6-7 décembre 2018

 Université Paris Descartes – Salle des Thèses – 45 rue des Saints Pères, Paris 6e

Organisé par Grégory Dufaud, Nicolas Henckes et Marianna Scarfone

Si le terme d’hygiène mentale circule dès le XIXe siècle, il s’impose dans le premier tiers du XXe siècle dans la plupart des pays européens et d’Amérique pour caractériser ce qui apparaît alors comme de nouvelles façons d’aborder les pratiques et les savoirs psychiatriques autant que leur mise en politique. A la fois mouvements de réforme sociale, creusets de recherches sur une série de problèmes relevant des sciences du psychisme ou de l’hérédité, et foyers d’innovations institutionnelles et pratiques, les mouvements d’hygiène sociale ont joué un rôle clef dans l’avènement de la modernité.

Cette conférence est le troisième d’une série d’événements destinés à éclairer pour la première fois dans sa diversité l’histoire de l’hygiène mentale dans l’aire européenne. Elle explorera au cours de trois sessions à la fois thématiques et géographiques les façons dont l’hygiène mentale s’est saisie d’une série d’objets dans différentes configurations nationales ainsi que le terreau spécifique qu’ont constitué pour ces mouvements les régimes politiques du milieu du XXe siècle.

 


 

Jeudi 6 décembre après-midi 

Des catégories spéciales pour l’hygiène mentale : enfants aliénés et aliénés criminels

14.00 – 14.30 : Julie Mazaleigue-Labaste (CNRS, Institut des Sciences Juridique et Philosophique de la Sorbonne, Paris) : La prophylaxie mentale des enfants dits « anormaux », entre assistance et discipline (circa 1880-circa 1920)

14.45 – 15.15 : Valentine Hoffbeck (Université de Strasbourg, SAGE) : De l’hygiène mentale à l’hygiène raciale : les recherches sur la transmission de l’arriération en France et en Allemagne (années 1930)

15.30 – 16.00 : Café

16.00 -16.30 : Véronique Fau-Vincenti (Musée de l’histoire vivante, Montreuil) : L’aliéné criminel : un aliéné qui a été interné trop tard 

16.45 – 17.30 : discussion générale (discutant à déterminer)

 

Vendredi 7 décembre matin

Acteurs et espaces de l’hygiène mentale : hypothèses de travail

10.00 – 10.30 : Chantal Marazia (Heinrich Heine Universität, Institut für Geschichte, Theorie und Ethik der Medizin, Düsseldorf) : La psychiatrie strasbourgeoise à l’heure allemande (1871-1918) : un précédent de l’hygiène mentale française ?

10.45 – 11.15 : Café

11.15 – 11.45 : Jean-Christophe Coffin (Université Paris 8, Centre Alexandre Koyré, Paris) : Une clinique de l’identité de genre dans les années 1960-1970 aux États-Unis peut-elle être considérée comme un dispositif de santé mentale ?

12.00 – 12.30 : Chris Millard (University of Sheffield, Department of History, Sheffield) : The Practice of British Mental Hygiene : Psychiatric Social Work 1929-1974

12.45 : discussion générale (discutant à déterminer)

 

Vendredi 7 décembre après-midi

L’hygiène mentale au prisme des régimes autoritaires

14.00 – 14.30 : Francesco Cassata (Università degli Studi di Genova, Dipartimento di Antichità, Filosofia, Storia, Genova) : Framing the Heredity of Mental Illness: Eugenics, Mental Hygiene and the Project of a Genetic National Center in Fascist Italy (1936-1943)

14.45 – 15.15 : Svetlana Kopalkova (Higher School of Economics, Saint Petersburg, Russia) : Mental Hygiene at the Start of the Soviet Union:  Psychiatry in an Ideal World

15.30 – 16.00 : Café

16.00 – 16.30 : Ricardo Campos (CSIC, Centro de Ciencias Humanas y Sociales, Departamento de Historia de la Ciencia, Madrid) : Hygiène mentale et politique en Espagne. Entre les réformes républicaines et la dictature franquiste (1931-1960). Ruptures et continuités

16.45 – 17.30 : discussion générale introduite par Benoît Majerus (Université du Luxembourg)