Journée d’étude

1er février 2018

Salle de réunion du CERMES3 – Campus CNRS

7 rue Guy Môquet

94800 Cedex

 

Journée organisée par: Grégory Dufaud (iep Lyon-larhra) et Nicolas Henckes (cnrs-cermes3)

Si le terme d’hygiène mentale circule dès le XIXe siècle il s’impose dans le premier tiers du XXe siècle dans la plupart des pays européens et d’Amérique pour caractériser ce qui apparaît alors comme de nouvelles façons d’aborder les pratiques et les savoirs psychiatriques autant que leur mise en politique. L’hygiène mentale est d’abord un projet de réforme, basé sur la promotion de formes alternatives d’assistance psychiatrique et de pratiques de prévention dans le champ de la santé mentale. Ce double objectif s’incarne dans des structures psychiatriques inédites, créées par des psychiatres réformateurs. Ainsi, en 1908, le psychiatre Gustav Kolb fonde, en Bavière, un service libre afin d’aider les malades à réintégrer la société. Le service libre est pensé comme un complément de l’asile : les soins hors les murs visent à prolonger le traitement reçu par les malades mentaux pendant leur internement. Mais l’hygiène mentale ne s’intéresse pas exclusivement aux pratiques psychiatriques ; elle est aussi un projet d’organisation scientifique des sociétés dont l’origine a diverses sources intellectuelles. En France, la promotion de la prophylaxie mentale par Édouard Toulouse s’inscrit dans un programme plus large de biocratie, qui veut incarner le gouvernement par les sciences. Sa pensée est inspirée par, d’un côté, la philosophie positiviste et évolutionniste et, de l’autre, l’idéologie républicaine. Plus largement l’essor de l’hygiène mentale reflète la montée dans les sociétés européennes d’utopies scientifiques et politiques puisant autant dans les idéaux de réforme sociale que dans les idéologies totalitaires.

L’historiographie de l’hygiène mentale s’est jusqu’à présent surtout concentrée sur les États-Unis où elle a étudié la structuration de l’hygiène mentale et l’œuvre d’Adolf Meyer. En Europe, les recherches, en plus d’être fragmentaires, concernent principalement les pays d’Europe occidentale, politiquement stables et relativement avancés sur le plan sanitaire. Elles permettent néanmoins d’observer deux éléments fondamentaux : la simultanéité de son émergence en divers lieux au début du xxe siècle et la grande variété de ses formes d’un endroit à un autre. De sorte qu’il paraît difficile de parler d’un courant unique, même si des mouvements internationaux existent, dont l’objectif est de promouvoir des modes de faire et de penser.

Cette journée d’étude, qui fait suite à un premier symposium organisé dans le cadre de la conférence de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques en avril 2017, rassemble des travaux francophones sur la France et les pays voisins.

Lire le programme complet de la journée

L’entrée est libre mais en raison des mesures de sécurité en vigueur l’inscription est nécessaire pour pouvoir accéder aux locaux (nicolas.henckes@cnrs.fr)