Sous le vernis historique, une opération mercantile ?

Pour Gisèle Sapiro, directrice d’études (EHESS/CNRS), que des spécialistes aient accès aux œuvres ne justifie pas forcément une diffusion grand public.

Sous le vernis historique, une opération mercantile ?

Libération, 2 février 2018

 

Extrait : Fallait-il publier ? La question revient périodiquement. Elle a surgi en 1992, lors de la parution du Journal 1939-1945 de Drieu La Rochelle chez Gallimard, qui avait pris la précaution d’y insérer un «avertissement de l’éditeur» et de l’inscrire dans la collection Témoins pour donner le statut de document à ce déversement de haine et d’antisémitisme, utile à la compréhension de cette période trouble. En 2015, ce n’est plus un inédit mais un best-seller des «années noires», les Décombres de Lucien Rebatet, que décide de rééditer Robert Laffont dans la collection Bouquins, laquelle se présente comme «la bibliothèque idéale de l’honnête homme» dixit Jean d’Ormesson. Certes, le virulent pamphlet reparaît sous le titre «le Dossier Rebatet» ,dans une édition minutieusement établie, annotée et préfacée par des spécialistes. La republication du texte complet – dont l’édition originale est consultable à la Bibliothèque nationale -, a au moins le mérite de rétablir les coupes opérées par l’auteur dans la version édulcorée rééditée chez Pauvert en 1976, comme premier tome de ses Mémoires d’un fasciste. L’entreprise s’est révélée lucrative pour Laffont, quelques milliers d’exemplaires s’étant écoulés très rapidement. Cette reparution des Décombres est ce qui aurait convaincu la veuve de Céline et son avocat de lever l’interdiction de rééditer les pamphlets, suivant le souhait de l’écrivain. Elle a sans doute aussi contribué à décider Gallimard à se lancer dans ce projet, l’autre facteur étant leur parution au Québec – où ils sont tombés dans le domaine public en janvier 2012 -, dans une édition annotée par un spécialiste, que Gallimard comptait reprendre. Le projet peut surprendre par rapport au rôle qu’a joué cet éditeur au lendemain de la Libération, dans la dissociation de l’œuvre littéraire de Céline de ses écrits polémiques, contribuant à la construction de la figure du génie fou, donc irresponsable : après l’assassinat de Robert Denoël, Gallimard récupère le fonds et réédite en 1952, dès le vote de la première loi amnistiant les faits de collaboration, Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit. Derrière cette opération, il y a un résistant, Jean Paulhan, engagé dans une lutte acharnée contre l’épuration (voir sa Lettre aux directeurs de la Résistance, 1952), lutte qui l’a conduit à se rapprocher de l’extrême droite. Il publie aussi dès 1951 les Deux Etendards de Rebatet, qui purge alors sa peine de travaux forcés, sans parvenir à l’imposer littérairement, ce qui n’a pas empêché Gallimard de rééditer ce roman en 1991, peu avant le journal de Drieu…

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Didier Fassin : « Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable »

Retour sur les récentes interventions de Didier Fassin, médecin, anthropologue, directeur de recherche (CNRS/EHESS) :


Didier Fassin : « Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable »

Libération, 2 février 2018

Entretien avec Didier Fassinfassin

Dans son dernier livre, «la Vie, mode d’emploi critique», l’anthropologue démontre que même si les Occidentaux affirment que toutes les existences sont sacrées, ils n’accordent pas la même valeur à chacune, comme le montre notamment le traitement infligé aux migrants.

Extrait : 

Didier Fassin : « La raison humanitaire reste présente dans notre société, mais sur un mode mineur et intermittent. Mineur parce qu’elle est débordée par d’autres raisons – à commencer par la raison sécuritaire. Intermittente car il subsiste des moments qui vont susciter des émotions et des protestations sincères mais éphémères, quand on découvre le corps d’un enfant mort sur une plage de Turquie par exemple. Mais c’est vrai, si la fin du XXe siècle était le moment de la raison humanitaire, le début du XXIe marque l’heure de la raison sécuritaire : celle du contrôle des flux, de la brutalité à l’encontre des exilés, et même de la répression des acteurs de l’humanitaire. On stigmatise les organisations qui viennent en aide aux exilés en Méditerranée, on sanctionne les citoyens qui hébergent des étrangers en perdition comme dans les Alpes. Sauver des vies devient illégitime et condamnable.

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« Il faut  considérer les migrants

comme des figures centrales du monde contemporain »

Le Nouveau Magazine littéraire, 31 janvier 2018

Entretien avec Didier FassinMigrants FassinLa vie d’un réfugié vaut-elle autant que celle d’un Français ou d’un Américain ? A priori, oui. Mais la réalité est toute autre, comme le démontre l’anthropologue Didier Fassin dans son dernier essai.

Extrait de l’entretien : 

LNML : Vous confrontez dans votre essai l’approche philosophique de la vie, selon laquelle toutes les existences se valent, aux résultats d’enquêtes anthropologiques où le concept apparaît pluriel et fortement inégal. Comment expliquez-vous cette tension ?

Didier Fassin : Lorsqu’on s’interroge sur la vie, on est à la fois confronté à l’immensité du concept et à la polysémie du mot. J’ai tenté de nouer cette tension entre deux grandes orientations : la « vie biologique », celle qui commence avec la naissance et se termine à la mort, et concerne tous les vivants, et la « vie biographique », au sens où elle est constituée d’évènements, que l’on peut raconter et auxquels on donne un sens. Le philosophe et médecin Georges Canguilhem distingue ainsi le participe présent et le participe passé du verbe vivre : le vivant et le vécu. Pendant deux mille ans, les philosophes ont tenté de les penser ensemble. Mais depuis un siècle, ces deux voies ont bifurqué. D’un côté, les sciences de la vie ont cherché à aller de plus en plus loin dans la compréhension du vivant à travers notamment l’exploration du génome, noyau ultime de la question de l’identité d’un individu, jusqu’à la vie qu’on cherche sur d’autres planètes. On est ici sur une réduction biomoléculaire de la vie. D’un autre côté, les sciences humaines mais aussi la littérature ont développé un tout autre chemin, celui de la vie vécue et racontée. Partant de ce constat, j’ai tenté de voir s’il était possible de renouer ces deux conceptions de la vie, de reconstituer une sorte de puzzle avec ces fragments de vie, d’où ma référence au roman de Georges Perec, La Vie mode d’emploi. Le paradoxe que j’essaie de montrer est qu’il s’est produit dans nos sociétés contemporaines un mouvement par lequel la vie biologique a pris le pas sur la vie biographique….

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« Didier Fassin et des vraies vies »

France inter, lundi 8 Janvier 2018

Didier Fassin, anthropologue, directeur de recherche CNRS/EHESS est l’invité de Laure Adler dans « L’Heure bleue »

Didier Fassin France inter

Penser et agir de telle sorte que puisse s’inventer un nouveau mode d’emploi pour une vie plus juste : telle est la tâche à laquelle Didier Fassin s’attache. Pour ce faire il s’appuie sur ses propres enquêtes de terrain, à travers le monde, comme sur son savoir et sa pratique médicale ou encore sur ses lectures, philosophiques et littéraires. Il est l’invité de l’Heure Bleue pour présenter ses deux livres « La vie : mode d’emploi critique« , et « L’ombre du monde : une anthropologie de la condition carcérale suivi de Portrait de l’ethnographe en critique » parus aux Editions du Seuil.

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On en parle dans les médias :

« Le prix de la vie »

par Elodie Moreau, LaCroix du 25 janvier 2018

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Elodie Moreau lit pour nous deux ouvrages et s’interroge avec Didier Fassin et Jean-Michel Chaumont sur notre rapport à la vie et à la survie:

 

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Didier Fassin (2018), La Vie. Mode d’emploi critique, éditions du Seuil

 

 

 

 

 

 

 

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Jean-Michel Chaumont (2017), Vivre à tout prix?, La Découverte

 

 

 

 

 

Extrait : 

Un anthropologue et un philosophe s’intéressent à « la vie », à la façon dont nous la considérons, à la valeur que nous lui accordons. Didier Fassin et Jean-Michel Chaumont le font chacun avec un projet singulier, mais ils tournent autour d’un constat commun : la vie biologique est devenue, dans nos sociétés modernes, un bien suprême.

« Qu’est-ce que la vie ? » : Didier Fassin reprend cette éternelle question à nouveaux frais, en montrant par la forme même de son livre – qui mêle théorie philosophique et enquêtes de terrain – qu’il est impossible de s’en tenir à une réflexion abstraite, loin de ce que l’expérience des vies les plus vulnérables : migrants de Calais, femmes zimbabwéennes en Afrique du Sud, Noirs américains victimes de la police américaine… Car ces existences concrètes dévoilent nos visions du monde, nos éthiques, nos politiques – et de leurs contradictions.

« La question que je me pose n’est pas : comment vivons-nous ? ou bien : comment devrions-nous vivre ? Elle est plutôt : quelle valeur accordons-nous à la vie humaine comme notion abstraite ? Et encore : quelle évaluation faisons-nous des vies humaines comme réalités concrètes ? »

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Fake news : « Macron décodeur-en-chef »

Frédéric Lordon  est directeur de recherche au CNRS (CESSP). Ses travaux visent à rapprocher science économique et sociologie.

Sélection d’ouvrages : 

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Les affects de la politique, Le Seuil, 2016

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Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza, La fabrique, 2010

 

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Imperium : structures et affects des corps politiques, La fabrique, 2015

 

 

 

 

 


« Macron décodeur-en-chef »

Le Monde diplomatique, 8 janvier 2018

Par Frédéric Lordon (EHESS/ CNRS) Macron décodeur.jpg

« Alors les Décodeurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »Lamentations, chapitre 2, verset 2 (révisé)

Par un effet de retour, que deux innocents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expérimenté en leur temps, voilà donc les Décodeurs victimes du tragique destin qu’ils ont eux-mêmes consciencieusement œuvré à mettre en branle. L’histoire commence comme la charge de la brigade légère (ou lourde ?). La vérité est en danger, elle appelle à la rescousse. Mais qui pour lui venir en aide ? Qui sinon des vocations pures ? La presse libre et indépendante, la presse démocratique. Elle vole au secours.

On en était là de l’épopée, les Décodeurs assuraient la maintenance de la vérité en régime de croisière, bref les choses allaient gentiment leur train, quand plus sérieux qu’eux arrive leur indiquer d’autres manières : la distribution des gommettes faisant un peu léger, on y mettra maintenant les moyens de l’État.

Et voilà comment on se retrouve avec un projet de loi sur les fake news.

Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour apercevoir dès le départ que tout s’était mis de travers dans cette histoire, et poursuivrait de même. Il fallait d’abord que la presse de service s’abuse considérablement quant à son propre crédit dans la population pour s’imaginer en rempart de correction, elle dont la mission d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mission tant elle est devenue une nature seconde. Il fallait ensuite ne pas craindre les balles perdues du fusil à tirer dans les coins, les médias rectificateurs, à défaut d’avoir songé à se blinder le fondement, étant voués à se retrouver eux-mêmes rectifiés par derrière, c’est-à-dire systématiquement interrogés pour leur substantielle contribution au faux général de l’époque. Ce qu’un minimum de décence réflexive – ou de régulation du ridicule – a manqué à produire : un réveil, il se pourrait que la loi anti fake news de Macron y parvienne, mais trop tard et avec quelques effets rétroactifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pousser des cris de triomphe dans les rédactions, même les plus en pointe dans la croisade du vrai – où, pour la première fois, on perçoit comme un léger sentiment d’alarme. On aurait pu imaginer une sorte d’exultation à la reconnaissance suprême du bien-fondé de la cause. L’ambiance est plutôt à une vague intuition du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu blafarde sur tout l’édifice…

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« Rugby : un risque de commotion cérébrale devenu inacceptable »

« Rugby : un risque de commotion cérébrale devenu inacceptable »

The Conversation, 2 février 2018

Par Sébastien Dalgalarrondo (EHESS / IRIS)Rugby

Le Tournoi des 6 nations débute le 3 février. Va-t-on assister, encore, à des scènes aussi terrifiantes que celle du choc à pleine vitesse entre deux joueurs, le jeune Samuel Ezeala et l’une de ses idoles ? C’était le 7 janvier, dans l’U Arena de Nanterre. Resté inconscient pendant de très longues secondes, le jeune homme de 18 ans avait été évacué sur une civière, victime d’une commotion cérébrale. Il semble aujourd’hui remis, et devra patienter encore quelques semaines avant de retrouver le plaisir d’être sur le terrain.

De fait, le rugby est confronté à une « épidémie » de commotions cérébrales, qui interroge bien au-delà du milieu des professionnels. Par commotion cérébrale, on entend un traumatisme crânien dit « léger » qui, dans la majorité des cas, n’entraîne pas de perte de connaissance. Il provoque des altérations immédiates mais transitoires des fonctions cérébrales. Et suscite de fortes inquiétudes quant à ses effets à plus long terme sur la santé des joueurs.

Les rares données fiables montrent une forte progression de ces blessures au cours des dernières années. Selon la fédération anglaise de rugby (RFU), la fréquence est passée de 6,7 commotions cérébrales pour 1000 heures de match par joueur (en équipe nationale et dans la première division anglaises) durant la saison 2012-2013 à 15,8 commotions pour 2015-2016. Il est grand temps de sortir de l’état de choc, de changer les pratiques et sans doute les règles, afin d’inverser la courbe.

Un risque accru de pathologies dégénératives comme la maladie d’Alzheimer

La répétition des commotions entraîne, à moyen et long terme, un risque accru d’encéphalopathie chronique post-traumatique, et autres pathologies dégénératives du cerveau comme la maladie d’Alzheimer, selon les synthèses scientifiques les plus récentes. Le consensus scientifique établi en 2017 par les experts internationaux sur « sport et commotion » souligne cependant l’état très parcellaire des connaissances sur ses effets – notamment chez les très jeunes pratiquants. Parce que la blessure est invisible, la commotion est restée trop longtemps négligée, comme le montre cet article parlant déjà, en 2001, d’une « épidémie cachée ».

D’autres études s’intéressant à la seule catégorie des joueurs scolaires et universitaires suggèrent, malgré leur évidente faiblesse statistique, que le rugby occupe désormais un rang élevé et peu enviable dans le classement des sports à risque de commotion. Selon une analyse de la littérature scientifique publiée en 2016, cette pratique devance le hockey, mais aussi… le football américain, que le monde du rugby a pourtant longtemps considéré comme son demi-frère violent d’Amérique.

Beaucoup de recherches restent à mener pour évaluer l’efficacité des tests utilisés pour diagnostiquer une commotion, le temps de repos nécessaire après le choc et ses effets sur le long terme.

Le joueur de rugby, objet d’une expérimentation à grande échelle

En France, l’alerte a été donnée dès 2010 par le neurologue Jean‑François Chermann, responsable de la consultation Commotion cérébrale et sport à l’hôpital Léopold-Bellan à Paris. La publication de son livre KO, le dossier qui dérange, a frappé les esprits.

Mais il a fallu attendre la succession de commotions chez des joueurs professionnels internationaux réputés entre 2010 et 2012, avec l’évocation d’un risque de « démence prématurée » et de troubles mentaux, pour que le phénomène apparaisse pour ce qu’il est : une épidémie planétaire.

Ainsi le rugbyman, ce « monstre » de puissance physique, ce joueur réputé indestructible, ce gladiateur médiatique, s’est métamorphosé en être « monstrueux », dans le sens « inhumain » du terme. Il est devenu l’objet d’une expérimentation à grande échelle que personne ne semble maîtriser, ni même souhaiter….

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Retour sur les interventions de Gilles Dorronsoro

Gilles Dorronsoro est professeur de Sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne (CESSP). Ses recherches portent sur la sécurité et le développement politique en Afghanistan, en particulier le rôle de la Force internationale d’assistance à la sécurité, les étapes nécessaires pour un gouvernement viable à Kaboul, et les conditions nécessaires pour les scénarios de retrait.

Sélection d’ouvrages :

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Syrie : Anatomie d’une guerre civile, Adam BACZKO, Gilles DORRONSORO et Arthur QUESNAY, CNRS Editions, 2016

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La révolution afghane, des communistes aux tâlebân, Khartala, 2000

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Revolution Unending: Afghanistan, 1979 to the Present, Columbia University Press, 2005

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La Turquie conteste. Régime sécuritaire et mobilisations sociales, Éditions du CNRS, 2005

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Que veut la Turquie? Ambitions et stratégies internationales, Éditions Autrement, 2009

 


Spécialiste de l’Afghanistan, de la Turquie et de l’Asie du Sud, Gilles Dorronsoro est régulièrement invité dans les médias pour expliciter, débattre ou alerter. Retour sur ses interventions les plus récentes :

 

« L’Afghanistan, nouveau fief des djihadistes ? »

Franceinter – Un jour dans le monde, 31 janvier 2018

Invité : Gilles DorronsoroFranceinter Afghanistan.jpg

Retour sur la situation en Afghanistan, confronté au fléau djihadiste après trois attentats perpétrés à Kaboul. Avec Gilles Dorronsoro ; En Iran, Rohani tente de se rapprocher de son peuple ; En Australie, regardez dans vos tiroirs, peut-être trouverez-vous des documents confidentiels issus du gouvernement…

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 « Si l’Etat islamique perd ses territoires,

il pourrait disparaître d’ici deux ans »

LeMonde, 3 Juin 2016

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Pour le chercheur Gilles Dorronsoro, en menant des attentats en Occident et en imposant une idéologie totalitaire et paranoïaque, l’EI précipite sa perte.
Extrait : 

LeMonde: « L’EI est-il aux abois ?

Gilles Dorronsoro : Le territoire que l’EI contrôle se restreint depuis un an et demi. Sa capitale en Syrie, Rakka, n’est qu’à quelques kilomètres des premières lignes kurdes. Même si les combattants kurdes ne peuvent la prendre seuls, la ville est pour le moins menacée. En Irak, les Américains augmentent aussi la pression sur Mossoul, dont la chute, en juin 2014, avait symbolisé le triomphe du groupe et de son leader, Abou Bakr Al-Baghdadi. En autoproclamant leur « califat », ils avaient fait disparaître la frontière irako-syrienne. Cela aurait pu marcher si l’EI avait eu une politique d’alliance avec les Etats sunnites de la région, comme l’Arabie saoudite, toujours plus paranoïaque face à l’Iran, la Turquie ou les pays du Golfe. L’EI aurait pu incarner, sinon le retour des sunnites au pouvoir à Bagdad, du moins la création d’un Etat sunnite sur une partie de l’Irak. Un deal avec les Kurdes aurait été possible, car eux aussi ont intérêt à casser les frontières des Etats nés du démantèlement de l’Empire ottoman. C’est en fait l’idéologie de l’Etat islamique qui pose problème.

LeMonde: En quel sens ?

Gilles Dorronsoro : Ses dirigeants sont à la fois hyperrationnels, tout en vivant dans un univers coupé du réel. Dans leur lecture eschatologique des événements, les catastrophes annoncent la victoire finale. Ils ont mis en place un système complètement verrouillé, à l’image de ce qu’ils ont vécu lors de la genèse du groupe, dans les prisons américaines en Irak. Leur système tient par la terreur et le contrôle obsessionnel hérité des services de sécurité… »

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« Ligne Durand » : plaie ouverte au cœur des tensions

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France Culture – CulturesMondes, 15 mai 2017

Des affrontements à la frontière afghano-pakistanaise de Chaman ont fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés début mai, ravivant des tensions dans une région au climat déjà tendu. Comment ce différend frontalier entretient-il la conflictualité entre les deux pays depuis des décennies?

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Retour sur les interventions d’Albert Ogien

Albert Ogien est directeur de recherches au CNRS et membre de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS. Ses travaux portent aujourd’hui sur trois thèmes : l’extension et les effets du phénomène gestionnaire dans l’organisation de l’activité de gouvernement et dans la définition de l’action publique (en examinant la mathématisation du monde social et la substitution des catégories de raisonnement gestionnaire aux catégories du raisonnement politique) ; l’analyse des mouvements de protestation politique extra-institutionnelle (rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis) qui se développent actuellement ; le développement d’une démarche de sociologie analytique, qui exige un travail théorique (autour de l’ethnométhodologie, l’interactionnisme réaliste, du pragmatisme et de la philosophie du langage ordinaire) et une réflexion méthodologique (autour des outils et des objets de l’ethnographie de nature sociologique).


Ouvrages récents :

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte, 2017

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Le principe démocratie, La Découverte, 2014

 

 

 

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Pourquoi désobéir en démocratie?, La Découverte, 2010

 


Interventions dans les médias :

« Re-découvrir la démocratie »

France culture, 18 novembre 2017

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Et si l’usage aussi sauvage qu’intempestif du mot « populisme » s’avère souvent le symptôme d’une véritable haine de la démocratie. Raison de plus pour la reconstruire proposent la philosophe Sandra Laugier, le sociologue Albert Ogien, puis, en dialogue avec eux, l’écrivaine Cloé Korman, invités de Sylvain Bourmaeu dans l’émission la Suite dans les Idées.

« Populisme » : l’anathème a fleuri depuis des mois dans l’espace public, bien loin, la plupart du temps, d’une tentative de description sérieuse d’un phénomène politique complexe, bandi, opposé et apposé, plutôt, comme un stigmate sur des objets et des personnes que, souvent, tout sépare, s’agissant de politique.

L’usage proliférant de ce mot – populisme – ne fait pas qu’ajouter à la confusion ambiante – ce dont nous n’avions assurément pas besoin. Il mine profondément la démocratie, rien de moins. C’est la thèse que développent et argumentent la philosophe Sandra Laugier et le sociologue Albert Ogien dans un nouvel essai, le troisième co-écrit ensemble.

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« Notre société n’a jamais été autant politisée »

Les Inrockuptibles, 12 septembre 2017

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Dans « Le Principe démocratie », le sociologue Albert Ogien décrypte l’exploration des possibles démocratiques par les mouvements qui se sont succédés depuis 2011. Entretien.

Extrait : « De Tunis en 2011 jusqu’à la Catalogne d’aujourd’hui, des mouvements de protestation se multiplient dans le monde entier. Sous la même bannière, « démocratie ! », tous revendiquent l’idée d’égalité. Sans chef, sans programme, sans hiérarchie, sans goût du pouvoir, ces mouvements renouvellent radicalement la conception du politique ; d’où les critiques acerbes dont ils sont souvent l’objet de la part de ceux qui n’ont que la quête du pouvoir en tête. Dans leur essai lumineux, Le principe démocratie, enquête sur les nouvelles formes du politique (éd. La Découverte), le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier saisissent dans ses profondeurs ce nouveau rapport au politique. Et posent une question essentielle : comment repenser le politique à la lumière de ces citoyens qui rêvent d’un autre ordre de relations sociales ? Albert Ogien revient ici sur le sens de ce travail important… »

 

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« En démocratie faut-il vraiment donner les clés aux citoyens ? »

Rue89 Lyon, 31 octobre 2017

Par Albert Ogien
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Pour Albert Ogien, la vague de protestation demandant une démocratie réelle n’a plus nécessairement les revendications que l’on croit.

Extrait :

« … L’idée de démocratie « réelle » est réapparue avec la vague de rassemblements qui a saisi le monde en 2011. Il faut cependant observer qu’elle a un peu changé de nature. Elle ne renvoie plus à la destruction du système représentatif pour rendre tout le pouvoir au « peuple », mais revendique plutôt le fait de permettre à la voix des citoyen.ne.s de se faire pleinement entendre dans la détermination du présent et du futur de la collectivité dont ils.elles font partie et d’exercer un contrôle sur l’action des « élites » qui les dirigent.

Cette revendication n’est pas totalement incongrue, puisque les discours politiques contemporains valorisent la participation des gouvernés à l’action des gouvernants. Mais cela ne va pas jusqu’à confier à la responsabilité des citoyen.nes les prérogatives réservées aux techniciens et administrateurs de l’État. Cette mise à l’écart se justifie en affirmant que les enjeux de la « grande » politique (paix, puissance, souveraineté) dépassent la compréhension des gens ordinaires, que les questions de gouvernement (santé, éducation, économie, écologie, etc.) sont trop techniques pour être réglées par des novices ou ne relèvent pas d’un vote à la majorité (comme tout ce qui touche à la « cohésion nationale »). C’est la validité de cette justification que les initiatives autonomes de groupes de la « société civile organisée » (collectifs, associations, ONG, partis-mouvementistes) contestent… »

Re-lire l’intégralité de la tribune.


On en parle dans les médias :

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte, 2017

« De quoi le mot “Dégage” est-il le symptôme ? »

Les Inrockuptibles, 4 octobre 2017

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Après “Le Principe démocratie”, Albert Ogien et Sandra Laugier analysent dans un nouvel essai les formes diverses de “L’Antidémocratie”. Une pensée multiple, associée au populisme, qui rejette la démocratie au nom du peuple trahi, portée autant par ceux qui aspirent à son abolition que par ceux qui visent son extension.
Extrait :

Les critiques répétées depuis quelques décennies contre la démocratie – imparfaite, bloquée, élitiste, inégalitaire… – forment l’indice d’un malaise politique contemporain, derrière lequel se déploie l’idée d’un peuple trahi par le système représentatif et nostalgique de sa souveraineté perdue. Ce rejet de la forme démocratique au nom du peuple amer nourrit tous les populismes d’aujourd’hui. La désaffection actuelle pour la démocratie reflète ainsi l’accroissement d’un sentiment diffus : celui qu’ont les personnes d’être dépossédées du droit de décider par et pour elles-mêmes de la manière dont les questions qui les concernent sont traitées.

Mais, plus encore que le populisme, concept politique un peu trop flou et élastique pour être suffisamment opérant, cette répulsion dont la démocratie fait l’objet, a simplement un mot qui la résume et la condense : “l’antidémocratie”. Un mot qui a le mérite de la clarté, même s’il cache lui aussi des réalités diverses, voire opposées. Car le sentiment de dépossession démocratique est à géométrie variable.

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« Débat Pascal Ory-Albert Ogien : le peuple est-il populiste ? »

Marianne, 9 décembre 2017

Le populisme désigne-t-il une pente fatale des citoyens à la recherche de chefs autoritaires ou bien l’aspiration légitime et nécessaire du peuple en lutte contre ses élites? Débat entre l’historien Pascal Ory et le sociologue Albert Ogien, qui n’entendent pas de la même façon un terme qui a envahi le débat public.

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« Le populisme est-il antidémocratique? »

Slate.fr, 21 janvier 2018

this isnt democracy.jpgAnalyse par Arthur Guichoux du dernier ouvrage d’Albert Ogien et Sandra Laugier.

Extrait : 

« … Sans chercher à restituer le détail d’une démonstration qui se déploie à l’épreuve des événements (attentats terroristes, crise grecque, élections présidentielles), la thèse principale tient à ce que le populisme serait fondamentalement anti-démocratique. Ni de droite, ni de gauche, il ferait feu de tout bois et pourrait même faire système avec le statu quo néolibéral tout en prétendant le remettre en cause. Qu’il s’agisse d’un retour aux sources ou d’une construction hégémonique, la tentative de renouer avec le peuple aboutirait finalement à l’instrumentaliser.

La portée du populisme ne serait donc pas seulement descriptive mais avant tout normative et démophobe. C’est la raison pour laquelle il est analysé comme un écran de fumée idéologique devant le phénomène plus profond de l’antidémocratie, au fil d’une approche formelle dont les points aveugles ne laissent qu’apercevoir une partie de l’énigme démocratique.

L’anti-démocratie, matrice du populisme

Pour Ogien et Laugier, le populisme ne serait pas un remède miracle mais plutôt un facteur aggravant de l’état de la démocratie, dont il importe de dénoncer l’imposture. Il relèverait de l’antidémocratie, entendue comme un «mode de pensée qui conduit à se défier a priori des citoyen.ne.s ordinaires et à considérer que l’idée de vouloir leur confier la direction des affaires publiques est insensée».

Le populisme serait antidémocratique dans la mesure où il irriguerait des discours et pratiques qui vont dans le sens d’une mise à l’écart constante et invisible du grand nombre et qui finit par rétrécir à peau de chagrin l’espace d’intervention sur le destin collectif. La principale objection adressée au populisme tient en fait au brouillage politique et idéologique qu’il génèrerait, mais aussi aux présupposés implicites qu’il véhiculerait.

Le populisme est ainsi présenté comme un pot-pourri où se côtoient nationalisme xénophobe, souverainisme réactionnaire, autoritarisme providentiel, conspirationnisme, mais aussi revendications contre le capitalisme ou pour une démocratie réelle… »

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« PS : OK ou pas OK ? »

 

« PS : OK ou pas OK ? »

AOCmédia, 1er février 2018

Par Frédéric Sawicki

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Quatre candidats se disputent depuis quelques jours le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Mais au-delà du choix d’une personnalité, c’est la capacité à retrouver une ligne politique claire, et surtout une légitimité qui dépasse sa base militante désormais étique, qui éviteront au PS de sombrer, comme avant lui le parti socialiste grec…

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« Pour le PS, renouveler son personnel politique

est un défi »

L’Obs, 27 janvier 2018

Frédéric Sawicki (CESSP/ Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne) analyse le parcours de quatre hommes, candidats à l’élection de premier S-secrétaire du Parti Socialiste : Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel.

 

Entretien avec Frédéric Sawicki

Pour le PS

Quatre hommes  – Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel – sont officiellement candidats au poste de premier secrétaire du PS, Julien Dray n’ayant finalement pas présenté de candidature et celle de Delphine Batho ayant été rejetée. Quelles sont leurs lignes ? Qu’est ce qui les rapproche ? Les différencie ? Décryptage avec le politologue Frédéric Sawicki, spécialiste du Parti socialiste et des pratiques militantes, et professeur à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

Suite de l’entretien « le Parti socialiste est-il ‘une mafia’, comme le dit Delphine Bartho? », par Baptiste Legrand.

Extrait:

L’Obs : Les prétendants au poste de premier secrétaire du PS sont au moins d’accord sur une chose : ils promettent tous le renouvellement ! Cela veut-il dire que le PS en a fini avec les inamovibles Cambadélis, Borgel, Dray, etc. qui le dirigent depuis des années ?

Frédéric Sawicki : C’est souhaitable, car le discrédit dont est victime le PS s’explique en partie par cette permanence de son personnel politique. C’est sur la thématique du renouvellement qu’Emmanuel Macron a gagné l’élection présidentielle. C’est aussi ce qui a permis à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon de tirer son épingle du jeu à gauche aux législatives. Si le PS est représenté par des personnalités qui portent la responsabilité du quinquennat de François Hollande, il risque fort d’avoir du mal à remonter la pente…

Mais il est particulièrement difficile de renouveler le personnel politique au moment où de nombreux membres ont préféré quitter ce parti. Le PS compte peu de jeunes, tandis qu’entre un cinquième et un quart de ses membres actifs sont des élus ou des collaborateurs d’élus, professionnels de la politique depuis longtemps, et souvent peu tournés vers l’innovation.

Le renouveau incarné par la campagne de Benoît Hamon – il a réussi à attirer un certain nombre de nouveaux militants – ne se traduit pas par une revitalisation du PS car ces personnes ont rejoint son nouveau parti, Génération.s. De plus, un certain nombre de jeunes élus ont été attirés par le macronisme et ont rejoint En Marche !. Comment renouveler avec un vivier aussi peu diversifié ?

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« Vivre et vaincre le cancer »

Philippe Bataille est directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS, EHESS-CNRS). Il est également membre du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin. Ses recherches ont entre autres porté sur le racisme et la discrimination, le sexisme et le féminisme, et plus récemment sur l’expérience médicale et sociale de la maladie grave. Ses travaux actuels suivent ce qu’il advient de la catégorie de sujet dans la relation médicale et de soin. Les recherches en cours suivent des situations cliniques empiriques qui suscitent de si fortes tensions éthiques qu’elles bloquent le système de la décision médicale (éthique clinique), et parfois la conduite de soin (médecine de la reproduction et en soins palliatifs).

Dernières publications :

« Vivre et vaincre le cancer » (2016, Editions Autrement)

vivre et vaincre le cancer couv

« A la vie, à la mort : euthanasie, le grand malentendu » (2015, Editions Autrement)

A la vie a la mort couv

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les thématiques de recherche de Philippe Bataille l’amènent à intervenir régulièrement dans les médias pour s’exprimer sur des questions de société. Retour sur ses principales interventions:

Retrouvez toutes les tribunes de Philippe Bataille dans le journal Libération :


« Fin de vie : Mettons fin à l’hypocrisie »

Le nouveau magazine littéraire, 26 janvier 2018

Par Philippe Bataille

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Dans le cadre des États généraux de la bioéthique, ouverts le 18 janvier, le sociologue Philippe Bataille plaide pour dépasser la sédation profonde et accorder à ceux qui le souhaitent le droit à l’euthanasie et au suicide assisté, au nom des valeurs de la République.

Extrait : 

« Le débat sur la fin de vie des Français reprend à l’occasion des États généraux de la bioéthique. C’est une très bonne chose puisque la loi Claeys-Leonetti de 2016 est un entre-deux, qui ne satisfait personne. Ni les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté ni leurs détracteurs. Pour les uns, la loi actuelle affirme le droit des patients à réclamer une mort qui s’annonce mais qui ne se réalise pas seule. Pour les autres, elle consacre l’interdit de mourir en soupçonnant, par principe, la moindre conduite active d’aide médicale à mourir. La solution retenue par le législateur est d’endormir les candidats jusqu’au trépas, couplé à une suspension d’hydratation et d’alimentation pour le rendre certain. Point d’injection létale. Pas question non plus de surdoser un sédatif dont l’effet mortel serait immédiat.

En l’état, la loi Claeys Leonetti génère du désordre. D’abord pour les médecins et les soignants, qui ne savent plus ce qui est permis et ce qui est interdit. Mais aussi pour les mourants, qui agonisent longuement. Rien n’a fondamentalement changé entre la loi Leonetti de 2005  et sa réforme, en 2016, encore en vigueur. Même chaos dans les lits d’hôpitaux, en pire.

Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi tant d’indécisions face au trépas que des désespérés réclament ? Que leur répondre quand ils envisagent leur mort comme une libération ? Pourquoi le droit à mourir existe-t-il ailleurs, et pas en France ? Quelles évolutions législatives attendre du débat bioéthique ? Que penser de la sédation profonde sans réveil, qui n’est pas une assistance médicale à mourir ? N’est-il pas temps de franchir une étape supplémentaire ? Laquelle ?… »

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“Voilà pourquoi les pauvres ont plus de difficultés à arrêter de fumer et ce que cela dit sur notre société”

Atlantico, 31 mai 2017

Par Philippe Bataille

arreter de fumer Bataille

Le 31 mai est la journée mondiale sans tabac. Un récent rapport commandé par l’Etat montre cependant que les récents efforts de sensibilisation en la matière se sont montrés bien vains…tout particulièrement dans les milieux les plus démunis, pauvres, jeunes et chômeurs.

Extrait : « Les fumeurs des catégories sociales les moins favorisées sont aussi nombreux que les autres à tenter d’arrêter de fumer mais ils y arrivent moins souvent » affirme la même enquête. Ces difficultés sont-elles comparables à celles qu’ont les mêmes catégories à combattre l’obésité et autres mauvaises habitudes alimentaires ? Quel est le biais commun ?… »

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… et on en parle dans les médias : Dans sa revue de presse, Nathasha Poloni revient sur l’article de Philippe Bataille (Europe1, émission Europe Matin, 31 mai 2017).

Extrait : “…Plusieurs journaux, du Parisien au Monde, citent une étude démontrant que fumer est devenu un marqueur social. Les pauvres, les chômeurs, augmentent leur consommation alors que celle des plus riches a baissé. Sur le site Atlantico, Philippe Bataille, chercheur à l’EHESS, explique ce phénomène : les pauvres n’ont ni les ressources, ni le temps, ni les moyens pour reconsidérer leurs pratiques habituelles. La capacité à saisir l’opportunité qui facilite l’estime de soi, qui permet de se penser comme un individu libre, tout cela est l’apanage des riches. Et les campagnes de prévention ajoutent à l’enfermement en culpabilisant sur le thème : vous coûtez cher. Toute une philosophie à revoir. Et des inégalités sociales à combattre…”

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“Faut-il…autoriser l’euthanasie?”

France culture (émission Du Grain à Moudre, 18 avril 2017)

on ne veut pas mourrir

Au bilan du quinquennat, à la rubrique « réformes de société », c’est le mariage pour tous qui s’impose immédiatement à l’esprit. Il est pourtant une autre réforme qui mériterait d’y être inscrite : la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, adoptée l’an dernier.

Certes, sa portée symbolique est moindre que la loi Leonetti de 2005 sur le même sujet. Mais les changements sont loin d’être négligeables. Le texte instaure un droit à la sédation profonde et continue : autrement dit, un droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir. Il renforce par ailleurs les directives anticipées, que chacun pouvait déjà rédiger, en les rendant contraignantes pour le corps médical.

Ces changements, importants, n’ont pourtant pas clos le débat sur la fin de vie. Pour preuve, les revendications exprimées à la faveur de la campagne présidentielle. Certains candidats militent en faveur d’un véritable droit à l’euthanasie, c’est-à-dire l’administration, par des médecins, de substances entrainant directement la mort. Voire en faveur du suicide assisté, tel qu’il est pratiqué dans des pays voisins de la France. Alors, faut-il…autoriser l’euthanasie ? Philippe Bataille répond aux questions de Hervé Gardette.

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“Cancer : le pénible combat des malades pour être écoutés… et entendus par leurs médecins”

Atlantico, 13 février 2017

Entretien avec Philippe Bataille

Cancer le penible combat

Le site internet Hospitalidée s’est associé a l’institut BVA afin de donner la possibilité aux personnes atteintes d’un cancer de partager leur expérience des soins apportés. L’objectif affiché est de permettre de faire progresser l’écoute et la prise en charge des malades.

Extrait :

Philippe Bataille : « Cette volonté d’améliorer la situation entre les patients et le personnel hospitalier ne répond pas seulement à une volonté citoyenne, démocratique en aménageant des lois pour changer les choses. Il se passe quelque chose de plus important. C’est la capacité de la médecine à produire des traitements plus personnalisés au sens biologique du terme. Il faut pouvoir offrir une solution adaptée pour chacun des patients.“

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« La loi Claeys-Leonetti fait reculer les valeurs de la République »

Le Monde des idées, 25 janvier 2016

Par Philippe Bataille

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La loi sur la fin de la vie ne progresse pas en France. Les termes de cette loi sont flous à l’heure où un médecin peut laisser mourir un malade qui en a exprimé la volonté, mais ne peut pas le faire mourir, insiste le sociologue Philippe Bataille :

Extrait : « Alors que les scandales se répètent, la loi sur la fin de vie ne progresse pas en France. On y meurt mal. Tout le monde le dit, beaucoup le vivent. Qu’il n’y ait pas suffisamment de soins palliatifs n’explique pas tout, ni que la loi Leonetti de 2005 soit mal connue ou mal appliquée. Cette loi interdit l’obstination déraisonnable, et ainsi un traitement peut être suspendu ou pas entrepris si ses résultats ne font que permettre le maintien artificiel du malade en vie. Entre la loi Kouchner (2002) qui a instauré le droit de suspendre ses traitements et aujourd’hui ; Entre Leonetti (2005) et Claeys-Leonetti (2016), tout n’est que rétropédalage. Une mascarade démocratique s’organise avec des mensonges si grossiers qu’ils se voient.

2016 bafoue le droit des malades vis-à-vis de l’assistance médicale et soignante de l’existence. Le cas connu est celui de Vincent Lambert, ce tétraplégique inconscient enfermé dans son corps artificiellement maintenu en vie depuis 2008 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims. Son expérience est exceptionnelle. Du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne à la cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en passant par le Conseil d’Etat, ses directives anticipées ont été validées. Mais il végète toujours car ces directives n’ont pas un caractère contraignant. Sa volonté ne s’impose pas, ni à sa mère, ni à la médecine qui n’agit pas. La loi de 2016 ne le libère toujours pas, comme celle de 2005 ne répondait pas au drame Humbert qui a suscité un débat national sur l’euthanasie alors que Vincent Humbert était devenu tétraplégique, aveugle et muet suite à un accident de la route en 2000 et que sa mère a finalement provoqué son décès en 2003… »

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“Du don d’organes “automatique” à la suppression du délai de réflexion sur l’IVG : quand la facilité ou l’efficacité prennent le pas sur l’éthique”

Atlantico, 14 avril 2015

Entretien avec Philippe Bataille, Damien Le Guay et Gilles Grangé

don organe

Le projet de loi santé voté à l’Assemblée nationale en 2015 prévoit la suppression du délai de réflexion pour les recours à l’IVG et la mise en place d’un consentement présumé pour les dons d’organes. Deux mesures prises dans un souci d’efficacité mais qui n’en soulèvent pas moins des questions éthiques complexes.

Extrait:

Philippe Bataille : “…L’incroyable dans cette affaire est qu’on ne saurait imaginer le contraire, et donc se passer du consentement d’une famille alors qu’il s’agit de procéder à un prélèvement d’organe de son proche. J’imagine mal qu’il en soit autrement encore aujourd’hui, ou du moins cela ne va pas sans soulever des problèmes éthiques. Il ya toujours eu un énorme travail d’entourage et d’accompagnement des proches du donateur par les équipes médicales et de soins de la greffe. J’imagine mal qu’il en soit autrement. Il est possible que la loi aide à mieux systématiser l’approche des familles, pour autant les équipes auront toujours à faire aux familles, du moins faut-il le souhaiter…”

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“Ce que le cas Angelina Jolie nous dit de la nette évolution des objectifs de la guerre contre le cancer”

Atlantico, 25 mars 2015

Par Philippe Bataille

Angélina Jolie Bataille

Les actions de lutte contre le cancer se répartissent en deux familles : la guerre globale d’une part, indifférenciée entre les personnes, et l’approche individuelle d’autre part, fondée notamment sur l’étude des prédispositions génétiques. Cette dernière voie est médiatisée par l’actrice Angelina Jolie, qui a récemment subi une ablation des ovaires et des trompes de Fallope.

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“Comment la psychose sur les (rares) effets secondaires des médicaments et vaccins génère des conséquences toxiques bien tangibles, elles”

Atlantico, 21 aout 2014

Entretien avec Philippe Bataille et Guy-André Pelouze

psychose effets secondaires

 

La clarithromycine, un antibiotique souvent prescrit pour traiter les angines ou les bronchites, serait susceptible d’augmenter le risque de décès par arrêt cardiaque, d’après une équipe de chercheur danois. Ces derniers ont eux-mêmes précisé que ce risque était extrêmement faible, mais trop tard, le mal est fait : la peur panique peut commencer…

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“Pourquoi les gens intelligents sont les pires patients pour les médecins”

Atlantico, 11 aout 2014

Entretien avec Philippe Bataille

Pourquoi les gens intelligents

Steve Jobs, célèbre fondateur d’Apple, diagnostiqué d’un cancer du pancréas, a pourtant refusé une opération chirurgicale qui aurait pu lui sauver la vie et a préféré se tourner vers la physiothérapie. Il ne serait pas le seul : les patients au capital culturel élevé seraient beaucoup plus enclins à refuser des soins. Il s’agirait pour eux d’une manière de se réapproprier leur existence et leur pouvoir de décision.

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Philippe Bataille : « Face à l’agonie, les principes moraux ne suffisent plus »

L’Humanité, 18 juin 2014

 


Euthanasie : « Ce faux-semblant ne peux plus tenir »

L’Obs, 31 août 2013

Entretien avec Philippe Bataille

euthanasie

Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS, a signé la pétition en soutien à Nicolas Bonnemaison, soupçonné d’euthanasie active sur huit patients. Interview.

Extrait :

L’Obs : Un médecin doit donc pouvoir délivrer la mort ?

Philippe Batalle : Oui. Seule la médecine en tant qu’institution est en capacité de le faire. Les études de l’INED montrent qu’il y a des tas de situations opaques. Ce faux-semblant ne peut plus tenir. La médecine s’est imposée l’interdiction de donner la mort, c’est elle-même qui a produit la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui. L’affaire Bonnemaison interroge en cela aussi : ce sont des situations où on n’a pas laissé la mort intervenir avant. Nicolas Bonnemaison se retrouve au bout de la chaîne d’une somme d’inconséquences, de surimplications de la médecine, qui créé cette fin de vie inextricable où le seul traitement offert pour l’instant est un plateau de l’agonie, en soins palliatifs, dans l’attente de la mort ou dans la suspension d’alimentation et d’hydratation pour la hâter. Et pour ce qui est de la sédation, un patient n’a pas forcément envie de partir « dans le potage ». Il faut envisager un geste létal. Mais depuis la loi Léonetti, c’est le même protocole qui s’applique, celui qui consiste à accompagner la mort sans impliquer ni engager l’identité médicale…

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« Les malades sont culpabilisés de vouloir hâter leur propre mort »

Le Monde, 19 septembre 2012

Entretien avec Philippe Bataille

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Dans son ouvrage « A la vie, à la mort. Euthanasie, le grand malentendu », le sociologue Philippe Bataille dénonce la dérive des soins palliatifs : selon lui, la demande d’en finir de certains patients est niée. C’est un texte coup de poing qui devrait secouer les médecins et soignants des soins palliatifs. Sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Philippe Bataille publie, mercredi 19 septembre, A la vie, à la mort. Euthanasie, le grand malentendu (Autrement, 128 pages, 12 euros). Ce récit est le fruit de plusieurs années d’observation dans une unité de soins palliatifs de la région parisienne.

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Dans cet ouvrage émaillé d’exemples poignants de patients en fin de vie, Philippe Bataille dénonce ce qu’il appelle le « palliativisme », soit le déni, par les médecins des soins palliatifs, de la demande de mort qui hante parfois leurs services. Alors que François Hollande a demandé au professeur Didier Sicard, ancien président du comité d’éthique, de réfléchir à la possibilité d’aller plus loin que le cadre législatif actuel, le sociologue souhaite replacer le débat sur le seul terrain qui vaille à ses yeux : celui du respect du consentement des patients, au nom du droit des malades à disposer d’eux-mêmes.

 

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On en parle dans les médias:

Libération, 10 octobre 2016), par Eric Favereau : Critique de l’ouvrage « Vivre et vaincre et cancer » à retrouver ici.

 

Retour sur les interventions de Richard Rechtman, directeur du LabEx Tepsis

Richard Rechtman, directeur du LabEx Tepsis, psychiatre et anthropologue, mène des recherches sur les processus de subjectivation sociaux par lesquels le sujet social ou politique se représente aujourd’hui sous les traits d’un sujet psychologique dont les tourments, les blessures, les souffrances participent de la définition contemporaine de l’humain dans les sociétés occidentales.

Retrouvez ici ses principales interventions dans les médias autour de la question des émotions, des comportements génocidaires et de celle des jeunes et de leur rapport à la drogue:

Les émotions

« Les émotions sont-elles intemporelles? »

France Inter, 30 janvier 2018

Invité : Richard Rechtmanémotions France inter.jpg

Les émotions sont-elles intemporelles ? Colère, joie, peur, dégoût, ressentiment, tristesse…. Exprime-t-on ses émotions de la même manière que nos ancêtres chasseurs cueilleurs, que les hommes et les femmes de l’Antiquité, du Moyen-Âge ou du 18ème siècle ? Richard est l’invité de l’émission Grand Bien vous fasse!, présentée par Ali Rebeihi.

Re-écouter l’intégralité de l’émission.


Génocides et génocidaires

«L’histoire contemporaine ne raconte plus seulement celle des vainqueurs mais des vaincus»

Le Temps, 27 novembre 2017

Entretien avec Richard RechtmanLe Temps Rechtman.jpg

Les syndromes post-traumatiques ou le harcèlement sont des notions récentes. A l’occasion d’une conférence au CHUV, le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman raconte l’émergence des souffrances psychiques dans la société, nouvel enjeu politique.

Extrait: « … A la fin du XIXe, la psychiatrie commence à reconnaître que les guerres ou certains accidents peuvent causer des traumatismes psychiques, mais à cette époque, les victimes sont considérées comme des êtres faibles, des simulateurs, au mieux des malades. C’est pourquoi, après la Grande Guerre, si les blessures physiques témoignent de ce que la guerre fait aux hommes, à l’instar des gueules cassées héroïsées pour leur sacrifice corporel, la reconnaissance ne s’étend pas aux esprits brisés. Le renversement s’opère avec la guerre du Vietnam et l’héroïsation des vétérans détruits par leur vécu. Ce renversement moral va permettre au traumatisme psychique de devenir l’expression d’un destin collectif, et pas seulement le drame d’une vie singulière… »

Re-lire l’intégralité de l’entretien.


« Il faudrait décréter l’anonymat obligatoire de tout auteur d’attentat »

Télérama, 25 juillet 2016

Entretien avec Richard Rechtmanrichard-rechtman Télérama.jpg

 

Terrorisme ou crime génocidaire ? Le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman revient sur le massacre de Nice. Et fustige l’attitude des politiques et des médias, qui nourrissent, selon lui, la stratégie de l’organisation Etat islamique.

Extrait: « … De Nice, on aura tout vu, et presque tout entendu, de la part des responsables politiques et de certains médias. Leurs voix se mêlent et s’emmêlent dans des tirades usées, des saillies souvent opportunistes et des polémiques trahissant, en creux, l’état d’une démocratie qui se cherche dans la souffrance, mais ne se trouve plus. Leurs regards semblent figés, entre traces de sang et chemin vers la présidentielle. Heureusement, la parole du psychiatre et anthropologue Richard Rechtman, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, nous permet de relever la tête. Pour jeter un autre regard sur la stratégie de Daech et changer notre vocabulaire quand on évoque ceux qui ont ensanglanté la France. Pourquoi ? Parce que le diagnostic sur la nature des crimes commis par l’organisation de l’Etat islamique est erroné, nous dit Rechtman ; parce que les réactions de nombreux médias et d’une partie de la classe politique sont exactement celles que pouvait espérer Daech ; et parce que ces deux erreurs conjuguées nous conduisent droit à l’échec. Or, derrière cet échec, se profile l’ombre du chaos… »

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“Retour sur les attentats de Nice”

France Inter, émission « l’invité du week-end », 17 juillet 2016

Invité : Richard Rechtmanreceuillement a Nice AFP.jpg

Richard Rechtman revient sur la réaction des français au lendemain de l’attentat.

Extraits:

« Il y a une transformation de ce qui est l’effroi en une réaction plus colérique ».

« Dire que nous vivons avec la peur c’est aller un peu loin, mais il va falloir savoir vivre avec la perte d’un certain sentiment de sécurité »

Le meilleur moyen de défense face à ces atrocités, le collectif :

« Le collectif est fondamental. […] Il faut se sentir solidaire de chacun. […] A travers la solidarité, c’est la vie qui est plus forte qu’eux ».

« Ce sont des génocidaires pas des terroristes. […] Ce qui compte ce n’est pas le symbole mais le nombre, il y a une pensée de la productivité horrible ».

Re-écouter l’intégralité de l’émission.


« La violence de l’organisation Etat islamique est génocidaire »

Le Monde des Idées, 27 novembre 2015

Article, par Richard RechtmanBertrand Guay : AFP.jpg

Etablir une frontière entre l’être pur et l’être impur qu’il faut froidement exécuter est le trait commun à tous les génocides, selon Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS.

Extrait: “…Mais ils ne gagneront pas ! Les génocidaires perdent toujours. Ils ne peuvent briser les liens qui unissent les hommes entre eux. Alors, justement, pour leur résister :

Cessons d’accuser nos banlieues qui produisent bien plus d’artisans, de cadres, d’employés, d’entrepreneurs, de policiers, de gendarmes, de militaires, de banquiers, d’hommes de loi, de médecins, d’infirmiers, d’assistants sociaux, de journalistes, d’intellectuels, d’universitaires et d’élus de la République que de djihadistes !

Cessons donc d’exiger des musulmans ordinaires, ceux qui composent aujourd’hui la mosaïque fertile de la citoyenneté française et européenne, qu’ils rendent des comptes au nom de ceux qui, précisément, veulent d’abord leur mort.

Arrêtons enfin de stigmatiser ceux qui fuient la mort et cherchent refuge dans nos pays au fallacieux prétexte qu’aujourd’hui des tueurs se seraient infiltrés parmi eux.

Craignons qu’un malveillant politicien français exige alors la fermeture définitive de notre école de la République au motif que, depuis un siècle, à l’instar des dirigeants khmers rouges, tous formés dans les universités françaises, bien des terroristes, des criminels de guerre et des dictateurs s’y sont infiltrés ou en ont bénéficié avant de devenir des tueurs.”

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“Génocide : la douloureuse question de définition”

LeMonde International, 15 avril 2015

Entretien avec Richard RechtmanGénocide la douloureuse question.png

Extrait : Identifier le crime

… Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS, psychiatre et anthropologue, en est convaincu. « Moins pour les victimes que pour l’histoire collective, précise-t-il. On ne juge pas l’Histoire au regard de l’intérêt immédiat des victimes. Sinon, comme le pensent certains, il faudrait se taire afin de ne pas rouvrir les blessures. Au Cambodge, la qualification de “génocide” souligne bien l’intentionnalité criminelle, qui va au-delà de l’élimination physique des opposants pour viser tout un peuple, le peuple dit “nouveau” dans le langage khmer rouge. Les Khmers rouges ont voulu tuer les hommes, les femmes, les enfants, mais aussi les morts en interdisant les rites funéraires ou en laissant les dépouilles à l’abandon – ce que l’on ne retrouve que dans les pratiques génocidaires. »

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« Un tel attentat renvoie à un sentiment d’impuissance épouvantable »

Le Quotidien du Médecin, 9 janvier 2015

Entretien avec Richard Rechtman

Interrogé au lendemain de l’attentat contre « Charlie Hebdo », le psychiatre et  anthropologue Richard Rechtman analyse l’impact de ces événements sur les esprits.

Re-lire l’intégralité de l’entretien.


Et retrouvez toutes les interventions de Richard Rechtman sur France culture ici.


Les jeunes & les drogues

 

“Drogues : ce qui attire les jeunes et leur répugne”

Ouest-France, 18 février 2016

Entretien avec Richard Rechtmandrogues-ce-qui-attire-les-jeunes-et-leur-repugne.jpg

Ils fument un joint en cachette, s’enivrent entre amis. Angoissent leurs parents. Le psychiatre Richard Rechtman s’inquiète pour un petit nombre d’ados en grand danger.

Extrait : 

Ouest-France : “En quoi l’adolescence est-elle une période propice pour une « rencontre » avec la drogue ?

R. Rechtman : Parce qu’on sort de l’enfance, marquée par une absence de liberté physique, par la nécessité de demander tout le temps l’autorisation des parents, des professeurs, etc. À l’adolescence, les jeunes éprouvent l’autonomie de leur corps, de leur pensée. Ils veulent profiter de cette liberté, par exemple sur le plan sexuel. Mais ils restent confrontés à des contraintes, des barrages : les décisions des parents, les règles sociales, la loi… Ils ne craignent pas la maladie, la déchéance physique ou la mort, trop abstraites. Ils ont besoin de prendre des risques pour tester leur invulnérabilité…”

Re-lire l’intégralité de l’entretien.


Drogues chez les jeunes :

“faire en sorte que dire ‘non’ devienne un acte héroïque”

20Minutes, 02 février 2016

Entretien avec Richard Rechtman20minutes drogues.jpg

« Pourquoi se drogue-t-on ? ». A l’occasion d’une rencontre de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) organisée sur ce thème, Richard Rechtman revient sur l’efficacité des messages de prévention chez les jeunes adultes.

Extrait :

20Minutes : « Quel est le message spécifique adressé aux jeunes prenant des drogues?

R. Rechtman : Les jeunes se pensent invulnérables et recherchent une invulnérabilité avec la drogue. Ainsi, la prévention axée sur les dangers des drogues, ou leurs effets à long terme, ne les atteint pas. Pour eux, qu’est-ce que cela signifie d’être malade dans vingt ans ? « Je m’en fous dans vingt ans, je ne serai pas malade, et de toute manière je ne serai pas comme mes parents », répondent-ils. Ce message sur le danger flatte au contraire leur sentiment d’invulnérabilité !… »

Re-lire l’intégralité de l’entretien.


On en parle dans les médias :

Richard Rechtman (2013), Les vivantes, Editions Léo Scheer

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Critique Télérama, 9 décembre 2013

Extrait : « Je ne crois pas à l’incommunicable », disait Charlotte Delbo, de retour d’Auschwitz. Médecin et anthropologue, fondateur et responsable à Paris d’un dispositif de consultations psychiatriques spécialisées pour réfugiés cambodgiens, Richard Rechtman a écrit Les Vivantes animé de la même conviction : des survivants au génocide perpétré par les Khmers rouges à l’encontre du peuple cambodgien, il est impensable de ne pas se mettre à l’écoute. La femme qui prend la parole, dans le roman Les Vivantes, fait partie de ceux-là, qui ont traversé les ténèbres et dont les mots s’emploient à raconter ce crime sidérant : la faim, la soif, les sévices. L’assassinat de masse et la déshumanisation systématique de l’individu….

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« Le genre présidentiel »

Ségolène Royal, Marine Le Pen, Christiane Taubira, Anne Hidalgo… Jamais les femmes n’ont été aussi présentes sur la scène politique française. Pourtant, la loi sur la parité n’a pas eu les effets attendus. Les médias, les politiques et les communicants continuent de véhiculer de nombreux stéréotypes. Pire : les clichés se renforcent lorsque l’« ordre genré » est contesté. Une candidate accède au second tour de l’élection présidentielle ? Une femme racisée se voit confier un ministère régalien ? Deux femmes s’affrontent pour la direction d’un parti politique ou d’une grande municipalité ? À chaque fois, les schémas sexistes, et parfois racistes, reviennent sous la plume des commentateurs. Évaluées sur leur physique, soupçonnées d’agir par « émotion » et hâtivement taxées d’incompétence, les femmes sont systématiquement rappelées à l’ordre.

La persistance de cet ordre genré s’accompagne d’une évolution : la restriction du périmètre du «privé» et de l’« intime ». Ce sont les affaires pénales de Strauss-Kahn qui ont rendu possible ce déplacement. Mais, dorénavant, comme l’ont montré les polémiques sur les relations de François Hollande avec Valérie Trierweiler et Julie Gayet, les comportements sexuels ou amoureux licites des personnalités politiques sont analysés comme le signe de leur capacité – ou non – à gouverner.

S’appuyant sur les productions médiatiques, sur des entretiens avec de nombreux journalistes et sur ses observations des campagnes électorales, l’auteure fait apparaître la dimension genrée des hiérarchies de pouvoir et explore la définition contemporaine de la « bonne masculinité » en politique.

Plus d’informations sur le livre ici.

Le genre presidentiel couv


Autour de la sortie de son livre Le genre présidentiel. Enquête sur l’ordre des sexes en politique (2017, Editions La Découverte), Frédérique Matonti s’exprime dans les médias. Retour sur ses interventions:

  Tribune : « Assemblée féminisée : la partie pas encore gagnée »,

par Frédérique Matonti

(Libération, 27 juin 2017)

Dépasser les 38% de femmes élues à l’Assemblée est un incontestable progrès. Mais il reste du chemin à faire au niveau des ministères comme dans l’hémicycle. Le choix d’un homme, François de Rugy, au perchoir le démontre encore…

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 « Sarkozy, on ne le crois jamais sincère »

(Arrêt sur image, 21 juillet 2017)

La présidence Sarkozy a démarré sur deux symboles involontaires : le Fouquet’s, et le yacht de Bolloré, sur lequel le nouveau président passe quelques jours avant l’investiture. Le président des riches ? On apprendra ensuite que Nicolas Sarkozy tentait, à cette époque, de reconquérir sa femme Cécilia Sarkozy. Vraie histoire de couple en difficultés, ou communication « genrée »? Philippe Ridet journaliste au Monde et Frédérique Matonti, sociologue auteur de l’ouvrage Le Genre présidentiel (Editions La Découverte) reviennent sur les débuts du président Sarkozy.

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  « Quel genre de politique ? »

(France culture, 8 avril 2017)

La loi sur la parité a incontestablement facilité l’accès des femmes à l’univers politique mais, au terme d’une longue enquête, la politiste Frédérique Matonti observe qu’elle a paradoxalement produit de très nombreux rappels à l’ordre des genres. Invitée par Sylvain Bourmeau dans l’émission La vie des idées, Frédérique Matonti analyse ce « moment politique », depuis les premières municipales paritaires de 2001 jusqu’au premier gouvernement strictement paritaire de 2012, en passant notamment par la candidature de Ségolène Royal en 2007 et l’affaire DSK de 2011. Elle ne rate pas non plus le cas singulier de Le Pen, l’une des deux seules femmes parmi les candidats à l’élection présidentielle de 2017.

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Retrouvez toutes les interventions de Frédérique Matonti sur France culture ici


  « Femmes et présidentielles ne font pas bon ménage »

(Public Sénat, 9 mars 2017)

Frédérique Matonti est l’invitée de l’émission Présidentielle 360.

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Présidentielle en France : pourquoi seulement 2 candidates? »

(France 24, 7 avril 2017)

Sur onze candidats à l’élection présidentielle en France, deux seulement sont des femmes : Marine Le Pen et Nathalie Arthaud. Pourquoi les femmes sont-elles toujours si minoritaires, alors que la classe politique est de plus en plus mixte ?

Pour Frédérique Matonti, les lois sur la parité ont paradoxalement réactivé des clichés sur les femmes politiques, qui restent soumises à un parcours d’obstacles pour atteindre le pouvoir. Mais la France est loin d’être une exception. Aujourd’hui dans le monde, seuls une vingtaine de pays sont dirigés par une femme…

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On en parle dans les médias:

 

 « Le retour du genre idéal » par Sonya Faure & Cécile Daumas

(Libération, 15 mars 2017)

Effet inattendu de la parité, la visibilité accrue des femmes en politique a provoqué une exacerbation des rôles traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes. Y a t’il un genre présidentiel? La sociologue Frédérique Matonti analyse les cas Hollande, Le Pen et Macron.

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« Le genre présidentiel »

(RCN-radio, 2 mai 2017)

Frédérique Matonti est l’invitée de l’émission Droit de parole.

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