« Où sont passés les soixante-huitards? »

A l’occasion de l’anniversaire des évènements de mai 68, et après la publication de son livre « Mai 68: un pavé dans leur histoire. Évènements et socialisation politique » (2004, Presses de Sciences-Po), Julie Pagis, chargée de recherche IRIS/EHESS est interrogée par Hervé Gardette dans l’émission Politique! sur France culture.


Julie Pagis (2014), Mai 68: un pavé dans leur histoire. Évènements et socialisation politique, Presses de Sciences-Po

Julie Pagis Mai 68


50 ans après, que sont devenus les acteurs de Mai 68 ? Au-delà des itinéraires très médiatiques de Daniel Cohn-Bendit, Serge July ou Romain Goupil, quel héritage politique, social, intellectuel laisse cette génération ?

Pourquoi revenir sur Mai 68, 50 ans après ?

Justement, parce que cela fera 50 ans, au printemps, que cet événement a eu lieu, et qu’une étrange coutume veut que l’on s’y repenche tous les 10 ans. Les témoins directs sont toujours vivants. Ils sont septuagénaires, l’âge d’être à la retraite (et beaucoup le sont).

On peut d’ailleurs considérer que le profond renouvellement (et rajeunissement) politique observé l’an dernier, à la faveur de la présidentielle et des législatives, aura été un passage de témoin d’une génération à une autre : de celle des soixante-huitards à celle de leurs enfants.

Mais pour quitter le pouvoir, encore faut-il l’avoir exercé. Cette « génération 68″ a-t-elle vraiment monopolisé les postes politiques, économiques, médiatiques, au prix du reniement de ses idéaux ?

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« L’écologie politique française dans la tourmente? »

Retour sur les interventions de Vanessa Jérome, post-doc EHESS (LabEx TEPSIS)


La campagne présidentielle de 2017

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  • 16 Janvier 2017 et 20 février 2017

Invitée par Sonia Mabrouk dans l’émission « On va plus loin » sur Public Sénat, Vanessa Jérome décrypte la campagne présidentielle.

Re-voir l’intégralité de l’émission du 16 Janvier: « Mais où sont les militants? »

Re-voir l’intégralité de l’émission du 20 février: « Gauche: l’impossible unité? »

  • 24 octobre 2016 : « Primaire : coup de jeune ou dénaturalisation de la présidentielle ? » 

Entre l’éviction dès le premier tour de la primaire écologiste de Cécile Duflot, et l’attrait des sympathisants de gauche pour le vote Juppé à la primaire de la droite, une certitude : les primaires de cette présidentielle 2017 rebattent les cartes. Vanessa Jérome intervient dans l’émission Débat du Jour sur RFI.

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  • A lire également, les interventions de Vanessa Jérome dans la presse écrite :

« 2017 : la mission impossible de Nicolas Hulot ? », The Conversation, 7 juillet 2016


Les Primaires d’Europe Ecologie – Les Verts

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  • 20 octobre 2016 : « Cécile Duflot est apparue déconnectée du terrain »

Invitée sur Mediapart Live, Vanessa Jérome est interrogée sur la défaite de l’ancienne ministre du logement à la primaire d’Europe Ecologie – Les Verts.

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  •  A lire également, les interventions de Vanessa Jérome dans la presse écrite :

« Cécile Duflot éliminée à la primaire : elle s’est peut-être trompée d’élection ? », Le Plus Nouvel Obs, 22 octobre 2016

« EELV : les primaires sont le signe de la présidentialisation », entretien avec Lénaïg Bredoux, Mediapart, 6 octobre 2016

« La primaire d’EELV : le reset de l’écologie politique française ? », The Conversation, 10 novembre 2016


L’affaire Denis Baupin

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  • 24 juin 2016 : « Affaire Denis Baupin. Omerta chez les Verts »

Le député EELV Denis Baupin a-t-il basculé dans le harcèlement sexuel à mesure que son pouvoir augmentait au sein du parti ? Interrogée par Rola Tarsissi pour l’émission Complément d’enquête (France2), Vanessa Jérome revient sur ses observations de terrain à EELV.

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  • 9 mai 2016 : « La bonne manière de dénoncer les violences? Il n’y en a pas. »

Que dire sur le harcèlement sexuel dans le milieu politique ? Quand le dire ? Faut-il donner des détails ou non ? Faut-il ou non donner les noms des harceleurs ? Lorsqu’on est soi-même journaliste et harcelée, faut-il signer de son nom des tribunes de protestation ? Vanessa Jérome s’interroge dans l’émission Arrêt sur images (présentée par Daniel Schneidermann)

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  • 12 mai 2016 : « Harcèlement sexuel : l’omerta institutionnelle ? » 

Pourquoi les victimes de harcèlement ont-elles du mal à en parler et à être entendues ? Vanessa Jérome est l’invitée des Matins France Culture. 

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  • A lire également, les interventions de Vanessa Jérome dans la presse écrite :

« Les Verts face à l’affaire Denis Baupin : féminisme, sexisme et loyauté », The Conversation, 9 juin 2016

« Denis Baupin accusé de harcèlement sexuel : pourquoi la direction n’a rien fait ? », entretien avec Claire Hache, L’Express, 9 mai 2016

« Qui a tué les verriers de givors? »

A l’occasion de la sortie de son livre, Pascal Marichalar, chargé de recherche CNRS, est l’invité de Frédéric Llop au journal télévisé France 3 Auvergne Rhônes Alpes le jeudi 12 Janvier 2018.


Pascal Marichalar (2017), « Qui a tué les verriers de givors? Une enquête de sciences sociales« , Editions La Découverte


Pascal Marichalar est historien et sociologue. Il s’est passionné pour l’histoire de ces maitres-verriers de Givors qui continuent des années après la fermeture de leur usine, à mourir de cancers notamment de leucémies. Son livre-enquête, sorti à l’automne dernier aux Editions la Découverte, raconte le combat de ces ouvriers ou de leurs familles pour faire reconnaître leurs cancers en maladies professionnelles.  Pascal Marichalar a raconté avec beaucoup d’émotion cette expérience. Il a également élargi son propos dénonçant « l’indifférence de la négligence », ce système qui « lorsque les maladies professionnelles apparaissent, il y a comme une sorte d’acceptation ».

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Internet, raison et sentiments

A l’occasion de la semaine spéciale « Émotion, émotions », La Grande Table (France culture) reçoit Dominique Cardon, chercheur EHESS (CEMS).

Le web – et notamment via les réseaux sociaux – est devenu un espace majeur pour le partage des émotions. Les sentiments vécus lors de chaque événement, collectif ou privé, trouve un terrain d’expression sur le net. Mieux, si le partage de nos émotions est un élément fondamental de la vie sociale, le moyen numérique permettrait encore plus au groupe de bénéficier d’une expérience particulière. L’expression des émotions semble être néanmoins exacerbée dans cette relation dématérialisée. On constate en effet que l’émergence d’Internet modifie la définition sociale des émotions. Que devient notre vie émotionnelle dans un environnement qui exclut toute présence physique ? Quelles nouvelles formes d’échanges émotionnels Internet crée-t-il ? On en parle avec le sociologue Dominique Cardon.

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« La critique des médias ne nécessite pas d’instance »

L’interview de Dominique Cardon (chercheur Telecom Paris Tech) par Thibaut Sardier dans Libération.

Pour le sociologue, inutile de créer un conseil déontologique: la fiabilité de l’information passe par la diversité des supports et par leur capacité à se critiquer mutuellement.

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« Pas nés sous la même étoile… »

 

Johanna Siméant, professeure des universités (ENS/CESSP) publie, accompagnée d’autres universitaires, une tribune dans Libération appelant à la révision de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.

La réforme de l’accès à l’enseignement supérieur entend conditionner à des « attendus » l’entrée des étudiants dans chaque filière. Officiellement, il s’agi de lutter contre l’échec à la fac. En réalité, le « plan étudiants » du gouvernement n’est qu’une vaste machine à trier.

Les paroles du groupe de rap IAM n’ont jamais sonné plus juste, à la veille d’une réforme annoncée – mais pas encore votée ! – touchant l’accès à l’université : «Pas nés sous la même étoile…» Le gouvernement entend instaurer des «attendus» nationaux et locaux – le flou n’étant pas le moindre des défauts de cette réforme – afin de «mieux orienter» les lycéens dans le choix de leurs études à l’université. Des millions de vœux seraient ainsi examinés, voire en partie automatisés. Selon quels critères? types de bac? de lycée? notes de première et terminale? voire du brevet des collèges? Les idées ne manquent pas! Tout cela donnerait lieu à un classement aboutissant in fine à une inscription dans la filière de leurs choix pour les «meilleurs bacheliers» que l’on commence à appeler les «bacheliers étoiles», et là où il reste de la place pour les autres. On ne le sait que trop : les inégalités scolaires s’enracinent largement dans des inégalités sociales (ce que les Anglo-Saxons nomment «an accident of birth») et accéder aux diplômes du supérieur, c’est se donner plus de chances d’éviter le chômage, les jobs mal payés, les statuts précaires… Bref, le système scolaire reste l’un des piliers de la reproduction sociale, certes, mais les efforts de démocratisation scolaire ont aussi aidé la mobilité sociale ascendante des classes populaires stabilisées et des (petites) classes moyennes, et cela, on le dit moins.

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Didier Fassin et des vraies vies

France inter, lundi 8 Janvier 2018

Didier Fassin, anthropologue, directeur de recherche CNRS/EHESS est l’invité de Laure Adler dans « L’Heure bleue »

Penser et agir de telle sorte que puisse s’inventer un nouveau mode d’emploi pour une vie plus juste : telle est la tâche à laquelle Didier Fassin s’attache. Pour ce faire il s’appuie sur ses propres enquêtes de terrain, à travers le monde, comme sur son savoir et sa pratique médicale ou encore sur ses lectures, philosophiques et littéraires. Il est l’invité de l’Heure Bleue pour présenter ses deux livres « La vie : mode d’emploi critique« , et « L’ombre du monde : une anthropologie de la condition carcérale suivi de Portrait de l’ethnographe en critique » parus aux Editions du Seuil.

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Au Congo, une violence sans nombres

 

Le Monde, 5 Janvier 2018

Michel Naepels, anthropologue, Directeur de recherches CNRS/EHESS

RÉSONANCES. La guerre qui ravage l’Est du pays a-t-elle fait des centaines de milliers, ou des millions de morts ? Cette incertitude révèle, pour Michel Naepels, la mauvaise qualité des données statistiques sur le continent Africain.

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En Europe centrale, les démons du passé

L’historien Roman Krakovsky vient de publier L’Europe centrale et orientale de 1918 à nos jours aux éditions Armand Colin (2017). Il revient dans cette tribune sur la récente « marche de l’Indépendance » en Pologne et plus généralement sur l’arrière-fond historique de la poussée « illibérale » et populiste en Pologne, en Hongrie et en République tchèque.

 

Le 11 novembre à Varsovie, le monde découvre, stupéfait, une extrême-droite polonaise – et européenne – décomplexée et fière de l’être. Cet événement symbolique permet-il de mieux comprendre ce qui se passe actuellement en Pologne et ailleurs en Europe centrale et orientale ?

Les paradoxes

Au premier abord, les slogans qu’arborent les banderoles des manifestants véhiculent un message paradoxal.

La célébration d’une extrême-droite aux couleurs nationales, à travers les symboles fascistes des années 1930 et les uniformes militaires des résistants polonais anti-communistes de la Seconde Guerre mondiale, semble incompréhensible. Car c’est cette même extrême-droite qui a grandement contribué à l’instabilité politique du pays dans l’entre-deux-guerres. Car le nazisme, son grand frère, a causé au pays des dommages matériels et humains sans commune mesure avec ceux qui affectent le reste de l’Europe. Lorsqu’on se rappelle que près d’un Polonais sur cinq n’a pas survécu à la guerre (contre un sur 77 pour la France par exemple) et que le pays, exploité de manière prédatrice par Berlin, s’est retrouvé en 1945 à un niveau préindustriel, le reset de la mémoire collective que la Pologne est en train de faire actuellement est difficile à comprendre.

« Comment parvient-on à faire des musulmans, un groupe quasi inexistant une menace pour la survie de la nation ? »

À en croire ces bannières figurant un réfugié musulman niché dans un cheval de Troie aux portes de l’Europe ou les slogans comme « Pas de Pologne islamiste, pas de Pologne laïque, mais une Pologne catholique », le pays serait envahi par les musulmans qui mettent en cause l’identité (chrétienne) de la nation. Or le nombre de musulmans dans le pays est insignifiant : 20 000 sur 38 millions d’habitants selon le dernier recensement, soit 0,1 % de la population du pays. Comment parvient-on à faire d’un groupe quasi inexistant une menace pour la survie de la nation ?

Enfin, les étendards comme « On veut gouverner notre pays nous-mêmes et pas se faire gouverner par l’UE » laissent entendre que la Pologne serait inféodée aux puissances étrangères. Or c’est justement l’entrée dans l’UE qui a signifié pour la Pologne – comme pour les autres pays de la région – un spectaculaire bond en avant et une libération par la prospérité. En 2017, le pays enregistre une croissance soutenue (4,2 %) et un chômage le plus bas depuis 25 ans (4,7 %). C’est l’Europe qui a permis à la Pologne de s’affirmer pleinement et de devenir un des piliers politiques et économiques du continent, avec ses 38 millions d’habitants et sa parité de pouvoir d’achat qui la place à l’honorable 25e place du classement mondial. L’élection de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen est un symbole de la reconnaissance de cette place de la Pologne parmi les grands. Pourquoi alors les Polonais considèrent-ils aujourd’hui l’UE avec autant de mépris et de méfiance ?

Le pouvoir des émotions

Un des moyens pour mieux déchiffrer ce qui se passe actuellement en Pologne – et plus généralement dans la région, car la situation est similaire en Slovaquie, en République tchèque ou en Hongrie – est de prendre au sérieux les émotions qui s’expriment à travers cette manifestation et d’essayer de saisir ce qui s’exprime à travers elles. Car l’émotionnel est un moyen de saisir le politique au même titre que le rationnel, comme le rappelait déjà en 1920 l’écrivain yougoslave Ivo Andrić dans sa Lettre. Au sujet de la cohabitation conflictuelle des ethnies qui composaient ce qui s’appelait alors le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, il observe que la « haine, tout comme la colère, joue un rôle dans le développement de la société, car la haine donne la force et la colère pousse à l’action. Il est de vieilles injustices et des abus profondément enracinés que seuls les débordements de la haine et de la colère peuvent arracher et balayer ».

« La mobilisation des émotions est particulièrement bienvenue en périodes de crise et de remise en cause des identités collectives comme celle que l’Europe centrale et orientale traverse actuellement. »

Les émotions sont en effet de puissants facteurs de mobilisation et de cohésion sociale. Elles agissent comme une « colle » qui relie les uns aux autres et donne ainsi le sentiment d’appartenir à la même « communauté du ressentiment ». La mobilisation des émotions est particulièrement bienvenue en périodes de crise et de remise en cause des identités collectives comme celle que l’Europe centrale et orientale traverse actuellement.

Sous cet angle, la manifestation du 11 novembre révèle la peur et la colère distillées dans la société polonaise. La peur de perdre les acquis du passé dans un monde globalisé (qu’il s’agisse des acquis matériels ou spirituels voire identitaires) et la colère qui permet à ceux qui ont peur de perdre ces acquis – ou qui les ont effectivement perdus – de descendre dans la rue pour mieux les conserver ou les reconquérir. Au passage, prendre ainsi son destin en mains contribue à reconstruire une image positive de soi.

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Et si Google était un service public ?

Sud Ouest, 16 octobre 2017

Michel Villette, Enseignant chercheur en sociologie

La Commission européenne et plusieurs gouvernements européens, dont le gouvernement français, se sont mis en tête de faire payer des impôts à Google.

On ne peut qu’approuver l’idée selon laquelle les multinationales – toutes spécialités confondues – devraient payer des impôts comme toutes les autres entreprises. On peut même se demander ce qui se serait passé si elles avaient payé leur part d’impôts depuis trente ou quarante ans.

Lire l’intégralité de l’article