Domino, 2000, 128 p.
  • Les mafias, Paris, Montchrestien, clef, 1998, 156 p.
  • La violence politique et son deuil. L’après 68 en France et en Italie, Presses Universitaires de Rennes, 1998, 253 p. (2e réédition 2008).

Articles dans des revues à comité de lecture

  • « Les gauches alternatives en France, du bouillonnement des années 1968 aux recompositions de la fin de siècle », avec Philippe Buton et Sébastien Repaire, La Revue historique, n° 684, octobre 2017.
  • « A la recherche du Graal. Retour sur l’expérience éphémère d’une « autre recherche possible », Ethnographiques, n° 32, 2016.
  • “French involvement in the global justice movement. From the European social forums to the world social forum in Dakar”, French Politics, 2016, p. 311-328.
  • « Sentiments, affects et émotions dans l’engagement à haut risque », in Terrains Théories (revue en ligne), n° 2, 2015.
  • « Penser la violence politique », entretien pour Tracés, hors série 2014, p. 73-83.
  • « Gli anni di piombo visti dalla Francia » “La Francia e gli “anni di piombo” : dalla “dottrina Mitterrand” al caso Battisti”, in Rivista di Politica, n° 2, 2013, p. 195-205.
  • “La extrema izquierda en Francia e Italia. Los diferentes devenires de una misma causa revolucionaria », in Ayer (revue espagnole d’histoire à comité de lecture), n° 92, 2013, p. 147-169.
  • « Généalogie du mouvement altermondialiste en France », avec Olivier Fillieule, in Cahier d’histoire immédiate, n° 41, 2012, p. 61-76.
  • « Engagement radical, désengagement et déradicalisation. Continuum et lignes de fracture », in Lien social et Politiques, n° 68, 2012, p. 15-35.
  • « Le renouveau de la critique sociale en France. Entre mythes et réalité », in Modern and Contemporary France, vol. 20, number 2, may 2012, p. 153-183.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage de P. Barron et al. On bosse ici, on reste ici ! La grève des sans-papiers, in Sociologie du travail, vol. 54, n° 1, janvier – mars 2012, p. 138-139.
  • « Vers une approche unifiée de la conflictualité sociale », in Sociologie du travail, vol. 53, n° 2, avril – juin 2011, p. 176-180.
  • « Observer les mobilisations. Retour sur les ficelles du métier de sociologue des mouvements sociaux », co-écrit avec Hélène Combes, Choukri Hmed, Lilian Mathieu et Johanna Siméant, in Politix, n° 93, 2011, p. 7-27.
  • « Revolutionary groups after 1968 : Some lessons drawn from a comparative analysis », in Twentieth Century Communism, n° 2, 2010, p. 66-91.
  • « Italie. Genèse et acteurs de l’altermondialisme », in Grande Europe (revue numérique de la Documentation française), n° 16, janvier 2010, p. 39-45.
  • « Japon, années de plomb », in Le Mouvement social, n° 105, janvier-mars 2010, p. 242-244.
  • « Engagement et distanciation à Sauvons la recherche (SLR). Une sociologue des mouvements sociaux dans l’action », in Genèses, n° 7, décembre 2009, p. 137-151.
  • « Les processus de diffusion des révoltes juvéniles de 68 », in Histoire@politique (revue électronique du Centre d’histoire de Sciences po), n° 6, septembre-décembre 2008.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage d’Enrico Fenzi, « Armes et bagages. Une histoire des Brigades rouges », in Le mouvement social. Le Mouvement Social, n° 219-220, avril-septembre 2008.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage d’Hélène Hatzfeld, « Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 1970 », in Le Mouvement Social, n° 219-220, avril-septembre 2007, p. 233-236.
  • « L’altermondialisme », in Tracés, n° 11, 2006, p. 161-174.
  • « L’altermondialisme en réseaux. Trajectoires militantes, multipositionnalité et formes de l’engagement : les participants du contre-sommet du G8 d’Evian », co-écrit avec Eric Agrikoliansky, Philippe Blanchard, Mario Bandler, Olivier Fillieule et Florence Passy in Politix, n° 17, 2004, p. 13-48.
  • « Du ’terrorisme’ comme violence totale ? », in Revue internationale de sciences sociales, 2003, p. 525-533 (publié également en anglais : « ’Terrorism’ as total violence ? », in International social science journal, n° 174, décembre 2002, p. 473-481).
  • « Les attentats du 11 septembre : continuité et rupture des logiques du terrorisme », co-écrit avec Xavier Crettiez, in Annuaire français des relations internationales, 2002, p. 58-69.
  • « Repentir et dissociation : la fin des années de plomb en Italie ? », in Cultures et conflits, n° 40, automne 1999, p.43-62.
  • « L’attrait de la guerre révolutionnaire », in Sociétés et représentations, n° 6, juin 1998, p. 333- 350.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage de Donatella Della Porta, « Social movements, political violence and the State. A comparative analysis of Italy and Germany », in Revue Française de Science Politique, 46, 5, octobre 1996.
  • « Les années 68 entre l’oubli et l’étreinte des années de plomb », in Politix, n° 30, 1995, p. 168-177.
  • « Mai 68 : sous les pavés d’une page officielle », in Sociétés contemporaines, n° 20, décembre 1994, p. 63-79.
  • « CGT : du service d’ordre au service d’accueil », in Genèses, n°12, mai 1993, p. 69-88.
  • « La scénographie urbaine des manifestations syndicales », in Les Annales de la Recherche Urbaine, n° 54, 1992, p. 105-112.
  • « La Résistance comme référence légitimatrice de la violence, le cas de l’extrême gauche italienne », in Politix, n°17, premier trimestre 1992, p. 86-103.

Chapitres d’ouvrages

  • « Les gauches alternatives vues de Province », in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Quand le je s’oppose au nous (et vice versa), avec Bleuwenn Lechaux, in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Déprises. Logiques du désengagement et évaluations rétrospectives », avec Olivier Fillieule in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.),Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Le devenir des utopies », avec Mathilde Pette, in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • Introduction, avec Olivier Fillieule, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Marseille en mutation, 1966-1989 », avec Olivier Fillieule et l’équipe marseillaise, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Marseille est dans la rue. Mesures de la conflictualité sociale », avec Olivier Fillieule et l’équipe marseillaise, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Les luttes des gauches alternatives » avec Laure Fleury, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Le ventre mou de la radicalité politique contemporaine », in Nicolas Lebourg et Isabelle, La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve, 2017, p. 7-28.
  • « L’engagement radical a-t-il un âge ? », in Daniel Marcelli (dir.), Adolescents en quête de sens : parents et professionnels face aux engagements radicaux, Toulouse, Erès, 2016 et supplément du n° 619 (avril-mai-juin) de la revue L’école des parents, p. 61-78.
  • “Anti-globalisation. The Waterloo’s European Battle”, in Guya Accornero et Olivier Fillieule,Social Movement Studies in Europe. The State of the Art, Berghahn Books, Protest, Culture & Society series, 2016, p. 118-132.
  • “What can quantitative surveys tell us about GJM activists ?” in Johanna Siméant, Marie-Emmanuelle Pommerolle, Isabelle Sommier (ed.), Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, p. 21-40.
  • “Introduction”, in Johanna Siméant, Marie-Emmanuelle Pommerolle, Isabelle Sommier (ed.), Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, p. 11-20.
  • « Emotion et politique », in Fabrice Fernandez, Samuel Lézé et Hélène Marche (dir.), Les émotions. Une approche de la vie sociale, Paris, éditions des archives contemporaines, 2013.
  • « Sortir de la violence. Les processus de démobilisation des militants d’extrême gauche », in Ivan Carel, Robert Comeau et Jean-Philippe Warren (dir.), Violences politiques. Europe et Amériques 1960-1979, Montréal, Lux éditeur, 2013, p. 265-282.
  • Préface à l’ouvrage d’Ariane Jossin, Trajectoires de jeunes altermondialistes en France et en Allemagne, Rennes, PUR, 2013, p.11-15.
  • “The Emergence and Development of the No Global Movement in France. A Genealogical Approach”, avec Olivier Fillieule, in Laurence Cox et Cristina Flesher Fominaya (dir.), Understanding European Movements : New Social Movements, Global Justice Struggles, Anti-Austerity Protest, London & New York, Routledge, 2013, p. 47-60.
  • « Entre nouveau et ancien, local et global. Eléments de réflexion sur l’hypothèse d’un cycle de protestation », in Patricia Vendramin, L’engagement militant, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2013, p. 49-108.
  • « Sociologie de l’action collective », in Danielle Tartakowsky et Michel Pigenet (dir.), Histoire des mouvements sociaux, La Découverte, 2012, p. 367-377.
  • « Introduction », avec Michel Pigenet, de la partie « Technologie, mouvements sociaux, mobilisations » de Françoise Blum (dir.), Des radios de lutte à Internet. Militantismes médiatiques et numériques, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, p.13-20.
  • « Emprise et empreinte(s) de la relation d’enquête », in Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, p. 291-305.
  • « Introduction », avec Xavier Crettiez, in Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, p. 9-17.
  • « La contestation juvénile des années 1960 : âge de la rébellion ou temps de la révolution ? », in Anne Muxel, La politique au fil de l’âge, Presses de Science Po, 2011, p. 250-265.
  • “La legittimazione della violenza : ideologie e tattiche della sinistra extra-parlamentare”, in Simone Neri Serneri (dir.), Verso la lotta armata. La politica della violenza politica nella sinistra radicale negli anni Settanta, Bologna, Il Mulino, 2012, p. 265-281.
  • « Insurrection et terrorisme ou violence totale : la violence d’extrême gauche dans les années 68 », in Stéfanie Prezioso et David Chevrolet (dir.), L’heure des brasiers. Violence et révolution au XXe siècle, Lausanne, éditions d’en bas, 2011, p. 59-74.
  • « Las izquierdas francesas. Reconfiguraciones 1968-2005 », co-écrit avec Hélène Combes, in Sergio Tamayo (dir.), Viejas izquierdas, nuevas izquierdas, México, Ediciones de la UAM, 2011, p. 105-129.
  • « Les manifestations de la politique contestataire », in Danielle Tartakowsky (dir.), Paris manif’, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 142-154.
  • « Ecriture sociologique et labellisation politique : réflexions autour d’un procès en diffamation », avec Juan José Torreiro, in Sylvain Laurens et Frédéric Neyrat (dir.), Droit d’enquêter, droits des enquêtés, éditions du Croquant, 2010, p. 39-54.
  • « Réflexions autour de la ‘menace’ ultra-gauche, in Xavier Crettiez et Laurent Mucchielli (dir.), Les violences politiques en Europe, Paris, La Découverte, 2010, p. 45-65.
  • « Les états affectifs ou la dimension affectuelle des mouvements sociaux », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p. 185-202.
  • « Diffusion et circulation des mouvements sociaux », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p.101-120.
  • « Introduction », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p. 7-18.
  • « Histoire inachevée. Enjeux et limites des interprétations des « ’années de plomb’ », in Marc Lazar et Marie-Anne Matard-Bonucci (dir.), L’Italie des années de plomb, Paris, Autrement, 2010, p. 133-146.
  • « The Generational Issue : The Impact of Organizations’Age on Visions of Democracy », avec Hélène Combes et Nicolas Haeringer, in Donatella Della Porta (ed.), Democracy in Social Movements, London, Palgrave Macmillan, 2009, p. 217-233.
  • « The Social bases of the GJM mobilization and democratic forms », avec Massimiliano Andretta, in Donatella Della Porta (ed.), Another Europe. Conceptions and Practices of Democracy in the European Social Forums, London & New York, Routledge, 2009, p. 111-127.
  • Entrée « Terrorisme » et « mouvement altermondialiste » du Nouveau manuel de science politique dirigé par Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort, Paris, La Découverte, 2009.
  • Entrées « Cycles », « Contre-mouvement », « Emotions », « Privation relative », in Olivier Fillieule, Cécile Péchu, Lilian Mathieu, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.
  • « D’une crise à l’autre, des années 1940-50 aux années de plomb » in Marc Lazar (Dir.), L’Italie depuis 1945, Fayard, 2009, p. 55-67.
  • « Les émotions et la sociologie des mouvements sociaux », conclusion co-écrite avec Sandrine Lefranc de l’ouvrage dirigé par Christophe Traïni, Emotions… Mobilisation !, Presses de Sciences po, 2009, p. 273-293.
  • « Mai 68 entre célébration et dénonciation », in Les années 68. Un monde en mouvement, BDIC, Syllepse, 2008, p. 416-425.
  • Entrées concernant l’Italie (Mai rampant, Il Manifesto, Terrorisme, Bruno Trentin, Violence) in Dictionnaire de mai 68 co-dirigé par Henry Rey et Jacques Capdevielle, Larousse, 2008.
  • « Les gauchismes », in Frédérique Matonti, Bernard Pudal, Dominique Dammame et Boris Gobille (dir.), Mai-juin 68 dans le siècle, Paris, éd. de l’Atelier, 2008, p. 295-305.
  • Avant-propos et Introduction « Les altermondialismes entre national et global », avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, de Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Paris, Karthala, 2008 p. 7-39.
  • « Sur la généalogie de l’altermondialisme en France », in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2008, p. 87-114.
  • « The Global Justice Movement in France » (avec Hélène Combes), in D. Della Porta (dir.), The Global Justice Movement, Boulder, Londres, Paradigm, 2007, p. 103-127.
  • « Le rap engagé en Italie : un fil rouge entre les années 1968 et les années 1990 ? », in Justyne Balasinski et Lilian Mathieu (dir.), Art et contestation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 137-151.
  • Entrée « Nouveaux mouvements contestataires », in Cynthia Ghorra-Gobin (dir.), Dictionnaire des mondialisations, Paris, Armand Colin, 2006, p. 76-79.
  • « La menace terroriste : entre logiques expertes et mobilisation des passions politiques », in Anne-Marie Dillens (dir.), La peur. Emotion, passion, raison, Bruxelles, Facultés universitaires de Saint-Louis, 2006, p 67-84.
  • Introduction « Les figures du rebelle », avec Xavier Crettiez, de La France rebelle, Paris, Michalon, 2006, p. 13-28.
  • Entrées « A la gauche des partis historiques » (p. 179-209), « La rébellion dans la communication » (avec Dominique Cardon, p. 503-514), in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier, La France rebelle, Paris, Michalon, 2006.
  • « La France rebelle au-delà de l’hexagone », in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier, La France rebelle, Paris, Michalon, 2006, p. 643-654.
  • Entrée « Altermondialisme » du Dictionnaire des idées, Encyclopedia Universalis, 2005, p. 32-33 (version actualisée et augmentée, parue en 2008).
  • « Une expérience ‘incommunicable’ ? Les ex-militants d’extrême gauche français et italiens », in Olivier Fillieule (dir.), Le désengagement, Paris, Belin, 2005, p 171-188.
  • Introduction, avec Eric Agrikoliansky, de Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 7-16.
  • « Produire l’événement : logiques de coopération et conflits feutrés », in Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier, Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 19-43.
  • « Formes et publics de l’altermondialisme », avec Eric Agrikoliansky, in Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier, Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 287-303.
  • Entrée « France », in Bogdan Szajkowski (dir.), Revolutionary and Dissident Movements of the World, London, John Harper Publishing, 2004, 4e édition, p. 118-126.
  • « La fin de la guerre froide a modifié la carte mondiale du crime organisé », in Serge Cordellier (Dir.), Le nouvel état du monde, Paris, La Découverte, 1999, p. 160-162.
  • « Violence politique et violence criminelle : la porosité des frontières », in Xavier Crettiez (Dir.), Le silence des armes ? L’Europe à l’épreuve des séparatismes violents, Paris, La documentation française, 1999, p. 33-50.
  • « Un espace politique non homologué : les Centres Sociaux Occupés et Autogérés en Italie », in CURAPP, La politique ailleurs, PUF, 1998, p. 117-129.
  • « Un nouvel ordre de vie par le désordre. Histoire inachevée des luttes urbaines en Italie », CURAPP, Le désordre, PUF, 1997, p. 145-159.
  • « La dialectique violence physique-violences symboliques. L’exemple de la violence ouvrière dans les années 68 », in CURAPP, La gouvernabilité, Paris, PUF, 1996, p. 63-76.
  • « Paradoxes de la contestation. La contribution des services d’ordre syndicaux à la pacification des conflits sociaux », in Actes du IIe congrès mondial sur la violence et la coexistence humaine, Montréal, éd. de Montmorency, 1994, tome IV, p. 332-336.
  • « Virilité et culture ouvrière : pour une lecture des actions spectaculaires de la CGT », in Philippe Braud (Dir.) La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 341-356.

Entrées de dictionnaires

  • Entrée : « Terrorisme » et « mouvement altermondialiste » in Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort (dir.), Manuel de science politique, Paris, La Découverte, 2008.
  • Entrées : « Cycles », « Contre-mouvement », « Emotions », « Privation relative », in Olivier Fillieule, Cécile Péchu, Lilian Mathieu (dir.), Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, à paraître en 2007.
  • Entrée : « Nouveaux mouvements contestataires », in Cynthia Ghorra-Gobin (dir.), Dictionnaire des mondialisations, Paris, Armand Colin, 2006, p. 76-79.
  • Entrées : « A la gauche des partis historiques » (p. 179-209), « La rébellion dans la communication » (avec Dominique Cardon, p. 503-514), in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier (dir.), La France rebelle, Paris, Michalon, 2006.
  • Entrée : « Altermondialisme » du Dictionnaire des idées, Encyclopedia Universalis, 2005, p. 32-33 (version actualisée et augmentée, 2008).
  • Entrée : « France », in Bogdan Szajkowski (dir.), Revolutionary and Dissident Movements of the World, London, John Harper Publishing, 2004, 4e édition, p. 118-126.

Notes bibliographiques

  • Hélène Hatzfeld. Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 1970Le mouvement social.
  • Donatella Della Porta. « Social movements, political violence and the State. A comparative analisis of Italy and Germany », in Revue Française de Science Politique, 46, 5, octobre 1996.

Traductions

  • Avec Hélènes Combes. « Les nouveaux mouvements globaux en Espagne » de Manuel Jimenez et Ángel Calle (de l’espagnol au français), in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Avec F. Simon-Ekovitch. « Les origines du « mouvement des mouvements italiens » de Lorenzo Mosca et Donatella Delle Porta (de l’anglais au français) in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Avec Oilivier Fillieule. « Responsabilité directe. Hybridations croisées entre catholiques et laïcs dans les mouvements pour la paix en Italie », de Simone Tosi et Tommaso Vitale (de l’anglais et l’italien au français) in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Traduction de textes italiens pour Marc Lazar (dir.), La gauche en Europe depuis 1945. Invariants et mutations du socialisme européen, Paris, PUF, 1996.
  • « La destinée de la subculture rouge dans le centre-nord de l’Italie » de Mario Caciagli (traduit de l’italien), Politix, n° 30, 1995, p. 45-60.
  • Avec C. Bouillaud. « Les difficultés du consociativisme » de Alessandro Pizzorno, (traduit de l’italien) Politix, n° 30, 1995, p. 91-112.
  • « Ambiguïté de la violence politique : la persécution religieuse pendant la guerre civile espagnole » de Gabriele Ranzato, p. 99-112, in Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993.
  • « La régulation sociale par la violence. Le rôle de la criminalité organisée dans l’Italie méridionale » de Raimondo Catanzaro, p. 173-186, in Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993.

« Comment étudier les génocides?

« Comment étudier les génocides? »

L’Histoire, 4 mars 2018

Entretien avec Vincent Duclert, historien, professeur agrégé (EHESS/Sciences-Po)

800px-Srebrenica_massacre_memorial_gravestones_2009_2.jpg

Le 15 février 2018, la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse a transmis son rapport à la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation, au Ministre de l’Éducation nationale et au Président de la République. Vincent Duclert qui préside la Mission répond aux questions de L’Histoire.

Extrait : 

L’Histoire : Quelle est l’histoire de cette Mission ?

Vincent Duclert : La Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse est née d’une volonté ministérielle, celle de la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, qui, par sa lettre du 30 mai 2016 adressée au chercheur (à l’EHESS) et à l’inspecteur général que je suis, a prescrit une enquête globale sur l’état des connaissances en France relatives aux faits d’extermination et de destruction humaines. Aux génocides et aux crimes de masse, la lettre de mission ajoutait également les violences extrêmes. La Mission s’est également concentrée sur les traites et les esclavages tant modernes que contemporains.

Le principe de la Mission a été acté dès 2015 lors du colloque sur Cent ans de recherche sur le génocide des Arméniens organisé par le CSI*. Dans son discours d’ouverture dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, la Ministre avait annoncé qu’une mission de ce type serait lancée. Une fois officialisée, elle a réuni 64 chercheurs et professeurs, français et de quatorze autres nationalités. Elle s’est appuyée sur l’EHESS (et en son sein le Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron), sur l’Inspection générale de l’Education nationale et sur le secrétariat général du ministère. Des moyens modestes mais réels ont permis d’organiser près d’une vingtaine de sessions plénières, des rencontres à comité plus restreint, des visites d’institutions (dont le US Holocaust Memorial Museum de Washington), soit au total plus de deux cent personnalités mobilisées (en plus des membres de la Mission eux-mêmes).

Bien que d’émanation politique, la Mission, de définition exclusivement scientifique, a fonctionné en totale indépendance, comme l’a démontré sa décision de ne pas suivre la demande de l’ancien Président de la République, François Hollande. Par son discours du 8 février 2017 au diner des Associations arméniennes de France (CCAF) à Paris, ce dernier avait pris la décision d’instaurer une « Journée nationale de commémoration de tous les génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité », dont le génocide arménien, et de confier à la Mission le soin d’en étudier les modalités. Celle-ci a estimé que le risque de confusion et de saturation mémorielles était élevé et a préconisé à la place d’instituer dans les établissements et les institutions publiques une « semaine de la recherche » sur ces sujets**, susceptible de surcroît d’être adoptée par des partenaires de la France dont l’Allemagne.

Enfin la Mission a choisi, avant d’entrer dans la phase de rédaction de son Rapport de synthèse et de ses annexes de travail, d’organiser un colloque international de restitution qui s’est tenu à Sciences Po, à la Sorbonne, au CNRS et à l’EHESS les 2, 3 et 4 octobre 2017. Toutes les communications ont été filmées et ce corpus de près d’une centaine d’exposés sera mis en ligne d’ici la rentrée de septembre 2018, sur un site dédié actuellement en construction.

Re-lire l’intégralité de l’entretien.

« Les villes sont des noeuds sur les trajectoires des migrants »

Libération, 1er mars 2018

Entretien avec Chowra Makaremi, anthropologue, chargée de recherche CNRS/IRIS.

makaremi.png

Au fil des parcours migratoires, les cités européennes constituent des étapes subies ou choisies, qui mettent les municipalités au défi de l’accueil. Analyse par l’anthropologue Chowra Makaremi dans un entretien accordé à Libération.

Re-lire l’intégralité de l’article.

« Il n’y a jamais eu de période où le flux migratoire s’est arrêté »

« Il n’y a jamais eu de période où le flux migratoire s’est arrêté »

La Dépêche, 21 février 2018

Entretien avec Gérard Noiriel, historien directeur d’étude à l’EHESS et spécialiste de l’immigration commente le projet de loi sur l’asile et l’immigration.

Noiriel .jpg

Extrait : 

Comment appréciez-vous le projet de loi sur l’asile et l’immigration présenté aujourd’hui en Conseil des ministres ?

Ce projet représente un durcissement des éléments que l’on retrouve habituellement dans ces lois, les procédures de rétention, d’expulsion. Le gouvernement parle de « projet équilibré », c’est la même rhétorique que l’on retrouve dans l’entre-deux-guerres et, pour avoir étudié ces questions, je suis affligé par le caractère répétitif et récurrent des mesures et des arguments employés : on ferme de plus en plus les frontières mais c’est pour mieux accueillir ! Et le discours traditionnel sur la France, pays des droits de l’homme, cache toujours la même suite qui le contredit.

Vous dîtes que le problème de l’immigration est en réalité le miroir de l’Etat-nation, deux de vos objets d’étude…

Oui, car la notion d’immigration suppose des frontières rigides établies, c’est une invention de la IIIe République à la fin du XIXe siècle, avant les frontières étaient de vraies passoires. La première loi sur la nationalité date d’ailleurs de 1889, une date clé où on fait la différence entre les Français et les étrangers. La deuxième étape de la « fixation du national », c’est la guerre de 14. On ne rentre plus alors en France sans autorisation. Après la guerre, avec le problème des réfugiés, naît aussi la notion de droit d’asile. Néanmoins, derrière la générosité, il y a toujours un intérêt d’Etat. A cette époque, c’est la France qui est généreuse car elle a besoin de main-d’œuvre, elle devient alors le premier pays d’immigration au monde devant les Etats-Unis. Aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui est plus accueillante, or elle accuse un gros déficit démographique…

Six Français sur dix sont favorables au durcissement de la politique de l’immigration. Cette opinion traduit-elle une amnésie sur le processus de construction de la France ?

Ils n’ont pas oublié, mais les gens me disent « avant, ce n’était pas pareil ».J’entends aussi: « Nous, on s’est fait tout petit, on ne ramenait pas notre fraise et on a bossé, alors qu’aujourd’hui, ils font des attentats. » On oublie qu’en 1894, le président Sadi Carnot est assassiné par un immigré anarchiste italien, et en 1932 le Président Paul Doumer est assassiné par un réfugié russe. En outre, il faut rappeler aux Français que si l’on additionne les étrangers actuellement sur notre sol et les personnes issues de l’immigration (dont au moins un grand-parent était étranger), on obtient un tiers de la population française ! Cela traduit l’importance du phénomène migratoire, y compris pour les Dom-Tom, un phénomène qui a constitué un enrichissement pour les territoires et la nation. Il n’y a jamais eu de période où le flux migratoire s’est arrêté, et la migration fait partie de la civilisation.

D’autant plus à l’heure de la mondialisation ?

Il faut aujourd’hui souligner ce paradoxe : jamais nous n’avons eu autant de facilités pour se déplacer… et jamais on n’a mis autant d’entraves au déplacement. Cela pose un problème politique crucial : toutes les sphères d’activités sont mondialisées, l’économie, la culture, le sport, sauf la politique qui reste très nationale. On vote dans le cadre de l’Etat nation pour élire des gens qui légifèrent ensuite sur l’immigration. Il y a quelque chose d’anachronique dans ce décalage.

Re-lire l’intégralité de l’entretien

Sous le vernis historique, une opération mercantile ?

Pour Gisèle Sapiro, directrice d’études (EHESS/CNRS), que des spécialistes aient accès aux œuvres ne justifie pas forcément une diffusion grand public.

Sous le vernis historique, une opération mercantile ?

Libération, 2 février 2018

 

Extrait : Fallait-il publier ? La question revient périodiquement. Elle a surgi en 1992, lors de la parution du Journal 1939-1945 de Drieu La Rochelle chez Gallimard, qui avait pris la précaution d’y insérer un «avertissement de l’éditeur» et de l’inscrire dans la collection Témoins pour donner le statut de document à ce déversement de haine et d’antisémitisme, utile à la compréhension de cette période trouble. En 2015, ce n’est plus un inédit mais un best-seller des «années noires», les Décombres de Lucien Rebatet, que décide de rééditer Robert Laffont dans la collection Bouquins, laquelle se présente comme «la bibliothèque idéale de l’honnête homme» dixit Jean d’Ormesson. Certes, le virulent pamphlet reparaît sous le titre «le Dossier Rebatet» ,dans une édition minutieusement établie, annotée et préfacée par des spécialistes. La republication du texte complet – dont l’édition originale est consultable à la Bibliothèque nationale -, a au moins le mérite de rétablir les coupes opérées par l’auteur dans la version édulcorée rééditée chez Pauvert en 1976, comme premier tome de ses Mémoires d’un fasciste. L’entreprise s’est révélée lucrative pour Laffont, quelques milliers d’exemplaires s’étant écoulés très rapidement. Cette reparution des Décombres est ce qui aurait convaincu la veuve de Céline et son avocat de lever l’interdiction de rééditer les pamphlets, suivant le souhait de l’écrivain. Elle a sans doute aussi contribué à décider Gallimard à se lancer dans ce projet, l’autre facteur étant leur parution au Québec – où ils sont tombés dans le domaine public en janvier 2012 -, dans une édition annotée par un spécialiste, que Gallimard comptait reprendre. Le projet peut surprendre par rapport au rôle qu’a joué cet éditeur au lendemain de la Libération, dans la dissociation de l’œuvre littéraire de Céline de ses écrits polémiques, contribuant à la construction de la figure du génie fou, donc irresponsable : après l’assassinat de Robert Denoël, Gallimard récupère le fonds et réédite en 1952, dès le vote de la première loi amnistiant les faits de collaboration, Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit. Derrière cette opération, il y a un résistant, Jean Paulhan, engagé dans une lutte acharnée contre l’épuration (voir sa Lettre aux directeurs de la Résistance, 1952), lutte qui l’a conduit à se rapprocher de l’extrême droite. Il publie aussi dès 1951 les Deux Etendards de Rebatet, qui purge alors sa peine de travaux forcés, sans parvenir à l’imposer littérairement, ce qui n’a pas empêché Gallimard de rééditer ce roman en 1991, peu avant le journal de Drieu…

Re-lire l’intégralité de l’article.

Didier Fassin : « Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable »

Retour sur les récentes interventions de Didier Fassin, médecin, anthropologue, directeur de recherche (CNRS/EHESS) :


Didier Fassin : « Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable »

Libération, 2 février 2018

Entretien avec Didier Fassinfassin

Dans son dernier livre, «la Vie, mode d’emploi critique», l’anthropologue démontre que même si les Occidentaux affirment que toutes les existences sont sacrées, ils n’accordent pas la même valeur à chacune, comme le montre notamment le traitement infligé aux migrants.

Extrait : 

Didier Fassin : « La raison humanitaire reste présente dans notre société, mais sur un mode mineur et intermittent. Mineur parce qu’elle est débordée par d’autres raisons – à commencer par la raison sécuritaire. Intermittente car il subsiste des moments qui vont susciter des émotions et des protestations sincères mais éphémères, quand on découvre le corps d’un enfant mort sur une plage de Turquie par exemple. Mais c’est vrai, si la fin du XXe siècle était le moment de la raison humanitaire, le début du XXIe marque l’heure de la raison sécuritaire : celle du contrôle des flux, de la brutalité à l’encontre des exilés, et même de la répression des acteurs de l’humanitaire. On stigmatise les organisations qui viennent en aide aux exilés en Méditerranée, on sanctionne les citoyens qui hébergent des étrangers en perdition comme dans les Alpes. Sauver des vies devient illégitime et condamnable.

Re-lire l’intégralité de l’article


« Il faut  considérer les migrants

comme des figures centrales du monde contemporain »

Le Nouveau Magazine littéraire, 31 janvier 2018

Entretien avec Didier FassinMigrants FassinLa vie d’un réfugié vaut-elle autant que celle d’un Français ou d’un Américain ? A priori, oui. Mais la réalité est toute autre, comme le démontre l’anthropologue Didier Fassin dans son dernier essai.

Extrait de l’entretien : 

LNML : Vous confrontez dans votre essai l’approche philosophique de la vie, selon laquelle toutes les existences se valent, aux résultats d’enquêtes anthropologiques où le concept apparaît pluriel et fortement inégal. Comment expliquez-vous cette tension ?

Didier Fassin : Lorsqu’on s’interroge sur la vie, on est à la fois confronté à l’immensité du concept et à la polysémie du mot. J’ai tenté de nouer cette tension entre deux grandes orientations : la « vie biologique », celle qui commence avec la naissance et se termine à la mort, et concerne tous les vivants, et la « vie biographique », au sens où elle est constituée d’évènements, que l’on peut raconter et auxquels on donne un sens. Le philosophe et médecin Georges Canguilhem distingue ainsi le participe présent et le participe passé du verbe vivre : le vivant et le vécu. Pendant deux mille ans, les philosophes ont tenté de les penser ensemble. Mais depuis un siècle, ces deux voies ont bifurqué. D’un côté, les sciences de la vie ont cherché à aller de plus en plus loin dans la compréhension du vivant à travers notamment l’exploration du génome, noyau ultime de la question de l’identité d’un individu, jusqu’à la vie qu’on cherche sur d’autres planètes. On est ici sur une réduction biomoléculaire de la vie. D’un autre côté, les sciences humaines mais aussi la littérature ont développé un tout autre chemin, celui de la vie vécue et racontée. Partant de ce constat, j’ai tenté de voir s’il était possible de renouer ces deux conceptions de la vie, de reconstituer une sorte de puzzle avec ces fragments de vie, d’où ma référence au roman de Georges Perec, La Vie mode d’emploi. Le paradoxe que j’essaie de montrer est qu’il s’est produit dans nos sociétés contemporaines un mouvement par lequel la vie biologique a pris le pas sur la vie biographique….

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Didier Fassin et des vraies vies »

France inter, lundi 8 Janvier 2018

Didier Fassin, anthropologue, directeur de recherche CNRS/EHESS est l’invité de Laure Adler dans « L’Heure bleue »

Didier Fassin France inter

Penser et agir de telle sorte que puisse s’inventer un nouveau mode d’emploi pour une vie plus juste : telle est la tâche à laquelle Didier Fassin s’attache. Pour ce faire il s’appuie sur ses propres enquêtes de terrain, à travers le monde, comme sur son savoir et sa pratique médicale ou encore sur ses lectures, philosophiques et littéraires. Il est l’invité de l’Heure Bleue pour présenter ses deux livres « La vie : mode d’emploi critique« , et « L’ombre du monde : une anthropologie de la condition carcérale suivi de Portrait de l’ethnographe en critique » parus aux Editions du Seuil.

(Re)écouter  l’intégralité de l’interview


On en parle dans les médias :

« Le prix de la vie »

par Elodie Moreau, LaCroix du 25 janvier 2018

Le prix de la vie.jpg

Elodie Moreau lit pour nous deux ouvrages et s’interroge avec Didier Fassin et Jean-Michel Chaumont sur notre rapport à la vie et à la survie:

 

La vie mode d emploi couv.jpg

 

Didier Fassin (2018), La Vie. Mode d’emploi critique, éditions du Seuil

 

 

 

 

 

 

 

Survivre à tout prix.jpg

 

 

Jean-Michel Chaumont (2017), Vivre à tout prix?, La Découverte

 

 

 

 

 

Extrait : 

Un anthropologue et un philosophe s’intéressent à « la vie », à la façon dont nous la considérons, à la valeur que nous lui accordons. Didier Fassin et Jean-Michel Chaumont le font chacun avec un projet singulier, mais ils tournent autour d’un constat commun : la vie biologique est devenue, dans nos sociétés modernes, un bien suprême.

« Qu’est-ce que la vie ? » : Didier Fassin reprend cette éternelle question à nouveaux frais, en montrant par la forme même de son livre – qui mêle théorie philosophique et enquêtes de terrain – qu’il est impossible de s’en tenir à une réflexion abstraite, loin de ce que l’expérience des vies les plus vulnérables : migrants de Calais, femmes zimbabwéennes en Afrique du Sud, Noirs américains victimes de la police américaine… Car ces existences concrètes dévoilent nos visions du monde, nos éthiques, nos politiques – et de leurs contradictions.

« La question que je me pose n’est pas : comment vivons-nous ? ou bien : comment devrions-nous vivre ? Elle est plutôt : quelle valeur accordons-nous à la vie humaine comme notion abstraite ? Et encore : quelle évaluation faisons-nous des vies humaines comme réalités concrètes ? »

Re-lire l’intégralité de l’article.

 

« Tarnac : justice de justice ou justice d’État ? »

Frédéric Lordon  est directeur de recherche au CNRS (CESSP). Ses travaux visent à rapprocher science économique et sociologie.

Sélection d’ouvrages : 

Les affects de la politique couv.jpg

Les affects de la politique, Le Seuil, 2016

Capitalisme désir servitude couv.jpg

Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza, La fabrique, 2010

 

imperium couv.jpg

 

 

Imperium : structures et affects des corps politiques, La fabrique, 2015

 

 

 

 

 


« Tarnac : justice de justice ou justice d’État ? »

LeMonde diplomatique, 12 mars 2018

Par Frédéric Lordon

Capture d’écran 2018-03-28 à 12.08.55.png
« Balance »
cc Srijan Kundu

Extrait :

Si seulement le monstre froid était froid… Mais même pas. Il a ses petits affects lui aussi. D’abord, bien sûr, ceux de la paranoïa en roue libre – mais elle lui est presque congénitale. Il faut en tout cas avoir atteint le dernier degré de la coupure d’avec tout, et presque d’avec la vie, pour se tenir, forcené, au délire des mouvements sociaux téléguidés par le leader caché depuis sa catacombe – comme souvent, c’est le schème de la séparation manipulatrice qui est projectivement prêté par les séparés-manipulateurs. Or il est certain que tout ce que l’État compte de paranoïaques tient avec certitude que, Julien Coupat ôté, les mouvements sont supprimés. Que la pensée complotiste soit le propre en tout premier lieu des hommes de pouvoir, c’est-à-dire des professionnels du complot (et par transitivité de tous leurs porte-coton), la chose n’a évidemment rien que de très logique (1). L’interprétation la plus charitable toutefois serait celle de l’hommage, mais inconscient bien sûr, que le vice rend à la vertu. Hommage par la croyance partagée, quoique dans un rageux contrecœur, en un certain pouvoir des idées et de l’écriture – comme l’atteste la présence, entre sublime et grotesque, d’un livre au milieu des « pièces à conviction » (ça n’a jamais été si bien le cas de le dire).

Au rang de l’égarement passionnel d’État, l’affaire Tarnac aura donc fait quelques démonstrations à grand spectacle, et en particulier celle que la raison d’État peut ignorer toute rationalité. Calculerait-elle a minima, elle aurait arrêté les frais depuis belle lurette. Mais autre chose se tient là qui nourrit l’aveuglement au désastre : le point d’honneur. Mal placé la plupart du temps, le point d’honneur en général, ici celui de l’État, c’est l’insistance pour le pire : maintenir pour maintenir, comme si, tout le reste écroulé, il n’y avait plus que soi à maintenir, s’il le faut jusqu’au bout de l’erreur, et à la fin contre ses propres intérêts bien compris, entièrement colonisés par l’intérêt passionnel de la face. Le point d’honneur c’est l’incapacité de prendre ses pertes. Depuis le début de l’affaire Tarnac, les pertes symboliques de l’État sont colossales, l’ensevelissement dans le ridicule visible de tous. Mais comme un joueur qui y retourne obstinément, dans l’espoir fou de se refaire, l’État refuse de quitter la table. Il est vrai qu’il est ici à demi-joueur et à demi-croupier : il a la main sur la roulette – de la justice. Dans l’océan de déraison de la raison d’État, c’est son dernier appui de rationalité : le rachat symbolique par un verdict de justice sur mesure.

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Macron décodeur-en-chef »

Le Monde diplomatique, 8 janvier 2018

Par Frédéric Lordon (EHESS/ CNRS) Macron décodeur.jpg

« Alors les Décodeurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »Lamentations, chapitre 2, verset 2 (révisé)

Par un effet de retour, que deux innocents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expérimenté en leur temps, voilà donc les Décodeurs victimes du tragique destin qu’ils ont eux-mêmes consciencieusement œuvré à mettre en branle. L’histoire commence comme la charge de la brigade légère (ou lourde ?). La vérité est en danger, elle appelle à la rescousse. Mais qui pour lui venir en aide ? Qui sinon des vocations pures ? La presse libre et indépendante, la presse démocratique. Elle vole au secours.

On en était là de l’épopée, les Décodeurs assuraient la maintenance de la vérité en régime de croisière, bref les choses allaient gentiment leur train, quand plus sérieux qu’eux arrive leur indiquer d’autres manières : la distribution des gommettes faisant un peu léger, on y mettra maintenant les moyens de l’État.

Et voilà comment on se retrouve avec un projet de loi sur les fake news.

Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour apercevoir dès le départ que tout s’était mis de travers dans cette histoire, et poursuivrait de même. Il fallait d’abord que la presse de service s’abuse considérablement quant à son propre crédit dans la population pour s’imaginer en rempart de correction, elle dont la mission d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mission tant elle est devenue une nature seconde. Il fallait ensuite ne pas craindre les balles perdues du fusil à tirer dans les coins, les médias rectificateurs, à défaut d’avoir songé à se blinder le fondement, étant voués à se retrouver eux-mêmes rectifiés par derrière, c’est-à-dire systématiquement interrogés pour leur substantielle contribution au faux général de l’époque. Ce qu’un minimum de décence réflexive – ou de régulation du ridicule – a manqué à produire : un réveil, il se pourrait que la loi anti fake news de Macron y parvienne, mais trop tard et avec quelques effets rétroactifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pousser des cris de triomphe dans les rédactions, même les plus en pointe dans la croisade du vrai – où, pour la première fois, on perçoit comme un léger sentiment d’alarme. On aurait pu imaginer une sorte d’exultation à la reconnaissance suprême du bien-fondé de la cause. L’ambiance est plutôt à une vague intuition du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu blafarde sur tout l’édifice…

Re-lire l’intégralité de l’article.


 

 

« Rugby : un risque de commotion cérébrale devenu inacceptable »

« Rugby : un risque de commotion cérébrale devenu inacceptable »

The Conversation, 2 février 2018

Par Sébastien Dalgalarrondo (EHESS / IRIS)Rugby

Le Tournoi des 6 nations débute le 3 février. Va-t-on assister, encore, à des scènes aussi terrifiantes que celle du choc à pleine vitesse entre deux joueurs, le jeune Samuel Ezeala et l’une de ses idoles ? C’était le 7 janvier, dans l’U Arena de Nanterre. Resté inconscient pendant de très longues secondes, le jeune homme de 18 ans avait été évacué sur une civière, victime d’une commotion cérébrale. Il semble aujourd’hui remis, et devra patienter encore quelques semaines avant de retrouver le plaisir d’être sur le terrain.

De fait, le rugby est confronté à une « épidémie » de commotions cérébrales, qui interroge bien au-delà du milieu des professionnels. Par commotion cérébrale, on entend un traumatisme crânien dit « léger » qui, dans la majorité des cas, n’entraîne pas de perte de connaissance. Il provoque des altérations immédiates mais transitoires des fonctions cérébrales. Et suscite de fortes inquiétudes quant à ses effets à plus long terme sur la santé des joueurs.

Les rares données fiables montrent une forte progression de ces blessures au cours des dernières années. Selon la fédération anglaise de rugby (RFU), la fréquence est passée de 6,7 commotions cérébrales pour 1000 heures de match par joueur (en équipe nationale et dans la première division anglaises) durant la saison 2012-2013 à 15,8 commotions pour 2015-2016. Il est grand temps de sortir de l’état de choc, de changer les pratiques et sans doute les règles, afin d’inverser la courbe.

Un risque accru de pathologies dégénératives comme la maladie d’Alzheimer

La répétition des commotions entraîne, à moyen et long terme, un risque accru d’encéphalopathie chronique post-traumatique, et autres pathologies dégénératives du cerveau comme la maladie d’Alzheimer, selon les synthèses scientifiques les plus récentes. Le consensus scientifique établi en 2017 par les experts internationaux sur « sport et commotion » souligne cependant l’état très parcellaire des connaissances sur ses effets – notamment chez les très jeunes pratiquants. Parce que la blessure est invisible, la commotion est restée trop longtemps négligée, comme le montre cet article parlant déjà, en 2001, d’une « épidémie cachée ».

D’autres études s’intéressant à la seule catégorie des joueurs scolaires et universitaires suggèrent, malgré leur évidente faiblesse statistique, que le rugby occupe désormais un rang élevé et peu enviable dans le classement des sports à risque de commotion. Selon une analyse de la littérature scientifique publiée en 2016, cette pratique devance le hockey, mais aussi… le football américain, que le monde du rugby a pourtant longtemps considéré comme son demi-frère violent d’Amérique.

Beaucoup de recherches restent à mener pour évaluer l’efficacité des tests utilisés pour diagnostiquer une commotion, le temps de repos nécessaire après le choc et ses effets sur le long terme.

Le joueur de rugby, objet d’une expérimentation à grande échelle

En France, l’alerte a été donnée dès 2010 par le neurologue Jean‑François Chermann, responsable de la consultation Commotion cérébrale et sport à l’hôpital Léopold-Bellan à Paris. La publication de son livre KO, le dossier qui dérange, a frappé les esprits.

Mais il a fallu attendre la succession de commotions chez des joueurs professionnels internationaux réputés entre 2010 et 2012, avec l’évocation d’un risque de « démence prématurée » et de troubles mentaux, pour que le phénomène apparaisse pour ce qu’il est : une épidémie planétaire.

Ainsi le rugbyman, ce « monstre » de puissance physique, ce joueur réputé indestructible, ce gladiateur médiatique, s’est métamorphosé en être « monstrueux », dans le sens « inhumain » du terme. Il est devenu l’objet d’une expérimentation à grande échelle que personne ne semble maîtriser, ni même souhaiter….

Re-lire l’intégralité de l’article


 

Retour sur les interventions de Gilles Dorronsoro

Gilles Dorronsoro est professeur de Sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne (CESSP). Ses recherches portent sur la sécurité et le développement politique en Afghanistan, en particulier le rôle de la Force internationale d’assistance à la sécurité, les étapes nécessaires pour un gouvernement viable à Kaboul, et les conditions nécessaires pour les scénarios de retrait.

Sélection d’ouvrages :

syrie-anatomie-guerre-civile

 

 

 

 

 

 

Syrie : Anatomie d’une guerre civile, Adam BACZKO, Gilles DORRONSORO et Arthur QUESNAY, CNRS Editions, 2016

La revolution afghane couv.jpg

 

 

 

 

 

 

 

La révolution afghane, des communistes aux tâlebân, Khartala, 2000

revolution unending couv

 

 

 

 

 

 

Revolution Unending: Afghanistan, 1979 to the Present, Columbia University Press, 2005

la turquie conteste couv.jpg

 

 

 

 

 

 

La Turquie conteste. Régime sécuritaire et mobilisations sociales, Éditions du CNRS, 2005

gilles-dorronsoro-que-veut-la-turquie-ambitions-et-strategies-internationales-livre-893543029_L.jpg

 

 

 

 

 

 

Que veut la Turquie? Ambitions et stratégies internationales, Éditions Autrement, 2009

 


Spécialiste de l’Afghanistan, de la Turquie et de l’Asie du Sud, Gilles Dorronsoro est régulièrement invité dans les médias pour expliciter, débattre ou alerter. Retour sur ses interventions les plus récentes :

 

« L’Afghanistan, nouveau fief des djihadistes ? »

Franceinter – Un jour dans le monde, 31 janvier 2018

Invité : Gilles DorronsoroFranceinter Afghanistan.jpg

Retour sur la situation en Afghanistan, confronté au fléau djihadiste après trois attentats perpétrés à Kaboul. Avec Gilles Dorronsoro ; En Iran, Rohani tente de se rapprocher de son peuple ; En Australie, regardez dans vos tiroirs, peut-être trouverez-vous des documents confidentiels issus du gouvernement…

Re-écouter l’intégralité de l’émission.


 « Si l’Etat islamique perd ses territoires,

il pourrait disparaître d’ici deux ans »

LeMonde, 3 Juin 2016

Entretien avec Gilles DorronsoroLemonde362016.jpg
Pour le chercheur Gilles Dorronsoro, en menant des attentats en Occident et en imposant une idéologie totalitaire et paranoïaque, l’EI précipite sa perte.
Extrait : 

LeMonde: « L’EI est-il aux abois ?

Gilles Dorronsoro : Le territoire que l’EI contrôle se restreint depuis un an et demi. Sa capitale en Syrie, Rakka, n’est qu’à quelques kilomètres des premières lignes kurdes. Même si les combattants kurdes ne peuvent la prendre seuls, la ville est pour le moins menacée. En Irak, les Américains augmentent aussi la pression sur Mossoul, dont la chute, en juin 2014, avait symbolisé le triomphe du groupe et de son leader, Abou Bakr Al-Baghdadi. En autoproclamant leur « califat », ils avaient fait disparaître la frontière irako-syrienne. Cela aurait pu marcher si l’EI avait eu une politique d’alliance avec les Etats sunnites de la région, comme l’Arabie saoudite, toujours plus paranoïaque face à l’Iran, la Turquie ou les pays du Golfe. L’EI aurait pu incarner, sinon le retour des sunnites au pouvoir à Bagdad, du moins la création d’un Etat sunnite sur une partie de l’Irak. Un deal avec les Kurdes aurait été possible, car eux aussi ont intérêt à casser les frontières des Etats nés du démantèlement de l’Empire ottoman. C’est en fait l’idéologie de l’Etat islamique qui pose problème.

LeMonde: En quel sens ?

Gilles Dorronsoro : Ses dirigeants sont à la fois hyperrationnels, tout en vivant dans un univers coupé du réel. Dans leur lecture eschatologique des événements, les catastrophes annoncent la victoire finale. Ils ont mis en place un système complètement verrouillé, à l’image de ce qu’ils ont vécu lors de la genèse du groupe, dans les prisons américaines en Irak. Leur système tient par la terreur et le contrôle obsessionnel hérité des services de sécurité… »

Re-lire l’intégralité de l’article.


« Ligne Durand » : plaie ouverte au cœur des tensions

afghano-pakistanaises

France Culture – CulturesMondes, 15 mai 2017

Des affrontements à la frontière afghano-pakistanaise de Chaman ont fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés début mai, ravivant des tensions dans une région au climat déjà tendu. Comment ce différend frontalier entretient-il la conflictualité entre les deux pays depuis des décennies?

France culture dorronsoro.jpg

Re-écouter l’intégralité de l’émission.