Ségolène Royal, Marine Le Pen, Christiane Taubira, Anne Hidalgo… Jamais les femmes n’ont été aussi présentes sur la scène politique française. Pourtant, la loi sur la parité n’a pas eu les effets attendus. Les médias, les politiques et les communicants continuent de véhiculer de nombreux stéréotypes. Pire : les clichés se renforcent lorsque l’« ordre genré » est contesté. Une candidate accède au second tour de l’élection présidentielle ? Une femme racisée se voit confier un ministère régalien ? Deux femmes s’affrontent pour la direction d’un parti politique ou d’une grande municipalité ? À chaque fois, les schémas sexistes, et parfois racistes, reviennent sous la plume des commentateurs. Évaluées sur leur physique, soupçonnées d’agir par « émotion » et hâtivement taxées d’incompétence, les femmes sont systématiquement rappelées à l’ordre.

La persistance de cet ordre genré s’accompagne d’une évolution : la restriction du périmètre du «privé» et de l’« intime ». Ce sont les affaires pénales de Strauss-Kahn qui ont rendu possible ce déplacement. Mais, dorénavant, comme l’ont montré les polémiques sur les relations de François Hollande avec Valérie Trierweiler et Julie Gayet, les comportements sexuels ou amoureux licites des personnalités politiques sont analysés comme le signe de leur capacité – ou non – à gouverner.

S’appuyant sur les productions médiatiques, sur des entretiens avec de nombreux journalistes et sur ses observations des campagnes électorales, l’auteure fait apparaître la dimension genrée des hiérarchies de pouvoir et explore la définition contemporaine de la « bonne masculinité » en politique.

Plus d’informations sur le livre ici.

Le genre presidentiel couv


Autour de la sortie de son livre Le genre présidentiel. Enquête sur l’ordre des sexes en politique (2017, Editions La Découverte), Frédérique Matonti s’exprime dans les médias. Retour sur ses interventions:

  Tribune : « Assemblée féminisée : la partie pas encore gagnée »,

par Frédérique Matonti

(Libération, 27 juin 2017)

Dépasser les 38% de femmes élues à l’Assemblée est un incontestable progrès. Mais il reste du chemin à faire au niveau des ministères comme dans l’hémicycle. Le choix d’un homme, François de Rugy, au perchoir le démontre encore…

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 « Sarkozy, on ne le crois jamais sincère »

(Arrêt sur image, 21 juillet 2017)

La présidence Sarkozy a démarré sur deux symboles involontaires : le Fouquet’s, et le yacht de Bolloré, sur lequel le nouveau président passe quelques jours avant l’investiture. Le président des riches ? On apprendra ensuite que Nicolas Sarkozy tentait, à cette époque, de reconquérir sa femme Cécilia Sarkozy. Vraie histoire de couple en difficultés, ou communication « genrée »? Philippe Ridet journaliste au Monde et Frédérique Matonti, sociologue auteur de l’ouvrage Le Genre présidentiel (Editions La Découverte) reviennent sur les débuts du président Sarkozy.

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  « Quel genre de politique ? »

(France culture, 8 avril 2017)

La loi sur la parité a incontestablement facilité l’accès des femmes à l’univers politique mais, au terme d’une longue enquête, la politiste Frédérique Matonti observe qu’elle a paradoxalement produit de très nombreux rappels à l’ordre des genres. Invitée par Sylvain Bourmeau dans l’émission La vie des idées, Frédérique Matonti analyse ce « moment politique », depuis les premières municipales paritaires de 2001 jusqu’au premier gouvernement strictement paritaire de 2012, en passant notamment par la candidature de Ségolène Royal en 2007 et l’affaire DSK de 2011. Elle ne rate pas non plus le cas singulier de Le Pen, l’une des deux seules femmes parmi les candidats à l’élection présidentielle de 2017.

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Retrouvez toutes les interventions de Frédérique Matonti sur France culture ici


  « Femmes et présidentielles ne font pas bon ménage »

(Public Sénat, 9 mars 2017)

Frédérique Matonti est l’invitée de l’émission Présidentielle 360.

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Présidentielle en France : pourquoi seulement 2 candidates? »

(France 24, 7 avril 2017)

Sur onze candidats à l’élection présidentielle en France, deux seulement sont des femmes : Marine Le Pen et Nathalie Arthaud. Pourquoi les femmes sont-elles toujours si minoritaires, alors que la classe politique est de plus en plus mixte ?

Pour Frédérique Matonti, les lois sur la parité ont paradoxalement réactivé des clichés sur les femmes politiques, qui restent soumises à un parcours d’obstacles pour atteindre le pouvoir. Mais la France est loin d’être une exception. Aujourd’hui dans le monde, seuls une vingtaine de pays sont dirigés par une femme…

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On en parle dans les médias:

 

 « Le retour du genre idéal » par Sonya Faure & Cécile Daumas

(Libération, 15 mars 2017)

Effet inattendu de la parité, la visibilité accrue des femmes en politique a provoqué une exacerbation des rôles traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes. Y a t’il un genre présidentiel? La sociologue Frédérique Matonti analyse les cas Hollande, Le Pen et Macron.

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« Le genre présidentiel »

(RCN-radio, 2 mai 2017)

Frédérique Matonti est l’invitée de l’émission Droit de parole.

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A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.