Porteur du projet: Cyril Lemieux

mai 2017 – mai 2020

Nombre d’acteurs et de chercheurs en sciences sociales s’accordent à voir dans la montée en puissance de la figure de la victime un trait majeur des sociétés contemporaines. « Victimisation » est le terme qu’ils donnent parfois à ce phénomène, souvent pour le décrier. Dans cet atelier de recherche international, nous souhaitons au contraire l’analyser sans préjuger de sa valeur. Ainsi considérée, la « victimisation » ne doit pas être cantonnée au statut de fait moral : elle n’est pas seulement une modalité, de plus en plus courante, qui s’offre aux individus et aux groupes pour interpréter les malheurs qui les frappent. Il faut y voir également, et indissociablement, un phénomène politique ou plus exactement, un mécanisme de politisation et, dans bien des cas, de remise en cause de l’ordre institutionnel. L’enjeu est d’expliquer comment se développe ce mécanisme particulier de politisation, pourquoi il est en passe de devenir central dans des contextes politico-institutionnels où, il y a quelques décennies encore, il était inexistant, quelles limites pratiques il rencontre et, finalement, quels effets il a sur le fonctionnement de l’Etat et la conduite des politiques publiques.

La méthode est comparative. Elle passe par la confrontation, établie à partir d’enquêtes empiriques, des processus contemporains de victimisation dans trois pays dont l’organisation politique et la culture instuitutionnelle diffèrent nettement : l’Argentine, les Etats-Unis et la France. Les études de cas sont puisées dans des domaines très divers : les catastrophes naturelles, les risques environnementaux, les violences policières, la gestion de la pauvreté, la mémoire de persécutions ou de crimes d’Etat passés… Les chercheurs impliqués appartiennent à différentes universités argentines et étatsuniennes, ainsi qu’au Centre d’études nord-américaines et au Laboratoire interdisciplinaires d’études sur les réflexivités de l’EHESS.

Agenda

Workshop international

« Le pouvoir des victimes. Une étude comparative sur les processus de mobilisation des groupes de victimes et sur leurs limites (Argentine, Etats-Unis, France) »

 

blame rapists

Du 8 au 10 novembre 2017 à l’EHESS

105 boulevard Raspail 75006 Paris

Participants: Yannick Barthe (LIER-IMM), Fanny Charrasse (LIER-IMM), Edouard Gardella (LIER-IMM), Thomas Grillot (CENA-MA), Romain Huret (CENA-MA), Sara Le Menestrel (CENA-MA), Cyril Lemieux (LIER-IMM), Cédric Moreau de Bellaing (LIER-IMM), Pierre Nocerino (LIER-IMM), Sebastián Pereyra (Universidad Nacional de San Martín / Buenos Aires), María Victoria Pita (Conicet/ Buenos Aires), Carolina Schillagi (Universidad Nacional de General Sarmiento / Buenos Aires), Diego Zenobi (CONICET/ Buenos Aires).