Nos chercheurs dans les médias

Sylvain Piron : « Le culte de la croissance est une disposition religieuse »

Le Comptoir, 18 octobre 2018

Avec Sylvain Piron, directeur d’études

« Plus généralement, si l’on veut réfléchir à la formation des institutions politiques occidentales ou à l’origine du courant d’innovations techniques qui a constitué le terreau de la révolution industrielle, il faut dépasser l’illusion d’un surgissement moderne, au XVIe, XVIIe ou XVIIIe siècles, pour prendre en considération l’ensemble du second millénaire de l’ère chrétienne. On peut alors observer une dynamique de longue durée, certes scandée par des transformations profondes, mais qui conserve une unité d’inspiration et d’orientation, tournée vers ce que j’appelle la pleine occupation du monde. Quant à saisir ce qu’il en reste, il faut moins se situer sur le plan des continuités apparentes que sur celui des résurgences inconscientes. »

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Marwan Mohammed: « le mot ‘communautarisme’ sert à stigmatiser »

Melting Book, 16 octobre 2018

Avec Marwan Mohammed, chargé de recherche CNRS

« On a essayé de questionner le terme, son histoire, ses usages pour savoir si, in fine, les sciences sociales doivent le garder ou pas.

Le problème de cette notion, extrêmement polémique, est qu’elle est utilisée sans être définie. Fabrice Dhume-Sonzogni et Stéphane Dufoix dans leur travail sur l’histoire du terme prouvent qu’il n’a jamais été défini d’une manière scientifique, il est rapidement devenu un terme polémique au début visait plusieurs groupes.

Il s’est progressivement concentré, pour ne cibler par les temps qui courent, quasi exclusivement des groupes minoritaires…des minorités post-colonial, les musulmans, les Arabes, les Noirs. Si l’on prend les catégories génériques et que donc, c’est au fond devenu un mot matraque, qui sert à une forme de répression politique dans l’espace public. »

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Légalisation du cannabis : comment est perçu le Canada à l’étranger ?

Radio Canada, 17 octobre 2018

Avec Marie Jauffret-Roustide, chargée de recherche Inserm

« Marie Jauffret-Roustide (…) souligne que la légalisation du cannabis récréatif au Canada fait beaucoup parler à l’étranger et particulièrement en France. »

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Les classes cultivées ont brisé le rêve américain

Slate, 16 octobre 2018

Par Monique Dagnaud, directrice de recherche CNRS

« Tout le monde a le sentiment que la réussite scolaire est socialement biaisée, en France comme dans beaucoup d’autres pays. Mais aux États-Unis, la grâce rendue à la compétition universitaire constitue le pendant de la vénération envers la société de marché et les jeux de concurrence. »

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L’ONU face au conflit pour le contrôle du Sahara occidental

RT France, 15 octobre 2018

Avec Pierre Vermeren, professeur des universités

« Entretien du 15/10/2018 avec Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine Paris-Sorbonne. Pour RT France, il revient sur la situation conflictuelle autour du contrôle du Sahara occidental, revendiqué à la fois par le Maroc et le Front Polisario. »

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La nuit tous les sangs sont noirs – sur Frère d’âme de David Diop

AOC Media, 16 octobre 2018

Par Pierre-Henri Castel, directeur de recherche

« Dans Frère d’âme, David Diop livre le flux de conscience d’Alfa, tirailleur sénégalais lisant dans la Grande Guerre tous ces signes cachés aux Blancs qui l’entourent et renforçant ainsi le sentiment d’effraction psychique impensable qu’elle a bien dû être pour tous. Car, pas plus que la sienne, parfaitement « magique », notre vision « tragique » des événements ne parvient à mesurer le Mal absolu. Un roman rare, philosophiquement composé. »

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Gisèle Sapiro : « Il y a une repolitisation de la littérature française face à la montée des populismes »

L’humanité, 12 octobre 2018

Avec Gisèle Sapiro, directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS

« Sociologue, directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’Ehess, Gisèle Sapiro publie les Écrivains et la politique en France (Seuil). De l’affaire Dreyfus à la guerre d’Algérie, elle étudie l’engagement des intellectuels, à droite comme à gauche. Elle a participé à l’université populaire à l’agora de la Fête de l’Humanité. »

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Espérance de vie : « Il n’y a pas de tendance à la baisse dans les pays développés »

Usbek & Rica, 12 octobre 2018

Avec Jean-Marie Robine, directeur de recherche Inserm et directeur d’études cumulant EPHE

« De mon point de vue, il n’y a aucune tendance particulière à la baisse de l’espérance de vie dans les pays développés. Il y a, par contre, un cas particulier qui est celui des Etats-Unis, où on observe depuis quelques temps un excès de mortalité chez des populations assez jeunes, à cause de la prise d’opiacés. »

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Raison et déraison de l’économie (4/4). Le pouvoir des affects

France Culture, 11 octobre 2018

Avec Frédéric Lordon, directeur de recherche CNRS

« On l’a vu cette semaine, l’économie s’intéresse depuis peu aux passions des individus. Au risque de laisser de côté les structures ? Pour Frédéric Lordon, c’est parce qu’ils ont été affectés dans et par les institutions sociales que les individus désirent se comporter comme ils se comportent. »

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« Nous assistons en direct à la fascisation du Brésil »

BastaMag, 10 octobre 2018

Avec Maud Chirio, maître de Conférences à l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée

« Où va le Brésil ? 50 millions d’électeurs y ont soutenu, au premier tour, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrivé largement en tête avec 46 % des voix, dans le cadre d’une campagne marquée par sa violence verbale et la diffusion massive de fausses informations. « Ce n’est pas seulement un vote lié à la désinformation, ni uniquement un vote de colère et de rejet, c’est aussi un vote d’adhésion à un discours ultra-conservateur qui vise à rétablir les hiérarchies sociales », analyse l’historienne Maud Chirio, spécialiste du Brésil, qui entrevoit un avenir sombre pour le pays et les 97 millions de Brésiliens qui n’ont pas voté pour l’extrême-droite. »

 

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La guerre, notre héritage (1/4). Le partisan, ce héros soviétique ambivalent

France culture, 8 octobre 2018

Avec Masha Cerovic, maître de conférence

« Pour ouvrir cette semaine consacrée aux héritages de la guerre, Emmanuel Laurentin s’entretient avec l’historienne Masha Cerovic, lauréate du Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois 2018 pour son essai Les Enfants de Staline. La guerre des partisans soviétiques – 1941-1944 (Seuil, 2018). »

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Maud Chirio « Jair Bolsonaro est un phénomène fasciste »

L’Humanité, 5 octobre 2018

Par Maud Chirio, maître de Conférences à l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée

« Spécialiste de l’histoire contemporaine du Brésil, Maud Chirio décortique les origines de l’ascension politique du candidat de l’extrême droite. La chercheuse parle d’un vote de rejet et d’adhésion. »

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La Nouvelle-Calédonie : « Une colonisation pas comme les autres »

L’Histoire, octobre 2018

Avec Michel Naepels, directeur d’études EHESS

« Lorsque Napoléon III prend possession de la Nouvelle-Calédonie le 24 septembre 1853 – c’est-à-dire lorsque le contre-amiral Auguste Febvrier-Despointes y proclame la souveraineté française -, il n’a pas de projet colonial fort. Il le fait à la demande des missionnaires catholiques et des marins français pour assurer leur présence dans une zone du Pacifique dominée par les Britanniques, déjà établis en Australie et en Nouvelle-Zélande. »

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La Grande H : une histoire populaire de la France – Gérard Noiriel

La Grande H, 3 octobre 2018

Avec Gérard Noiriel, directeur d’études EHESS

« Une « histoire populaire », explique Gérard Noiriel, ça n’est pas seulement une histoire qui adopte le point de vue de ceux d’en bas. C’est plus largement l’histoire générale des relations de domination entre, d’un côté, les différentes groupes qui représentent les élites, et de l’autre les classes « populaires ». À la lumière de son travail d’historien de la société française, Gérard Noiriel aborde notamment les difficultés récentes de la gauche. Il revient en particulier sur la façon dont une partie des élites politiques s’efforce, depuis la fin du XIXe siècle en réalité, de substituer les questions identitaires et « raciales » à la question sociale. »

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« L’État « public-privé » »

AOC Media, 13 septembre 2018

Par Antoine Vauchez, directeur de recherche CNRS

« Adoptée le 1er août, la loi « Avenir professionnel » incite les hauts fonctionnaires à exercer dans le secteur privé et révèle, du même coup, la transformation profonde du sens que l’exécutif donne à l’État. Le privé aide-t-il le public à honorer ses engagements ? Rend-il les hauts fonctionnaires meilleurs ? La loi « Avenir professionnel » est-elle la première étape d’un changement de cap qui n’augure rien de bon ? »

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Franck Venaille, hommage à un poète meurtri

Le Monde, 31 août 2018

Par Michel Naepels, directeur d’études (EHESS), directeur de recherche (CNRS)

« Comment dire sa tristesse et son admiration ? Franck Venaille est mort. Eric Loret a rappelé son cheminement biographique et poétique : « Franck Venaille, Prix Goncourt de la poésie 2017, est mort » (Lemonde.fr du 24 août). Un motif fondateur de son œuvre, sur la possibilité d’un retour à la vie après la guerre, me touche particulièrement parce qu’il résonne avec les recherches que je mène sur les suites subjectives et sociales de la violence : « Etait-il possible à un homme revenu de guerre / couvert de blessures de guerre d’apprendre, / de nouveau, à actionner sa pensée non dans l’espoir de je ne sais / quelle victoire militaire / mais pour la vie réelle ? » (Chaos, Mercure de France, 2007, p. 54-55). Et Venaille n’a pas cessé de ne pas se remettre de la guerre, de sa défaite, comme aussi de son enfance. »

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« Macron donne une nouvelle vigueur à l’ultra-gauche »

L’Obs, 28 octobre 2017

Par Isabelle Sommier, Professeure de sociologie à l’université Paris 1-Panthéon Sorbonne

« Cela fait plusieurs années qu’on assiste à des actions, des voitures brûlées, des sabotages, qui sont probablement le fait de groupes libertaires autonomes plus ou moins informels. Si vous regardez des sites comme « brèves du désordre » ou « attaques »,  sous des rubriques appelées « guerre sociale », vous verrez que des militants font écho d’actions souvent non revendiquées mais qu’ils semblent endosser puisqu’ils s’en font les porte-paroles. Ce sont des actions contre des sièges de partis politiques, contre des voitures d’Ennedis, une filiale d’EDF. Tout ça remonte au moins à 2007. »

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« Comment étudier les génocides?

L’Histoire, 4 mars 2018

Entretien avec Vincent Duclert, historien, professeur agrégé (EHESS/Sciences-Po)

 

« La Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse est née d’une volonté ministérielle, celle de la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, qui, par sa lettre du 30 mai 2016 adressée au chercheur (à l’EHESS) et à l’inspecteur général que je suis, a prescrit une enquête globale sur l’état des connaissances en France relatives aux faits d’extermination et de destruction humaines. Aux génocides et aux crimes de masse, la lettre de mission ajoutait également les violences extrêmes. La Mission s’est également concentrée sur les traites et les esclavages tant modernes que contemporains. »

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« Il n’y a jamais eu de période où le flux migratoire s’est arrêté »

La Dépêche, 21 février 2018

Entretien avec Gérard Noiriel, historien directeur d’étude à l’EHESS et spécialiste de l’immigration commente le projet de loi sur l’asile et l’immigration.

« Ce projet représente un durcissement des éléments que l’on retrouve habituellement dans ces lois, les procédures de rétention, d’expulsion. Le gouvernement parle de « projet équilibré », c’est la même rhétorique que l’on retrouve dans l’entre-deux-guerres et, pour avoir étudié ces questions, je suis affligé par le caractère répétitif et récurrent des mesures et des arguments employés : on ferme de plus en plus les frontières mais c’est pour mieux accueillir ! Et le discours traditionnel sur la France, pays des droits de l’homme, cache toujours la même suite qui le contredit. »

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Sous le vernis historique, une opération mercantile ?

Libération, 2 février 2018

Par Gisèle Sapiro, directrice d’études (EHESS/CNRS)

« Fallait-il publier ? La question revient périodiquement. Elle a surgi en 1992, lors de la parution du Journal 1939-1945 de Drieu La Rochelle chez Gallimard, qui avait pris la précaution d’y insérer un «avertissement de l’éditeur» et de l’inscrire dans la collection Témoins pour donner le statut de document à ce déversement de haine et d’antisémitisme, utile à la compréhension de cette période trouble. »

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« Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable »

Libération, 2 février 2018

Didier Fassin, directeur d’études à l’EHESS

« La raison humanitaire reste présente dans notre société, mais sur un mode mineur et intermittent. Mineur parce qu’elle est débordée par d’autres raisons – à commencer par la raison sécuritaire. Intermittente car il subsiste des moments qui vont susciter des émotions et des protestations sincères mais éphémères, quand on découvre le corps d’un enfant mort sur une plage de Turquie par exemple. Mais c’est vrai, si la fin du XXe siècle était le moment de la raison humanitaire, le début du XXIe marque l’heure de la raison sécuritaire : celle du contrôle des flux, de la brutalité à l’encontre des exilés, et même de la répression des acteurs de l’humanitaire. On stigmatise les organisations qui viennent en aide aux exilés en Méditerranée, on sanctionne les citoyens qui hébergent des étrangers en perdition comme dans les Alpes. Sauver des vies devient illégitime et condamnable.

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« Tarnac : justice de justice ou justice d’État ? »

Le Monde diplomatique, 12 mars 2018

Par Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS (CESSP)


« Si seulement le monstre froid était froid… Mais même pas. Il a ses petits affects lui aussi. D’abord, bien sûr, ceux de la paranoïa en roue libre – mais elle lui est presque congénitale. Il faut en tout cas avoir atteint le dernier degré de la coupure d’avec tout, et presque d’avec la vie, pour se tenir, forcené, au délire des mouvements sociaux téléguidés par le leader caché depuis sa catacombe – comme souvent, c’est le schème de la séparation manipulatrice qui est projectivement prêté par les séparés-manipulateurs. »

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« A côté de Mélenchon, il y a un espace pour une autre gauche »

Libération, 6 mars 2018

Entretien avec Frédéric Sawicki, professeur de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

« A court terme, le principal obstacle pour le PS, c’est surtout Benoît Hamon et son mouvement Génération·s. Au-delà de son faible score à la présidentielle, l’ancien socialiste est crédité d’une notoriété, d’un sens de l’audace et d’une image sympathique qui peuvent faire de l’ombre au nouveau leader que le PS va se choisir. »

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« Fin de vie : Mettons fin à l’hypocrisie »

Le nouveau magazine littéraire, 26 janvier 2018

Par Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS

« Le débat sur la fin de vie des Français reprend à l’occasion des États généraux de la bioéthique. C’est une très bonne chose puisque la loi Claeys-Leonetti de 2016 est un entre-deux, qui ne satisfait personne. Ni les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté ni leurs détracteurs. Pour les uns, la loi actuelle affirme le droit des patients à réclamer une mort qui s’annonce mais qui ne se réalise pas seule. Pour les autres, elle consacre l’interdit de mourir en soupçonnant, par principe, la moindre conduite active d’aide médicale à mourir. La solution retenue par le législateur est d’endormir les candidats jusqu’au trépas, couplé à une suspension d’hydratation et d’alimentation pour le rendre certain. Point d’injection létale. Pas question non plus de surdoser un sédatif dont l’effet mortel serait immédiat. »

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« Les émotions sont-elles intemporelles? »

France Inter, 30 janvier 2018

Avec Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS, psychiatre et anthropologue

Les émotions sont-elles intemporelles ? Colère, joie, peur, dégoût, ressentiment, tristesse…. Exprime-t-on ses émotions de la même manière que nos ancêtres chasseurs cueilleurs, que les hommes et les femmes de l’Antiquité, du Moyen-Âge ou du 18ème siècle ? Richard est l’invité de l’émission Grand Bien vous fasse!, présentée par Ali Rebeihi.

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« Assemblée féminisée : la partie pas encore gagnée »

Libération, 27 juin 2017

 

Avec Frédérique Matonti, professeure de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Dépasser les 38% de femmes élues à l’Assemblée est un incontestable progrès. Mais il reste du chemin à faire au niveau des ministères comme dans l’hémicycle. Le choix d’un homme, François de Rugy, au perchoir le démontre encore… »

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« Bricks. Histoires d’une Espagne en crise »

CNRS Journal, 10 octobre 2017

Par Quentin Ravelli, chargé de recherche au CNRS

« L’idée est à chaque fois de suivre la « biographie sociale » d’une marchandise, qu’il s’agisse de médicaments, de briques ou de crédits à risque. La façon dont ces produits sont conçus, réalisés puis diffusés révèle toute une conception de l’économie politique. »

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« La tragédie des communs était un mythe »

Journal CNRS, 4 janvier 2018

 

Par Fabien Locher, chargé de recherche CNRS

« Décembre 1968 : le biologiste américain Garrett Hardin (1915-2003) publie l’un des articles les plus influents de l’histoire de la pensée environnementale1. Il décrit, dans la revue Science, un mécanisme social et écologique qu’il nomme la « tragédie des communs ». Le concept va rapidement faire florès, tant au sein des cercles académiques que des médias, des milieux écologistes, des administrations, du personnel politique. Les uns et les autres y trouvent une justification scientifique à une gestion étatique ou (surtout) à une privatisation des ressources et des écosystèmes. Or, le recul historique et l’avancée des connaissances nous montrent aujourd’hui ce raisonnement pour ce qu’il est : une vue de l’esprit, déconnectée des réalités concrètes et biaisée par une vision très idéologique du monde social. »

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« Où sont passés les soixante-huitards? »

France Culture, 13 janvier 2018

Julie Pagis, chargée de recherche IRIS/EHESS

« 50 ans après, que sont devenus les acteurs de Mai 68 ? Au-delà des itinéraires très médiatiques de Daniel Cohn-Bendit, Serge July ou Romain Goupil, quel héritage politique, social, intellectuel laisse cette génération ? »

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Hulot: « La rumeur ne fait pas preuve mais elle fait sens »

Arrêt sur image, 16 février 2018

Vanessa Jérome, post-doctorante au Labex Tepsis

« Il y a bien sûr le machisme visible qui s’abat sur les femmes en politique, et donne lieu à d’innombrables séquences vues et revues. Mais il existe aussi du sexisme invisible, qui freine la carrière des femmes et les empêche d’accéder à des postes de pouvoir. Le harcèlement et les agressions sexuelles au sein des partis, sont, pour leur part, devenus très visibles. Trop ? Pour en débattre, les deux co-autrices de Des intrus en politique : Mathilde Larrère, notre chroniqueuse-historienne, et Aude Lorriaux, journaliste de l’hebdomadaire Vraiment, ainsi que Vanessa Jérôme, chercheuse en sociologie politique à l’EHESS, spécialiste du genre et du parti Les Verts-EELV. »

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« Qui a tué les verriers de givors? »

Journal télévisé France 3 Auvergne Rhônes Alpes, jeudi 12 Janvier 2018

Pascal Marichalar, chargé de recherche CNRS

« Pascal Marichalar était ce jeudi l’invité de Frédéric Llop au journal télévisé. Il a raconté avec beaucoup d’émotion cette expérience. Il a également élargi son propos dénonçant « l’indifférence de la négligence », ce système qui « lorsque les maladies professionnelles apparaissent, il y a comme une sorte d’acceptation ». »

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« La critique des médias ne nécessite pas d’instance »

Libération, 14 janvier 2018

Avec Dominique Cardon, chercheur au Laboratoire des usages de France Telecom R&D

« On s’inquiète beaucoup du fait qu’Internet ait dérégulé le marché de l’information. A travers les réseaux sociaux, les internautes ont souhaité s’émanciper du monopole exclusif des journalistes dans le tri, l’organisation et la hiérarchisation des informations. C’est une question hypersensible aujourd’hui : ne pas se laisser imposer un choix fait par d’autres. »

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« Pourquoi les zones humides sont à défendre »

Le Monde des idées, 17 février 2018

Par Michel Naepels, anthropologue, directeur de recherches CNRS/EHESS

« Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des­-Landes. Les historiens du contemporain décriront les enjeux politiques de cette décision, et la multiplicité des groupes et des acteurs mobilisés depuis des années, voire des décennies, pour ou contre ce projet gaulliste. D’autres ont déjà retracé l’histoire de ces landes, de leur marginalité, de leurs usages agricoles et de la manière dont ceux-ci ont façonné le paysage – comme François de Beaulieu avec La Mémoire des landes de Bretagne (Skol Vreizh, 2014) –, ce qui aide à comprendre les formes d’agriculture et les usages, communs ou non, de la terre qui s’expérimentent dans la ZAD aujourd’hui. »

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« Migrants et salariés. Appels sans suite (2) »

Le Monde Diplomatique – Les Blogs, 17 octobre 2018

Par Frédéric Lordon, directeur de recherche CNRS

« Le posturalisme et l’inconséquence ne sont pas des plaies d’époque qu’en matière de climat (voir « Appels sans suite (1) »). Sans grande surprise, la dramatique question migratoire en a sa part. Et même plus que sa part. Car le drame du drame, c’est que le drame est devenu une parfaite matière pour chaisières de l’humanisme sans suite, par-là même assurée du soutien des médias, et sous les mêmes conditions (que pour le climat) de ne se lier à rien de fondamental. Cause séparée, certitude de la supériorité morale, occasion lyrique, absence de conséquences politiques à tirer autres que déclamatoires : tout concourt à en faire la parfaite vache à lait symbolique – mis à part pour ceux et celles qui sont pour de bon dans la boue ou dans la neige au côté des migrants à Calais, à Grande Synthe ou à la Roya. »

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Comment un historien peut changer la société : entretien avec Gérard Noiriel

Les Inrocks, 15 octobre 2018

Avec Gérard Noiriel, directeur d’études EHESS

« A partir de 1968, les intellectuels ont étendu abusivement le sens du mot « politique ». Plutôt que d’affirmer, comme beaucoup d’entre eux, que « tout est politique », je préfère dire que toute relation sociale est une relation de pouvoir. Mais j’utilise ce dernier terme dans un sens neutre, sans jugement de valeur. Une relation de pouvoir peut déboucher sur des rapports de domination, mais aussi sur des liens de solidarité entre les gens. C’est à partir de cette grille de lecture que j’ai construit mon Histoire populaire de la France. Ce n’est pas une histoire des classes populaires, mais une histoire des relations de pouvoir entre les dominants et les dominés. »

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« Les Verts ont-ils encore un avenir ? »

AOC Media, 08 juin 2018

Par Vanessa Jérome, politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis)

« La « refondation » est une seconde nature chez les Verts. L’éclatement du paysage politique français oblige à nouveau le parti écologiste à se repenser. Malgré une apparente sensibilisation de la société aux problématiques qu’il porte, les mauvais résultats électoraux rend son avenir incertain. Mise en perspective à la veille ce week-end d’une décision de son conseil fédéral à propos d’une éventuelle alliance avec le mouvement Génération-s de Benoît Hamon pour les élections européennes. »

Une contre-histoire de Mai 68

La vie des idées, 21 mai 2018

Avec Julie Pagis, chargée de recherche CNRS

« La mémoire des événements de mai-juin 1968 a été largement reconstruite, en France, au fil des commémorations décennales notamment, à partir du devenir de quelques figures médiatiques, porte-paroles autoproclamés des événements (Sommier, 1994). Ce faisant, ce sont le parcours et la mémoire individuels des soixante-huitard.e.s « ordinaires » qui ont été écartés, oubliés. C’est à cette contre-histoire de Mai 68, celle des anonymes qui n’avaient pas pris la plume pour (faire) parler d’eux, que je me suis attelée, pour réhabiliter une histoire plus complexe et socialement différenciée que celle, véhiculée dans les médias, d’une « Génération 68 » qui serait opportuniste, bien reconvertie et aux manettes du pouvoir politique, médiatique et littéraire. »

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« Punir, toujours plus – et plus durement »

AOC Media, 11 mai 2018

Par Didier Fassin, directeur d’études à l’EHESS

« Comment expliquer que, la dureté et l’indignité du traitement des détenus dans les prisons françaises étant ce qu’elles sont, la société soit en attente non seulement de plus de sévérité dans le prononcé des peines mais aussi de plus de rigueur dans leur exécution ? »

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« Radicalité islamiste : sur quelques dichotomies reçues »

AOC Média, 30 avril 2018

Par Farhad Khosrokhavar, directeur d’études EHESS

« Pour combattre la radicalisation, il faut d’abord en comprendre les mécanismes. Et donc refuser de choisir entre des explications simplistes qui s’opposent termes à termes : causes politiques contre causes religieuses, facteurs économico-sociaux contre facteurs identitaires, salafisme ou nihilisme… Revue de détail de quelques unes de ces fausses dichotomies qui empêchent de saisir la complexité du réel et corrompent le débat. »

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« Mai 68 : l’engagement des soixante-huitards sous le regard de Julie Pagis, dont les parents ont tout lâché « pour élever des chèvres » »

France TV Info, 20 avril 2018

Avec Julie Pagis, chargée de recherche CNRS

« Fille de « soixante-huitards » devenus agriculteurs néoruraux, Julie Pagis dévoile une partie de son enfance, qui l’a certainement conduite à faire de son parcours de vie un objet de recherche lors de ses longues études. « Mes parents font partie de ceux qui sont partis élever des chèvres au milieu des années 1970, quittant leurs métiers d’ingénieur agronome à Marseille », raconte l’auteure de Mai 68 : Un pavé dans leur histoire. Avant de poursuivre : « À l’école du village, on était taxés d’enfants de hippies, que nos parents étaient des drogués. Ma vengeance par rapport à cette stigmatisation de la marginalité, ça a été l’école. » »

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« Les aventures écologiques du libéralisme »

AOC Média, 25 avril 2018

Par Pierre Charbonnier, chargé de recherche au CNRS

« Dans une série de trois articles sur les politiques de l’écologie, le philosophe Pierre Charbonnier interroge la façon dont les trois principaux grands blocs idéologiques modernes – le libéralisme, le conservatisme et le socialisme – intègrent dans leurs discours des éléments environnementaux, des éléments qui ont trait aux conditions physiques, biologiques et territoriales de l’existence collective. Premier volet : le libéralisme. »

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« Les migrants en bas de chez soi » : le livre-enquête d’une sociologue du CNRS

TV5 Monde, 22 avril 2018

Avec Isabelle Coutant, chargée de recherche au CNRS

« Une première question parmi beaucoup d’autres, « comment accueillir les migrants ? », est posée dans le livre « Les migrants en bas de chez soi » (éditions du Seuil) de la sociologue Isabelle Coutant. La chercheuse du CNRS est allée en 2015 à la rencontre de migrants occupant un lycée désaffecté de son quartier, à Paris. »

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« Macron / Hollande, les leçons du pouvoir »

France Culture, 13 avril 2018

Avec Frédéric Sawicki, professeur de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Après la passe d’armes qui a opposé Macron et Hollande par médias interposés, l’historien Nicolas Roussellier, auteur de La force de gouverner : le pouvoir exécutif en France, et le politologue Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques, analysent les enjeux de la social-démocratie. »

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« Au Congo, une violence sans nombres »

Le Monde, 5 Janvier 2018

Par Michel Naepels, anthropologue, directeur de recherches CNRS/EHESS

« Dans Qu’est-ce qu’une vie bonne ? (Payot, 2014), la philosophe Judith Butler demande : « Y a-t-il des genres de vie qu’on considère déjà comme des non-vies, ou comme partiellement en vie, ou comme déjà mortes et perdues d’avance, avant même toute forme de destruction ou d’abandon ? » Cette question ne cesse de m’accompagner dans le travail d’anthropologue que je mène sur les effets sociaux de la violence en République démocratique du Congo (RDC). »

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Primaire d’Europe Écologie–Les Verts : le « reset » de l’écologie politique française ?

The Conversation, 10 novembre 2016

Par Vanessa Jérome, politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis)

« Le 7 novembre dernier, Yannick Jadot a remporté la primaire ouverte de l’écologie. Vainqueur sans conteste de ce scrutin mi-électoral mi-partisan, il totalise 54,25 % des voix et 57,11 % des suffrages exprimés. Un score qui l’autorise à s’envisager dans le rôle du septième candidat de l’écologie politique française à l’élection présidentielle. Pour mémoire, avaient concouru à ce titre René Dumont (en 1974), Brice Lalonde (en 1981), Antoine Waechter (en 1988), Dominique Voynet (en 1995 et en 2007), Noël Mamère (en 2002) et Éva Joly (en 2012). »

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Affaire Baupin : omerta chez les Verts

Complément d’enquête, 24 juin 2016

Avec Vanessa Jérome, politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis)

« Vanessa Jérome, sociologue qui s’est intéressée aux habitudes conjugales chez les Verts, s’interroge : pourquoi, alors que « l’on a des témoignages »,que « la rumeur est insistante », n’y a-t-il eu « à aucun moment une volonté d’interdire à Denis Baupin d’occuper des positions militantes ? Dans un parti politique, le moyen de rétorsion, c’est l’investiture. Or Denis Baupin a toujours été investi, y compris en 2012, pour la députation. » »

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2017, la mission impossible de Nicolas Hulot ?

The Conversation, 7 juillet 2016

Par Vanessa Jérome, politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis)

« Outsiders inscrits de fait dans un champ politique dont ils contestent d’autant plus les règles qu’elles leur sont défavorables, les militants d’Europe écologie–Les Verts (EELV) considèrent l’élection présidentielle comme l’exemple paroxystique des dérives de la Ve République. Refusant la vision mythique – voire mystique – qui fait de cette élection la rencontre d’un homme et d’une nation, et contestant les représentations co-construites qui structurent le rôle présidentiel et l’image du « présidentiable » légitime, ils y participent néanmoins à chaque fois depuis leur constitution en parti politique en 1984 (Les Verts se sont, pour mémoire, transformés en EELV en 2010). »

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Violences sexuelles : « Une omerta frappe les partis politiques »

Le Monde, 16 février 2018

Vanessa Jérome, politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis)

« La France est un pays qui a relativement peu avancé sur la question de l’égalité hommes-femmes et le traitement des violences. Nous avons, en plus, cette particularité nationale qu’on appelle la « séduction à la française », une manière de considérer que la sexualité repose sur une connaissance mutuelle des règles du jeu amoureux et de ses zones grises. »

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« Présidentielle en France : pourquoi seulement 2 candidates? »

France 24, 7 avril 2017

Frédérique Matonti, professeure de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Pour notre invitée, la politologue Frédérique Matonti, auteure du « Genre présidentiel » (éd. La Découverte), les lois sur la parité ont paradoxalement réactivé des clichés sur les femmes politiques, qui restent soumises à un parcours d’obstacles pour atteindre le pouvoir. Mais la France est loin d’être une exception. Aujourd’hui dans le monde, seuls une vingtaine de pays sont dirigés par une femme. »

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« Quel genre de politique ? »

France culture, 8 avril 2017

Avec Frédérique Matonti, professeure de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Politiste, Frédérique Matonti analyse, dans un livre important, ce « moment politique », depuis les premières municipales paritaires de 2001 jusqu’au premier gouvernement strictement paritaire de 2012, en passant notamment par la candidature de Ségolène Royal en 2007 et l’affaire DSK de 2011. Elle ne rate pas non plus le cas singulier de Le Pen, l’une des deux seules femmes parmi les candidats à l’élection présidentielle de 2017. », Sylvain Bourmeau

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« Sarkozy, on ne le croit jamais sincère »

Arrêt sur images, 21 juillet 2017
Avec Frédérique Matonti, professeure de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne
La présidence Sarkozy a démarré sur deux symboles involontaires : le Fouquet’s, et le yacht de Bolloré, sur lequel le nouveau président passe quelques jours avant l’investiture. Le président des riches ? On apprendra ensuite que Nicolas Sarkozy tentait, à cette époque, de reconquérir sa femme Cécilia Sarkozy. Vraie histoire de couple en difficultés, ou communication « genrée »? Philippe Ridet journaliste au Monde et Frédérique Matonti, sociologue auteur de l’ouvrage Le Genre présidentiel (Editions La Découverte) reviennent sur les débuts du président Sarkozy.

«L’histoire contemporaine ne raconte plus seulement celle des vainqueurs mais des vaincus»

Le Temps, 27 novembre 2017

Avec Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS, psychiatre et anthropologue

« A la fin du XIXe, la psychiatrie commence à reconnaître que les guerres ou certains accidents peuvent causer des traumatismes psychiques, mais à cette époque, les victimes sont considérées comme des êtres faibles, des simulateurs, au mieux des malades. C’est pourquoi, après la Grande Guerre, si les blessures physiques témoignent de ce que la guerre fait aux hommes, à l’instar des gueules cassées héroïsées pour leur sacrifice corporel, la reconnaissance ne s’étend pas aux esprits brisés. »

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Cancer : le pénible combat des malades pour être écoutés… et entendus par leurs médecins

Atlantico, 13 février 2017

Avec Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS

« On leur en demande beaucoup, les patients le savent et ils ont conscience des difficultés dans lesquelles le personnel hospitalier se trouve. Il arrive qu’ils soient mal placés pour entendre ce que les patients ont à dire. Toutefois, tout est fait aujourd’hui pour que cette relation soit plus forte entre ce que les malades disent et ce que la médecine a en réponse. C’est avec ce dialogue qui s’améliore que les soins sont mieux réussis. Il y a encore beaucoup de difficultés liées au manque de personnel d’un côté, et au fait que les soins sont très demandant physiquement. »

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« Voilà pourquoi les pauvres ont plus de difficultés à arrêter de fumer et ce que cela dit sur notre société »

Atlantico, 31 mai 2017

Par Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS

« Dans tous les pays du monde, ce sont les catégories sociales les moins favorisées qui sont concernées par les plus forts taux de tabagisme. C’est un phénomène qui a été clairement observé. On observe un accroissement très net du phénomène, et même un alignement au coût alimentaire : c’est donc même sa proportion qui augmente. Ce qui fait que le phénomène est d’autant plus marquant qu’il représente un coût économique pour l’individu de plus en plus important dans nos sociétés modernes. »

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« Pour le PS, renouveler son personnel politique est un défi »

L’Obs, 27 janvier 2018

Avec Frédéric Sawicki, professeur de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« C’est sur la thématique du renouvellement qu’Emmanuel Macron a gagné l’élection présidentielle. C’est aussi ce qui a permis à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon de tirer son épingle du jeu à gauche aux législatives. Si le PS est représenté par des personnalités qui portent la responsabilité du quinquennat de François Hollande, il risque fort d’avoir du mal à remonter la pente… »

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« PS : OK ou pas OK ? »

AOC Média, 1er février 2018

Par Frédéric Sawicki, professeur de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Quatre candidats se disputent depuis quelques jours le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Mais au-delà du choix d’une personnalité, c’est la capacité à retrouver une ligne politique claire, et surtout une légitimité qui dépasse sa base militante désormais étique, qui éviteront éventuellement au PS de sombrer, comme avant lui le parti socialiste grec. »

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« Débat Pascal Ory-Albert Ogien : le peuple est-il populiste ? »

Marianne, 9 décembre 2017

Avec Albert Ogien, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS

Le populisme désigne-t-il une pente fatale des citoyens à la recherche de chefs autoritaires ou bien l’aspiration légitime et nécessaire du peuple en lutte contre ses élites ? Débat entre l’historien Pascal Ory et le sociologue Albert Ogien, qui n’entendent pas de la même façon un terme qui a envahi le débat public.

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« En démocratie faut-il vraiment donner les clés aux citoyens ? »

Rue 89 Lyon, 31 octobre 2017

Par Albert Ogien, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS

« … L’idée de démocratie « réelle » est réapparue avec la vague de rassemblements qui a saisi le monde en 2011. Il faut cependant observer qu’elle a un peu changé de nature. Elle ne renvoie plus à la destruction du système représentatif pour rendre tout le pouvoir au « peuple », mais revendique plutôt le fait de permettre à la voix des citoyen.ne.s de se faire pleinement entendre dans la détermination du présent et du futur de la collectivité dont ils.elles font partie et d’exercer un contrôle sur l’action des « élites » qui les dirigent. »

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« Macron, décodeur-en-chef »

Le Monde diplomatique, 8 janvier 2018

Par Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS (CESSP)

« Par un effet de retour, que deux innocents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expérimenté en leur temps, voilà donc les Décodeurs victimes du tragique destin qu’ils ont eux-mêmes consciencieusement œuvré à mettre en branle. L’histoire commence comme la charge de la brigade légère (ou lourde ?). »

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« Il faut considérer les migrants comme des figures centrales du monde contemporain »

Le nouveau magasine littéraire, 31 janvier 2018

Didier Fassin, anthropologue, directeur de recherche CNRS/EHESS

« Lorsqu’on s’interroge sur la vie, on est à la fois confronté à l’immensité du concept et à la polysémie du mot. J’ai tenté de nouer cette tension entre deux grandes orientations : la « vie biologique », celle qui commence avec la naissance et se termine à la mort, et concerne tous les vivants, et la « vie biographique », au sens où elle est constituée d’évènements, que l’on peut raconter et auxquels on donne un sens. »

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Mai 68: derrière les mythes, la réalité militante

RCF, 19 mars 2018

Isabelle Sommier, professeure de sociologie à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Quand on évoque Mai 68, « au fil des commémorations, il y a une image qui s’était imposée, le quartier latin parisien, des acteurs, les étudiants, et un temps, mai et juin« . 

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La fin du monde et le Mal qui vient

AOC Média, 31 août 2018

Par Pierre-Henri Castel, directeur de recherches au Lier (CNRS/EHESS), psychanalyste

« La fin du monde et de l’humanité est certaine, mais aussi inévitable quoi que nous fassions désormais et, surtout, elle est proche. Proche, mais pas imminente. Autrement dit, il ne faut pas simplement penser la fin des temps, mais les temps de la fin, ce qui exige de se souvenir et d’anticiper : de voir venir et, en voyant venir, de prendre conscience. »

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« Le triomphe des neurosciences d’Alain Ehrenberg »

France Culture, 26 mars 2018

 

« Les neuroscientifiques forment une tribu au sens anthropologique du terme. Cette tribu a deux mantras : le cerveau, qu’elle considère comme l’objet le plus complexe de l’univers et qu’elle élève quasiment au rang de fétiche. Le second mantra consiste à dire qu’on n’en est qu’au début, que les avancées scientifiques réalisées par les neurosciences ces dernières années ne sont qu’un avant-goût. » Alain Ehrenberg 

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« Les villes sont des noeuds sur les trajectoires des migrants »

Libération, 1er mars 2018

Entretien avec Chowra Makaremi, anthropologue, chargée de recherche CNRS/IRIS.

« Les villes sont des lieux décisifs car elles sont des étapes dans des trajectoires migratoires de plus en plus longues et de moins en moins linéaires. Depuis la mise en place de politiques restrictives, le migrant doit faire des tours et des détours, avec des périodes d’attente de plus en plus longues. Les villes sont des nœuds sur des trajectoires déjà complexes. »

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« Rugby : un risque de commotion cérébrale devenu inacceptable »

The Conversation, 2 février 2018

Par Sébastien Dalgalarrondo, chargé de recherche CNRS

« Le Tournoi des 6 nations débute le 3 février. Va-t-on assister, encore, à des scènes aussi terrifiantes que celle du choc à pleine vitesse entre deux joueurs, le jeune Samuel Ezeala et l’une de ses idoles ? C’était le 7 janvier, dans l’U Arena de Nanterre. Resté inconscient pendant de très longues secondes, le jeune homme de 18 ans avait été évacué sur une civière, victime d’une commotion cérébrale. Il semble aujourd’hui remis, et devra patienter encore quelques semaines avant de retrouver le plaisir d’être sur le terrain. »

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En Europe centrale, les démons du passé

Le courrier d’Europe centrale, 6 décembre 2017

Par Roman Krakovsky,  professeur à l’Université de Genève et à Sciences Po

« Un des moyens pour mieux déchiffrer ce qui se passe actuellement en Pologne – et plus généralement dans la région, car la situation est similaire en Slovaquie, en République tchèque ou en Hongrie – est de prendre au sérieux les émotions qui s’expriment à travers cette manifestation et d’essayer de saisir ce qui s’exprime à travers elles. Car l’émotionnel est un moyen de saisir le politique au même titre que le rationnel, comme le rappelait déjà en 1920 l’écrivain yougoslave Ivo Andrić dans sa Lettre. Au sujet de la cohabitation conflictuelle des ethnies qui composaient ce qui s’appelait alors le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, il observe que la « haine, tout comme la colère, joue un rôle dans le développement de la société, car la haine donne la force et la colère pousse à l’action. Il est de vieilles injustices et des abus profondément enracinés que seuls les débordements de la haine et de la colère peuvent arracher et balayer ». »

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Et si Google était un service public ?

Sud Ouest, 16 octobre 2017

Par Michel Villette, Enseignant chercheur en sociologie

« La Commission européenne et plusieurs gouvernements européens, dont le gouvernement français, se sont mis en tête de faire payer des impôts à Google. On ne peut qu’approuver l’idée selon laquelle les multinationales – toutes spécialités confondues – devraient payer des impôts comme toutes les autres entreprises. On peut même se demander ce qui se serait passé si elles avaient payé leur part d’impôts depuis trente ou quarante ans. »

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La professionnalisation du métier d’écrivain s’accompagne de sa précarisation croissante

Télérama, 17 octobre 2017

Avec Gisèle Sapiro, sociologie, directrice de recherche CNRS, directrice d’études EHESS

Etre écrivain est traditionnellement considéré comme un métier de vocation, fondée sur le désintéressement, à l’instar de la plupart des métiers de création. L’idée même de tirer des profits de l’écriture peut ainsi apparaître en contradiction avec cette conception vocationnelle. Mais surtout l’image sociale de l’écrivain demeure attachée à l’idéologie romantique du « créateur incréé », pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu, qui est aussi un être en quelque sorte dématérialisé, qui n’aurait pas besoin de moyens de subsistance. Cette image perdure chez nous à la différence des Etats-Unis ou de l’Allemagne où les écrivains sont plus professionnalisés.

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Le Maroc exporte ses djihadistes

Le Monde, 23 août 2017

Par Farhad Khosrokhavar, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales

A mesure que le territoire de l’organisation Etat islamique (EI) se désintègre, deux modèles de djihadisme se répandent dans le monde entier, et tout particulièrement en Europe.

Russie : la censure insaisissable

Le Monde, 7 février 2014

Françoise Daucé, Chargée de recherche à l’EHESS, membre junior de l’Institut universitaire de France

Alors que tous les yeux sont tournées vers Sotchi, en plein cœur de Moscou, sur le territoire de l’ancienne usine Octobre Rouge, là où fleurissent les bars branchés, les galeries d’avant-garde, les start-ups innovantes et les médias indépendants, l’heure est au pessimisme. La télévision Dojd‘, fleuron de cet ilot libéral, vit peut-être ses dernières heures.

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Assemblée féminisée, la parité pas encore gagnée

Libération, 28 juin 2017

Par Frédérique Matonti, Professeure de science politique à Paris-I Panthéon-Sorbonne

Dépasser les 38 % de femmes élues députées est un progrès incontestable. Mais au sein de l’hémicycle comme au niveau des ministères, il reste du chemin à faire. Mardi, le choix de porter un homme au perchoir l’a encore démontré.

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L’inquiétante dérive des intellectuels médiatiques

Le Monde, 16 janvier 2016

Gisèle Sapiro, sociologue, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales
Pour la sociologue Gisèle Sapiro, l’invasion de l’espace public par certains intellectuels « de gauche » mus par la défense identitaire est inquiétante, d’autant plus qu’elle survient en pleine ascension du FN.

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