Retour sur les dernières interventions

d’Isabelle Sommier,

Professeure de sociologie à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne (LabEx Tepsis)

Isabelle Sommier est directrice adjointe du CESSP depuis septembre 2017, elle a également été directrice du CRPS d’ octobre 2002 à décembre 2009 et Professeure de sociologie au Département de science politique. Son doctorat, obtenu en décembre 1993, portait sur « La forclusion de la violence politique : ouvriers/intellectuels en France et en Italie depuis 1968 ».

Spécialiste de la violence politique, des radicalités, des mouvements et des conflits sociaux, Isabelle Sommier est régulièrement sollicitée par les médias pour analyser, décrire, ou expliquer les complexités des mouvements sociaux actuels. Retour sur ses interventions les plus récentes.


« Le groupe de Tarnac, des « intellos » de l’ultra-gauche »

La Croix, 15 mars 2018

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Le leader du groupe de Tarnac, Julien Coupat (au centre, en arrière-plan), se rend à son procès aux côtés des autres membres du groupe d’ultra-gauche, à Paris le 13 mars 2018. / Alain Jocard/AFP

Alors que le procès du groupe de Tarnac a repris le 13 mars à Paris, la sociologue Isabelle Sommier décrit ce groupe et son influence sur l’ultra-gauche.

Extraits : 

Dès le premier jour d’audience, ils ont défié la justice. Avec le sourire et une légère impertinence pour la forme, mais la force de leurs convictions sur le fond. Les prévenus du groupe de Tarnac, Julien Coupat en tête, réagissent et contestent tous les éléments du dossier et le fonctionnement de la justice en général : ils acceptent de « participer » à l’audience, mais pas de se « soumettre à la question », refusant de se « défendre d’un récit »(l’enquête) jugé « délirant d’un bout à l’autre ». On reproche à ces prévenus des manifestations violentes et des dégradations matérielles sur des lignes SNCF. Le procès doit durer jusqu’au 30 mars.

« Ils ont le sens de la répartie, sont bien préparés et vont faire en sorte que ce procès devienne une tribune contre la police, la justice et l’État en général, commente Isabelle Sommier, enseignante à Paris I et spécialiste de la violence politique. Plus que des anarchistes, ce sont des communistes révolutionnaires, qui ne reconnaissent donc pas les appareils répressifs de l’État. » Auxquels ils peuvent opposer l’usage de la violence : « En soi, la violence est considérée comme légitime, puisqu’elle est une réponse à celle de l’État. Mais ils débattent pour savoir jusqu’où il faut aller, selon quelle stratégie pour que ce ne soit pas contre-productif… »

« L’État comme les médias cherchent trop à faire de Coupat un grand ordonnateur de ces contestations, confirme Isabelle Sommier. Dans cette mouvance d’ultra-gauche, la manière d’agir est plutôt d’être partout où ça bouge pour radicaliser les contestations sociales. Mais le côté très intello des “tiqquniens” et la personnalisation du mouvement autour de Julien Coupat sont contestés. Dans les ZAD, l’écologie radicale et Mauvaise troupe sont plus actifs que le Comité invisible. » Le groupe de Tarnac produit en revanche un « vrai travail intellectuel à destination de la jeunesse » et aurait une influence plus forte sur les « antifas parisiens » (antifachistes) et le Mili (Mouvement inter-luttes indépendant), né en 2013 au moment de l’affaire Leonarda, contre les expulsions de lycéens sans papiers. Ils disposent par ailleurs d’une aura particulière due aux dix ans de procédure judiciaire qui illustrent, aux yeux de la mouvance, l’acharnement de l’État répressif.

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« Macron donne une nouvelle vigueur à l’ultra-gauche »

Le nouvel Obs, 28 octobre 2017

Entretien avec Isabelle Sommier

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Le 1er mai 2016, lors d’une manif contre la loi Travail. (Place de la Nation, le 1er mai 2016, à Paris. (Michael Bunel/NurPhoto/AFP)

« L’ultra-gauche monte en radicalité », observe la sociologue Isabelle Sommier après que plusieurs incendies ont visé des casernes de gendarmeries.

Extraits :

Le nouvel Obs : C’est quoi l’ultra-gauche ? Qui la compose ? 

Isabelle Sommier : Ils étaient entre 1.000 et 2.000 en 2008 selon un rapport des Renseignement généraux. Ce sont des groupes très fermés, une nébuleuse aux contours très flous. Il y a les antifascistes, comme Action antifasciste paris banlieue et plein de groupes locaux, notamment à Toulouse. D’autres relèvent plutôt de l’autonomie, d’inspiration post-situationniste, comme Mauvaise Troupe, qui vient de Dijon, est assez investi à Notre-Dames-des-Landes et a fait paraître le livre « Constellation ». Il y a aussi les zadistes, avec l’empreinte écologique radicale. Ces derniers mois, des compteurs Linky ont été visés. Ils sont accusés de participer au flicage généralisé et de propager des ondes magnétiques.  La mouvance d’ultra-gauche valorise énormément l’action directe mais elle est aussi très intellectuelle. Elle lit et s’inspire de personnages comme Michel Foucault, Gilles Deleuze, le philosophe Giorgio Agamben. Ou encore l’Américain Hakim Bey qui a développé l’idée des zones autonomes temporaires (TAZ), c’est à dire l’idée qu’il faut soustraire des portions du territoire ou des moments de l’emprise étatique, dans les squats ou lors de manifestations par exemple.

Le nouvel Obs : En citant les incendies criminels visant les gendarmeries de Limoges et Grenoble, Emmanuel Macron a parlé le 18 octobre dernier d’une « mouvance organisée, structurée et engagée dans une démarche insurrectionnelle ». 

Isabelle Sommier : On est à nouveau un peu dans la même ambiance qu’il y a dix ans avec l’affaire du groupe de Tarnac et l’idée de la constitution d’un réseau terroriste international. On connaît la suite, l’affaire a couru pendant des années mais le caractère terroriste du groupe n’a jamais été retenu. On est un peu dans le même esprit actuellement avec une exagération de la menace, un exagération de l’intentionnalité insurrectionnelle et du caractère organisé, presque planifié de cette entreprise. Selon un schéma un peu ancien, on applique aux groupes d’aujourd’hui les logiques des groupes marxistes des années 1970 avec un dessein, des structures verticales, une division des taches presque militaire. Je crois qu’on n’en est vraiment pas là. Il y a des espaces de rencontres, les manif, les squats, des campagnes ou des luttes précises sur l’antibiométrie, les migrants, sur les personnes incarcérées. Mais on a plutôt affaire à une kyrielle de petits groupes et à un ensemble inorganisé…

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« Qui sont vraiment les « casseurs » ? »

Lesinrocks, 21 mai 2016

Entretien avec Isabelle Sommier

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Le 12 mai 2016 à Paris, lors d’une manifestation contre la loi travail (Gonzalo Fuentes/Reuters)

Une escalade de violences a lieu depuis quelques semaines dans le cadre des mobilisations contre la loi travail et contre les violences policières. Quels sont les ressorts de cette radicalité ? Quels en sont ses acteurs et ses causes ?

Extraits :

Lesinrocks : Depuis plusieurs semaines les manifestations contre la loi travail sont émaillées de violences de la part de groupes radicaux qualifiés communément de « casseurs ». Qui sont les groupes désignés sous cette étiquette ? De quelles cultures et mouvances politiques sont-ils les héritiers ?

Isabelle Sommier : Le terme « casseurs » est un terme ancien que l’on trouve aux lendemains de toutes les manifestations qui, dans un contexte de forte conflictualité, « dégénèrent » comme il est convenu de dire, par exemple en 1968, 1979 – dans le cadre du conflit sur la sidérurgie –, et dans les manifestations de la jeunesse scolarisée depuis 1994. Avec lui, sont désignés certes des actes de violence en marge du cortège, c’est-à-dire en dehors des « rangs officiels » de la manifestation, mais on sous-entend surtout qu’il s’agit uniquement d’actes délictueux sans motivation politique, simplement pour se défouler, s’amuser, voler ou encore, du point de vue syndical, pour jeter l’opprobre sur la « juste colère » des manifestants, voire pour provoquer la répression contre le mouvement ou en tout cas pour le discréditer. Tout cela n’est pas nécessairement faux mais parfois, et aujourd’hui sans aucun doute, insuffisant pour comprendre ce qui se joue. Vu le nombre de personnes impliquées, les stratégies adoptées et les cibles attaquées, il y a très certainement l’intervention de groupes qu’on désigne (et qui pour certains se désignent) d’ultra-gauche. Cette mouvance est l’héritière de plusieurs strates historiques d’opposition au léninisme : la « gauche communiste » du début du XXe siècle avec des personnalités telles que Rosa Luxemburg ou Amadeo Bordiga, et le conseillisme allemand des années 1920, inspiré par exemple d’Anton Pannekoek, qui oppose les conseils ouvriers à la conception léniniste du parti et de l’Etat. Elle s’est nourrie ensuite de l’influence du groupe français Socialisme ou barbarie, de l’Internationale Situationniste puis de l’Autonomie venue d’Italie au milieu des années 1970. L’autonomie à ses débuts provient de la tradition communiste mais elle se mâtine ensuite d’anarchisme pour valoriser l’action directe par la thématique de la réappropriation des biens « volés » par le capitalisme et toujours plus rejeter les organisations au profit du spontanéisme des rebelles. En sommeil à partir du milieu des années 1980, la mouvance de l’ultragauche réapparaît sur la scène publique dans le cadre des manifestations antiglobalisation avec ce qui est alors appelé le Black Bloc, puis des violences et notamment de l’occupation avec dégradation de l’EHESS pendant le mouvement anti-CPE de 2006 et enfin avec l’affaire de Tarnac de 2008.

Lesinrocks : Faut-il les considérer comme des éléments extérieurs qui s’infiltrent dans les cortèges, ou font-ils partie du mouvement social ?

Isabelle Sommier : Qu’il y ait parmi les individus qui vont au contact de la police, cassent voire volent les magasins, des gens qui profitent en quelque sorte du climat de mobilisation sans en partager les objectifs, sûrement. Mais compte-tenu comme du nombre d’individus, des stratégies et des cibles, leur grande majorité me semble faire partie d’un mouvement qui ne se limite pas seulement à la dénonciation de la loi travail, mais qui témoigne très clairement pour eux et sans doute pour une partie des manifestants « ordinaires », pacifiques, surtout pour les jeunes, d’une colère générale…

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On en parle…

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O. Fillieule, S. Béroud, C. Masclet, I. Sommier, avec le collectif Sombrero (dir.), Changer le monde, changer sa vie, Actes Sud

Cinquante ans après Mai 1968, que sont les militants devenus ? Après avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille, cru souvent en l’imminence d’une révolution, suspendu longtemps leurs investissements scolaires, professionnels, voire affectifs pour “faire l’histoire”, comment ont-ils vécu l’érosion des espoirs de changement politique? La force de ce livre tient à un triple déplacement du regard – de Paris aux régions, des têtes d’affiche aux militants ordinaires, de la crise de mai à la séquence historique  1966-1983 – autant qu’à la richesse du matériau exploité : un dépouillement d’archives le plus souvent inexplorées, comme les documents déclassifiés des Renseignements généraux et des centaines de récits de vie recueillis à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes auprès de militants des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et du mouvement féministe.

Cette mosaïque d’histoires constitue la chair de ce livre et permet de brosser un portrait non impressionniste des soixante-huitards, de leur carrière professionnelle, de leur vie affective, de la continuité de leurs engagements, apportant des réponses enfin étayées aux questions suivantes : la vie des soixante-huitards a-t-elle été bouleversée ou simplement infléchie par le militantisme corps et âme des années 1970 ? En ont-ils tiré profit ou le déclassement social fut-il le prix à payer ? Face aux convictions politiques d’antan, les militants font-ils figure d’apostats ou sont-ils toujours ancrés dans un rapport critique au monde social ? Peut-on dire qu’il existe une génération 68 ou n’est-ce qu’un mythe recouvrant d’un voile épais une hétérogénéité de personnes plus grande qu’on ne l’imaginait ?


« Mai 68, émoi, émois et moi »

Libération, 21 mars 2018

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Saint-Michel, mai 1968. Photo : Keystone France

Que sont devenus les anonymes de 68 ? Une équipe de chercheurs a retrouvé plus de 300 féministes, gauchistes, syndicalistes. Fidèles à leurs idéaux contre toute attente, ils ont souvent payé le prix de leur engagement.

Extraits : 

Ils n’étaient pas sur les barricades du Quartier latin, ni même étudiants à Nanterre, ils ne s’appelaient pas Geismar ou Cohn-Bendit mais leur existence a tout autant basculé avec 68. Militants ordinaires des années folles du gauchisme, du féminisme, du syndicalisme, ils ont consacré leur vie à la transformation sinon du monde, du moins de la société. Pour la première fois, un travail de sociologie politique d’envergure donne une photographie précise des soixante-huitards et de leurs parcours. Qui étaient-ils ? Que sont-ils devenus ? Quelles ont été les conséquences de leur engagement sur leurs vies professionnelles et privées ?

Fruit de cinq années d’enquêtes menées par une trentaine de politistes et de sociologues, Changer le monde, changer sa vie, que publient ce 22 mars les éditions Actes Sud, dresse le portrait inédit de la France militante des années 70, loin de Paris, à travers cinq villes : Lille, Marseille, Lyon, Rennes, Nantes. Plus de 300 militants, actifs entre 1966 et 1983, ont été interviewés. Ce qu’ils disent de 68 et de leur engagement dresse un portrait type sensiblement différent du soixante-huitard jusqu’ici véhiculé. Tous ne sont pas devenus célèbres, occupant tous les postes de pouvoir : ils ont plutôt chèrement payé leur engagement en termes de déclassement professionnel. Ils ne sont pas non plus passés «du col Mao au Rotary» : à 70 ans passés, la plupart sont restés fidèles aux idéaux de leur jeunesse…

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« Mai 68: derrière les mythes, la réalité militante »

RCF Radio – Les Racines du présent, 19 mars 2018

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© Jacques Marie/ AFP

Après 50 ans, il est possible d’étudier les parcours des acteurs anonymes de Mai 68, et repérer leurs traces dans la société française.

Extrait : « Sortir de l’image d’Epinal de mai 68 »

Quand on évoque Mai 68, « au fil des commémorations, il y a une image qui s’était imposée, le quartier latin parisien, des acteurs, les étudiants, et un temps, mai et juin » explique Isabelle Sommier, professeur de sociologie politique à la Sorbonne, précisant que ce triptyque a évolué progressivement, sans offrir de « photographie de la population ordinaire« . Le travail de cette dernière a alors consisté à décentrer le regard, en travaillant sur cinq villes de province, en élargissant le temps, et en donnant à la parole à des militants ordinaires…

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« Mai 68 en quête de sens »

France culture – Le Journal des Idées, 23 mars 2018

Chronique par Jacques Munier

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Grève à Renault, 27 mai 68 © Keystone – Getty

Extraits : 

Une trentaine de chercheurs ont collecté les récits de vie de plus de 300 militants, actifs entre 1966 et 1983. Sous le titre Changer le monde, changer sa vie, publié aux éditions Actes Sud, l’ouvrage dresse le portrait inédit de la France militante des années 70, loin de Paris, à travers cinq villes : Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Ceux-là ne sont passés « du col Mao au Rotary » : à environ 70 ans d’âge, la plupart sont restés fidèles aux idéaux de leur jeunesse. Pour tracer ce portrait de soixante-huitards ordinaires, les chercheurs ont constitué, à partir du fichier des militants révolutionnaires tenus à l’époque par les RG, un échantillon des personnes engagées. Syndicalisme, féminisme, gauchisme : en tout 3 780 personnes ont été identifiées – en moyenne 750 personnes par ville – pour représenter le paysage militant de l’époque et plus de 360 parcours de vies ont été tirés de cette base. Olivier Fillieule, professeur de sociologie politique à l’université de Lausanne, l’un des codirecteurs de l’ouvrage, avec Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier, résume les principaux enseignements de ce travail, qui articule temps biographique et temps historique. Non, les soixante-huitards n’ont pas trusté les postes de pouvoir, bien au contraire, leur engagement militant les a souvent conduit à une forme de déclassement volontaire. Mai 68 ne fut pas dans l’ensemble une révolte d’enfants gâtés contre les pères, les familles et leurs valeurs :

« le militantisme des soixante-huitards n’est pas forcément ni toujours en rupture avec les transmissions familiales. »

Logiques et transformations des socialisations militantes

L’intérêt de l’ouvrage tient aussi aux logiques et aux transformations des socialisations militantes qu’il met au jour. « La mobilisation du Larzac, par exemple, ne défendait pas seulement un certain type d’agriculture et ne se limitait pas à l’antimilitarisme : elle posait aussi des questions relatives à l’identité occitane ou à la sauvegarde de l’environnement ». Travaillant la matière d’une tout autre mémoire, Jean-Baptiste Harang avait fait dans Libération, lors du trentième anniversaire de mai 68, un journal des événements à partir de la presse de l’époque, un ensemble opportunément publié aujourd’hui chez Verdier sous le titre Jours de mai. C’est le récit en direct de l’histoire immédiate… Avec en fond sonore les échos de la rumeur du monde, la prose ininterrompue de l’actualité ramène souvent l’événement dans le registre du fait-divers. « Place Maubert, le duel pavés contre grenades reprend, à l’arrière on dépave tandis qu’au front on apprend assez vite à relancer les grenades avant qu’elles n’explosent. Les gardes mobiles sont excédés. Maurice Grimaud, le préfet de police tente de retarder la charge, il se rend sur place et, tout sourire, déclare aux étudiants et devant quelques micros tendus :

« Parmi vous, il y en a peut-être un qui deviendra préfet de police. »

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« Les chrétiens aux avant-postes en mai 68 »

La Croix, 18 mars 2018

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Réunion à  l’Institut catholique de Paris, le 24 mai 1968. / Archives Ciric

Pour la première fois, une vaste étude sociologique s’intéresse à la participation massive des chrétiens, et notamment des catholiques, à la mobilisation des « années 68 ».

Extrait :

À Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes, une trentaine de chercheurs ont interrogé 400 acteurs qu’ils ont répartis en trois groupes : syndicalistes, féministes et gauchistes alternatifs (2). Surprise : parmi ces derniers, « 40 % sont passés par le scoutisme, 43 % par la JEC et 20 % par la JOC », énumère Isabelle Sommier. « Un peu plus âgés » que la moyenne, « plus souvent des femmes » et « plus souvent en couple », les manifestants catholiques se disent mus par la quête de « la justice », « la solidarité » plus que par « la colère, qui ressort davantage du discours des plus jeunes », remarque la sociologue…

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On en parle…

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Fillieule, O., & Sommier, I., Marseille années 68, Presses de Sciences-Po

L’histoire de Mai 68 ne s’est pas écrite qu’à Paris, et ses auteurs ne sont pas que des étudiants. Partout en France, d’autres territoires, d’autres militants ont contribué à faire de la décennie qui suivit l’explosion de mai un « âge d’or des luttes », jouant parfois un rôle de catalyseur au plan national.

C’est le cas de Marseille et des Bouches-du-Rhône, sur lesquels cet ouvrage porte un regard singulier. En dépouillant des archives récemment déclassifiées, notamment celles des Renseignements généraux, et en collectant de nombreuses interviews de soixantehuitards marseillais, il exhume une histoire sociale et politique inédite de la région. De la fin des années 1960 au milieu des années 1980, il dévoile une cité phocéenne à l’avant-garde de combats tels que la défense des travailleurs immigrés et la reconnaissance des mouvements féministes, lesbiens et homosexuels.

Loin de la vulgate officielle centrée sur quelques figures médiatiques, Marseille années 68 fait revivre les actions de milliers de femmes et d’hommes « ordinaires » qui se sont engagés pour un monde plus juste et qui ont payé lourdement cet engagement, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

Il réhabilite une époque et une génération souvent mises en accusation et instrumentalisées à des fins politiques.


« Mai 68 hors les murs »

Le Monde, 7 mars 2018

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Cinquante ans après, les commémorations se répètent mais l’histoire se renouvelle. L’écrivain Yannick Haenel, Prix Médicis 2017, a ainsi lu deux livres collectifs sur le soulèvement à Lyon et à Marseille.

Extrait : 

C’est reparti : on commémore les 50 ans de Mai 68. D’emblée, on aurait envie de faire du mauvais esprit : les commémorations ne relèvent-elles pas du bla-bla, de la fausse mémoire ? Guy Debord n’écrivait-il pas, dans La Société du spectacle (Buchet-Chastel, 1967), que les ­ « vérités respectables » ne sont que des « mensonges » ?

On ne peut s’empêcher de penser que, aujourd’hui, quand tout le monde commémore Mai 68, c’est-à-dire la réussite petite-bourgeoise du mouvement, le point de vue révolutionnaire ne parvient nulle part à se faire entendre. A une époque où la fausse vie exerce son emprise dans tous les domaines, où l’oppression économique n’admet plus aucune contestation, on peut comprendre que la liberté, l’effervescence, la radicalité d’un tel passage à l’acte soulèvent encore maintenant des passions : nostalgie de la part des frustrés de la révolution, ressentiment de la part des verrouilleurs du capitalisme.

Mai 68 témoigne à présent d’une insolente maturité. Si certains d’entre nous pleurent sur le beau rêve bafoué de Mai 68 et en idéalisent l’aventure, le libéralisme désormais planétaire en organise en toute impunité l’évacuation pure et simple. Et n’est-ce pas une manière efficace de neutraliser les luttes que d’en célébrer le folklore, et de faire spectacle du ­Quartier latin avec ses barricades en noir et blanc ?…

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On en parle…

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Lebourg N. Sommier I. (dir.), La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve Éditions

Le programme « Violences et radicalités militantes en France » (VIORAMIL) de l’Agence nationale de la recherche, dirigé par François Audigier, vient de publier le troisième volume de ses travaux : Nicolas Lebourg et Isabelle Sommier dir., La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours. Editions Reveneuve. Il fait suite à l’ouvrage dirigé par Fanny Bugnon et Isabelle Lacroix, Les territoires de la violence politique en France (1962-2012), et à François Audigier (dir.), Histoire des services d’ordre en France du XIXe siècle à nos jours . En décembre dernier a également eu lieu à l’Université de Lorraine, sous la direction de Pascal Raggi, un nouveau colloque qui donnera jour au prochain volume : Syndicats et coordinations face à la violence militante.


« Notre époque ou le «ventre mou» de la radicalité politique contemporaine »

Libération, 24 janvier 2018

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Des militants du Black Bloc derrière une banderole ‘bienvenue en enfer’ lors d’une manifestation en juillet 2017 à Hambourg (photo : Pawel Kopczynski, Reuters)
Un livre appréhende la pacification du monde politique et la dédiabolisation des extrêmes à l’heure où leur radicalité se réfugie à la marge. 
Extrait :

Huit mois après une présidentielle qui a vu pour la deuxième fois de l’histoire de la cinquième République un Le Pen arriver au second tour, il était temps de s’interroger. Comment le paysage politique français a-t-il basculé dans une époque normalisant les partis extrémistes à ce point ? Comment le Front national s’est-il dédiabolisé au point que ses leaders apparaissent aujourd’hui parmi les politiques les plus plébiscités par les électeurs français ? En partie parce que la radicalité des mouvements d’extrême droite (mais aussi par ailleurs d’extrême gauche), s’est réfugiée aux marges. Dans les territoires des ultras. La violence militante «classique» n’a pas disparu, au contraire elle s’est structurée, idéologisée. Mais elle est entrée dans une nouvelle époque, où il est plus affaire de groupes, de réseaux et d’ennemis désignés, que d’agenda ou perspectives. Dans La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, un livre dirigé par l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, et la sociologue Isabelle Sommier, spécialiste des conflits sociaux et des radicalités, dix chercheurs appréhendent la violence physique en politique en France, la haine contemporaine et sa mue, des années 80 à nos jours…

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« Peut-on assister à un retour en force de la radicalité politique? »

Slate.fr, 15 décembre 2017

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Marche organisée par les opposants au projet d’aéroport dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 21 octobre 2017 | Loïc Venance / AFP

Dans La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours,à paraître chez Riveneuve ce 14 décembre, Isabelle Sommier et Nicolas Lebourg rassemblent des études sur les marges radicales de droite et de gauche. Les auteurs préviennent: «Explorer le cœur des radicalités, des néo-nazis aux ultra-gauches, ce n’est pas les amalgamer. C’est vouloir comprendre le basculement d’une société qui, à partir des années 1980, récuse toute valeur à la violence politique.»  Slate.fr publie, dans une version remaniée, des extraits de la conclusion de l’ouvrage faite par Nicolas Lebourg.

Extraits : ‘Les guerres franco-françaises’

En somme, c’est, fondamentalement, la place des radicalités dans les normes admises par la société qui a évolué. La période étudiée a bien connu une rupture en la matière. Or, les marges radicales jouent leur rôle dans la représentation que la France se fait d’elle-même. Mais elles s’inscrivent dans un long cours liant structures politiques et économiques. Depuis la fin du Moyen Âge, la structuration du pays entre un État centralisateur et une propriété parcellaire a induit ce que l’historien Michel Winock nomme une «guerre civile latente», à la fois cause et conséquence de «la parcellisation du corps social». En toutes choses, la culture d’Ancien Régime répondit à ce trait par l’exaltation des valeurs unitaires, en une conception résumée d’une formule lapidaire par Bossuet: «En l’unité est la vie, en dehors de l’unité la mort est certaine». La Révolution française poursuivit la dynamique unificatrice là où l’État monarchique buta, mais au prix d’une instabilité institutionnelle qui put fortifier cet effet culturel d’auto-représentation antagoniste.  Entre 1789 et 1815, le changement permanent de nature du pouvoir amenait à ce que «la culture politique française [soit] une culture historiquement conflictuelle, c’est-à-dire pensant historiquement ses conflits et conflictuellement son histoire», selon la formule de l’historien Philippe Burrin.

Ce système structura la vie politique parlementaire comme extra-parlementaire, l’historien Serge Berstein considérant même qu’au sein des démocraties libérales existait une exception française de 1929 à 1974, de par le degré de violences verbales et physiques qui était admis dans le pays. À l’aune des contributions que nous avons rassemblées, la date-butoir nous paraît plus être 1981, et en conservant à l’esprit que, dès 1984, avec ce que la formule établie nomme la «guerre scolaire», le débat public remobilise l’idée que la société française serait en proie aux «guerres franco-françaises» et qu’en définitive le consensus français serait le dissensus politique…

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Les publications d’Isabelle Sommier :

Travaux en préparation

  • Breaking the Law. Violence and Civil Disobedience in Protest, avec Graeme Hayes et Sylvie Ollitrault, ouvrage à paraître en 2018 chez Amsterdam University Press (sous presse).

Ouvrages parus

  • Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et collectif Sombrero, Arles, Actes Sud 2018.
  • Marseille, années 1968, en codirection avec Olivier Fillieule, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, en codirection avec Nicolas Lebourg, Riveneuve, Paris, 2017.
  • Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), en co-direction avec Johanna Siméant et Marie-Emmanuelle Pommerolle, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, 271 p.
  • Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, 358 p.
  • Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, 330 p.
  • La violence révolutionnaire, Paris, Presses de Sciences Po, coll. Contester, 2008, 164 p. Traduit en espagnol chez Ediciones Nueva Vision, Buenos Aires, 2009 ; en italien chez DeriveApprodi, 2009 ; en grec, 2011 ; en turc 2012 ; en cours de traduction arabe et anglaise (publication prévue en janvier 2017).
  • Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Paris, Karthala, 2008, 293 p.
  • Officier et communiste dans les guerres coloniales, avec Jean Brugié, Paris, Flammarion, 2005, 435 p.
  • Radiographie du mouvement altermondialiste, en co-direction avec Eric Agrikoliansky, Paris, La Dispute, 2005, 318 p.
  • Le renouveau des mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation, Paris, Flammarion, Champs, 2003, 342 p. (version actualisée et doublée des nouveaux mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation nominée pour participer au concours du livre politique de l’année, samedi 7 février 2004, à l’Assemblée nationale), réédition été 2005.
  • La France rebelle, en co-direction avec Xavier Crettiez, Paris, Michalon, 2002, 569 p. (2eédition actualisée et augmentée, octobre 2006, 700 p.)
  • Les nouveaux mouvements contestataires à l’heure de la mondialisation, Paris, Flammarion, Domino, 2001, 128 p.
  • Le terrorisme, Paris, Flammarion, Domino, 2000, 128 p.
  • Les mafias, Paris, Montchrestien, clef, 1998, 156 p.
  • La violence politique et son deuil. L’après 68 en France et en Italie, Presses Universitaires de Rennes, 1998, 253 p. (2e réédition 2008).

Articles dans des revues à comité de lecture

  • « Les gauches alternatives en France, du bouillonnement des années 1968 aux recompositions de la fin de siècle », avec Philippe Buton et Sébastien Repaire, La Revue historique, n° 684, octobre 2017.
  • « A la recherche du Graal. Retour sur l’expérience éphémère d’une « autre recherche possible », Ethnographiques, n° 32, 2016.
  • “French involvement in the global justice movement. From the European social forums to the world social forum in Dakar”, French Politics, 2016, p. 311-328.
  • « Sentiments, affects et émotions dans l’engagement à haut risque », in Terrains Théories (revue en ligne), n° 2, 2015.
  • « Penser la violence politique », entretien pour Tracés, hors série 2014, p. 73-83.
  • « Gli anni di piombo visti dalla Francia » “La Francia e gli “anni di piombo” : dalla “dottrina Mitterrand” al caso Battisti”, in Rivista di Politica, n° 2, 2013, p. 195-205.
  • “La extrema izquierda en Francia e Italia. Los diferentes devenires de una misma causa revolucionaria », in Ayer (revue espagnole d’histoire à comité de lecture), n° 92, 2013, p. 147-169.
  • « Généalogie du mouvement altermondialiste en France », avec Olivier Fillieule, in Cahier d’histoire immédiate, n° 41, 2012, p. 61-76.
  • « Engagement radical, désengagement et déradicalisation. Continuum et lignes de fracture », in Lien social et Politiques, n° 68, 2012, p. 15-35.
  • « Le renouveau de la critique sociale en France. Entre mythes et réalité », in Modern and Contemporary France, vol. 20, number 2, may 2012, p. 153-183.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage de P. Barron et al. On bosse ici, on reste ici ! La grève des sans-papiers, in Sociologie du travail, vol. 54, n° 1, janvier – mars 2012, p. 138-139.
  • « Vers une approche unifiée de la conflictualité sociale », in Sociologie du travail, vol. 53, n° 2, avril – juin 2011, p. 176-180.
  • « Observer les mobilisations. Retour sur les ficelles du métier de sociologue des mouvements sociaux », co-écrit avec Hélène Combes, Choukri Hmed, Lilian Mathieu et Johanna Siméant, in Politix, n° 93, 2011, p. 7-27.
  • « Revolutionary groups after 1968 : Some lessons drawn from a comparative analysis », in Twentieth Century Communism, n° 2, 2010, p. 66-91.
  • « Italie. Genèse et acteurs de l’altermondialisme », in Grande Europe (revue numérique de la Documentation française), n° 16, janvier 2010, p. 39-45.
  • « Japon, années de plomb », in Le Mouvement social, n° 105, janvier-mars 2010, p. 242-244.
  • « Engagement et distanciation à Sauvons la recherche (SLR). Une sociologue des mouvements sociaux dans l’action », in Genèses, n° 7, décembre 2009, p. 137-151.
  • « Les processus de diffusion des révoltes juvéniles de 68 », in Histoire@politique (revue électronique du Centre d’histoire de Sciences po), n° 6, septembre-décembre 2008.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage d’Enrico Fenzi, « Armes et bagages. Une histoire des Brigades rouges », in Le mouvement social. Le Mouvement Social, n° 219-220, avril-septembre 2008.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage d’Hélène Hatzfeld, « Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 1970 », in Le Mouvement Social, n° 219-220, avril-septembre 2007, p. 233-236.
  • « L’altermondialisme », in Tracés, n° 11, 2006, p. 161-174.
  • « L’altermondialisme en réseaux. Trajectoires militantes, multipositionnalité et formes de l’engagement : les participants du contre-sommet du G8 d’Evian », co-écrit avec Eric Agrikoliansky, Philippe Blanchard, Mario Bandler, Olivier Fillieule et Florence Passy in Politix, n° 17, 2004, p. 13-48.
  • « Du ’terrorisme’ comme violence totale ? », in Revue internationale de sciences sociales, 2003, p. 525-533 (publié également en anglais : « ’Terrorism’ as total violence ? », in International social science journal, n° 174, décembre 2002, p. 473-481).
  • « Les attentats du 11 septembre : continuité et rupture des logiques du terrorisme », co-écrit avec Xavier Crettiez, in Annuaire français des relations internationales, 2002, p. 58-69.
  • « Repentir et dissociation : la fin des années de plomb en Italie ? », in Cultures et conflits, n° 40, automne 1999, p.43-62.
  • « L’attrait de la guerre révolutionnaire », in Sociétés et représentations, n° 6, juin 1998, p. 333- 350.
  • Note bibliographique sur l’ouvrage de Donatella Della Porta, « Social movements, political violence and the State. A comparative analysis of Italy and Germany », in Revue Française de Science Politique, 46, 5, octobre 1996.
  • « Les années 68 entre l’oubli et l’étreinte des années de plomb », in Politix, n° 30, 1995, p. 168-177.
  • « Mai 68 : sous les pavés d’une page officielle », in Sociétés contemporaines, n° 20, décembre 1994, p. 63-79.
  • « CGT : du service d’ordre au service d’accueil », in Genèses, n°12, mai 1993, p. 69-88.
  • « La scénographie urbaine des manifestations syndicales », in Les Annales de la Recherche Urbaine, n° 54, 1992, p. 105-112.
  • « La Résistance comme référence légitimatrice de la violence, le cas de l’extrême gauche italienne », in Politix, n°17, premier trimestre 1992, p. 86-103.

Chapitres d’ouvrages

  • « Les gauches alternatives vues de Province », in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Quand le je s’oppose au nous (et vice versa), avec Bleuwenn Lechaux, in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Déprises. Logiques du désengagement et évaluations rétrospectives », avec Olivier Fillieule in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.),Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • « Le devenir des utopies », avec Mathilde Pette, in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet et Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie, en codirection avec, Arles, Actes Sud 2018.
  • Introduction, avec Olivier Fillieule, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Marseille en mutation, 1966-1989 », avec Olivier Fillieule et l’équipe marseillaise, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Marseille est dans la rue. Mesures de la conflictualité sociale », avec Olivier Fillieule et l’équipe marseillaise, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Les luttes des gauches alternatives » avec Laure Fleury, in Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (dir.), Marseille, années 1968, Paris, Presses de Science Po, 2018.
  • « Le ventre mou de la radicalité politique contemporaine », in Nicolas Lebourg et Isabelle, La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve, 2017, p. 7-28.
  • « L’engagement radical a-t-il un âge ? », in Daniel Marcelli (dir.), Adolescents en quête de sens : parents et professionnels face aux engagements radicaux, Toulouse, Erès, 2016 et supplément du n° 619 (avril-mai-juin) de la revue L’école des parents, p. 61-78.
  • “Anti-globalisation. The Waterloo’s European Battle”, in Guya Accornero et Olivier Fillieule,Social Movement Studies in Europe. The State of the Art, Berghahn Books, Protest, Culture & Society series, 2016, p. 118-132.
  • “What can quantitative surveys tell us about GJM activists ?” in Johanna Siméant, Marie-Emmanuelle Pommerolle, Isabelle Sommier (ed.), Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, p. 21-40.
  • “Introduction”, in Johanna Siméant, Marie-Emmanuelle Pommerolle, Isabelle Sommier (ed.), Observing Protest from a Place : the World Social Forum in Dakar (2011), Amsterdam, Amsterdam University Press, 2015, p. 11-20.
  • « Emotion et politique », in Fabrice Fernandez, Samuel Lézé et Hélène Marche (dir.), Les émotions. Une approche de la vie sociale, Paris, éditions des archives contemporaines, 2013.
  • « Sortir de la violence. Les processus de démobilisation des militants d’extrême gauche », in Ivan Carel, Robert Comeau et Jean-Philippe Warren (dir.), Violences politiques. Europe et Amériques 1960-1979, Montréal, Lux éditeur, 2013, p. 265-282.
  • Préface à l’ouvrage d’Ariane Jossin, Trajectoires de jeunes altermondialistes en France et en Allemagne, Rennes, PUR, 2013, p.11-15.
  • “The Emergence and Development of the No Global Movement in France. A Genealogical Approach”, avec Olivier Fillieule, in Laurence Cox et Cristina Flesher Fominaya (dir.), Understanding European Movements : New Social Movements, Global Justice Struggles, Anti-Austerity Protest, London & New York, Routledge, 2013, p. 47-60.
  • « Entre nouveau et ancien, local et global. Eléments de réflexion sur l’hypothèse d’un cycle de protestation », in Patricia Vendramin, L’engagement militant, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2013, p. 49-108.
  • « Sociologie de l’action collective », in Danielle Tartakowsky et Michel Pigenet (dir.), Histoire des mouvements sociaux, La Découverte, 2012, p. 367-377.
  • « Introduction », avec Michel Pigenet, de la partie « Technologie, mouvements sociaux, mobilisations » de Françoise Blum (dir.), Des radios de lutte à Internet. Militantismes médiatiques et numériques, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, p.13-20.
  • « Emprise et empreinte(s) de la relation d’enquête », in Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, p. 291-305.
  • « Introduction », avec Xavier Crettiez, in Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverse avec Philippe Braud, en co-direction avec Xavier Crettiez, Rennes, PUR, 2012, p. 9-17.
  • « La contestation juvénile des années 1960 : âge de la rébellion ou temps de la révolution ? », in Anne Muxel, La politique au fil de l’âge, Presses de Science Po, 2011, p. 250-265.
  • “La legittimazione della violenza : ideologie e tattiche della sinistra extra-parlamentare”, in Simone Neri Serneri (dir.), Verso la lotta armata. La politica della violenza politica nella sinistra radicale negli anni Settanta, Bologna, Il Mulino, 2012, p. 265-281.
  • « Insurrection et terrorisme ou violence totale : la violence d’extrême gauche dans les années 68 », in Stéfanie Prezioso et David Chevrolet (dir.), L’heure des brasiers. Violence et révolution au XXe siècle, Lausanne, éditions d’en bas, 2011, p. 59-74.
  • « Las izquierdas francesas. Reconfiguraciones 1968-2005 », co-écrit avec Hélène Combes, in Sergio Tamayo (dir.), Viejas izquierdas, nuevas izquierdas, México, Ediciones de la UAM, 2011, p. 105-129.
  • « Les manifestations de la politique contestataire », in Danielle Tartakowsky (dir.), Paris manif’, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 142-154.
  • « Ecriture sociologique et labellisation politique : réflexions autour d’un procès en diffamation », avec Juan José Torreiro, in Sylvain Laurens et Frédéric Neyrat (dir.), Droit d’enquêter, droits des enquêtés, éditions du Croquant, 2010, p. 39-54.
  • « Réflexions autour de la ‘menace’ ultra-gauche, in Xavier Crettiez et Laurent Mucchielli (dir.), Les violences politiques en Europe, Paris, La Découverte, 2010, p. 45-65.
  • « Les états affectifs ou la dimension affectuelle des mouvements sociaux », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p. 185-202.
  • « Diffusion et circulation des mouvements sociaux », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p.101-120.
  • « Introduction », in Penser les mouvements sociaux, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, La Découverte, collection Recherche, 2010, p. 7-18.
  • « Histoire inachevée. Enjeux et limites des interprétations des « ’années de plomb’ », in Marc Lazar et Marie-Anne Matard-Bonucci (dir.), L’Italie des années de plomb, Paris, Autrement, 2010, p. 133-146.
  • « The Generational Issue : The Impact of Organizations’Age on Visions of Democracy », avec Hélène Combes et Nicolas Haeringer, in Donatella Della Porta (ed.), Democracy in Social Movements, London, Palgrave Macmillan, 2009, p. 217-233.
  • « The Social bases of the GJM mobilization and democratic forms », avec Massimiliano Andretta, in Donatella Della Porta (ed.), Another Europe. Conceptions and Practices of Democracy in the European Social Forums, London & New York, Routledge, 2009, p. 111-127.
  • Entrée « Terrorisme » et « mouvement altermondialiste » du Nouveau manuel de science politique dirigé par Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort, Paris, La Découverte, 2009.
  • Entrées « Cycles », « Contre-mouvement », « Emotions », « Privation relative », in Olivier Fillieule, Cécile Péchu, Lilian Mathieu, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.
  • « D’une crise à l’autre, des années 1940-50 aux années de plomb » in Marc Lazar (Dir.), L’Italie depuis 1945, Fayard, 2009, p. 55-67.
  • « Les émotions et la sociologie des mouvements sociaux », conclusion co-écrite avec Sandrine Lefranc de l’ouvrage dirigé par Christophe Traïni, Emotions… Mobilisation !, Presses de Sciences po, 2009, p. 273-293.
  • « Mai 68 entre célébration et dénonciation », in Les années 68. Un monde en mouvement, BDIC, Syllepse, 2008, p. 416-425.
  • Entrées concernant l’Italie (Mai rampant, Il Manifesto, Terrorisme, Bruno Trentin, Violence) in Dictionnaire de mai 68 co-dirigé par Henry Rey et Jacques Capdevielle, Larousse, 2008.
  • « Les gauchismes », in Frédérique Matonti, Bernard Pudal, Dominique Dammame et Boris Gobille (dir.), Mai-juin 68 dans le siècle, Paris, éd. de l’Atelier, 2008, p. 295-305.
  • Avant-propos et Introduction « Les altermondialismes entre national et global », avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, de Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, en co-direction avec Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Paris, Karthala, 2008 p. 7-39.
  • « Sur la généalogie de l’altermondialisme en France », in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky, Généalogie du mouvement antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2008, p. 87-114.
  • « The Global Justice Movement in France » (avec Hélène Combes), in D. Della Porta (dir.), The Global Justice Movement, Boulder, Londres, Paradigm, 2007, p. 103-127.
  • « Le rap engagé en Italie : un fil rouge entre les années 1968 et les années 1990 ? », in Justyne Balasinski et Lilian Mathieu (dir.), Art et contestation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 137-151.
  • Entrée « Nouveaux mouvements contestataires », in Cynthia Ghorra-Gobin (dir.), Dictionnaire des mondialisations, Paris, Armand Colin, 2006, p. 76-79.
  • « La menace terroriste : entre logiques expertes et mobilisation des passions politiques », in Anne-Marie Dillens (dir.), La peur. Emotion, passion, raison, Bruxelles, Facultés universitaires de Saint-Louis, 2006, p 67-84.
  • Introduction « Les figures du rebelle », avec Xavier Crettiez, de La France rebelle, Paris, Michalon, 2006, p. 13-28.
  • Entrées « A la gauche des partis historiques » (p. 179-209), « La rébellion dans la communication » (avec Dominique Cardon, p. 503-514), in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier, La France rebelle, Paris, Michalon, 2006.
  • « La France rebelle au-delà de l’hexagone », in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier, La France rebelle, Paris, Michalon, 2006, p. 643-654.
  • Entrée « Altermondialisme » du Dictionnaire des idées, Encyclopedia Universalis, 2005, p. 32-33 (version actualisée et augmentée, parue en 2008).
  • « Une expérience ‘incommunicable’ ? Les ex-militants d’extrême gauche français et italiens », in Olivier Fillieule (dir.), Le désengagement, Paris, Belin, 2005, p 171-188.
  • Introduction, avec Eric Agrikoliansky, de Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 7-16.
  • « Produire l’événement : logiques de coopération et conflits feutrés », in Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier, Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 19-43.
  • « Formes et publics de l’altermondialisme », avec Eric Agrikoliansky, in Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier, Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005, p. 287-303.
  • Entrée « France », in Bogdan Szajkowski (dir.), Revolutionary and Dissident Movements of the World, London, John Harper Publishing, 2004, 4e édition, p. 118-126.
  • « La fin de la guerre froide a modifié la carte mondiale du crime organisé », in Serge Cordellier (Dir.), Le nouvel état du monde, Paris, La Découverte, 1999, p. 160-162.
  • « Violence politique et violence criminelle : la porosité des frontières », in Xavier Crettiez (Dir.), Le silence des armes ? L’Europe à l’épreuve des séparatismes violents, Paris, La documentation française, 1999, p. 33-50.
  • « Un espace politique non homologué : les Centres Sociaux Occupés et Autogérés en Italie », in CURAPP, La politique ailleurs, PUF, 1998, p. 117-129.
  • « Un nouvel ordre de vie par le désordre. Histoire inachevée des luttes urbaines en Italie », CURAPP, Le désordre, PUF, 1997, p. 145-159.
  • « La dialectique violence physique-violences symboliques. L’exemple de la violence ouvrière dans les années 68 », in CURAPP, La gouvernabilité, Paris, PUF, 1996, p. 63-76.
  • « Paradoxes de la contestation. La contribution des services d’ordre syndicaux à la pacification des conflits sociaux », in Actes du IIe congrès mondial sur la violence et la coexistence humaine, Montréal, éd. de Montmorency, 1994, tome IV, p. 332-336.
  • « Virilité et culture ouvrière : pour une lecture des actions spectaculaires de la CGT », in Philippe Braud (Dir.) La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 341-356.

Entrées de dictionnaires

  • Entrée : « Terrorisme » et « mouvement altermondialiste » in Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort (dir.), Manuel de science politique, Paris, La Découverte, 2008.
  • Entrées : « Cycles », « Contre-mouvement », « Emotions », « Privation relative », in Olivier Fillieule, Cécile Péchu, Lilian Mathieu (dir.), Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, à paraître en 2007.
  • Entrée : « Nouveaux mouvements contestataires », in Cynthia Ghorra-Gobin (dir.), Dictionnaire des mondialisations, Paris, Armand Colin, 2006, p. 76-79.
  • Entrées : « A la gauche des partis historiques » (p. 179-209), « La rébellion dans la communication » (avec Dominique Cardon, p. 503-514), in Xavier Crettiez et Isabelle Sommier (dir.), La France rebelle, Paris, Michalon, 2006.
  • Entrée : « Altermondialisme » du Dictionnaire des idées, Encyclopedia Universalis, 2005, p. 32-33 (version actualisée et augmentée, 2008).
  • Entrée : « France », in Bogdan Szajkowski (dir.), Revolutionary and Dissident Movements of the World, London, John Harper Publishing, 2004, 4e édition, p. 118-126.

Notes bibliographiques

  • Hélène Hatzfeld. Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 1970Le mouvement social.
  • Donatella Della Porta. « Social movements, political violence and the State. A comparative analisis of Italy and Germany », in Revue Française de Science Politique, 46, 5, octobre 1996.

Traductions

  • Avec Hélènes Combes. « Les nouveaux mouvements globaux en Espagne » de Manuel Jimenez et Ángel Calle (de l’espagnol au français), in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Avec F. Simon-Ekovitch. « Les origines du « mouvement des mouvements italiens » de Lorenzo Mosca et Donatella Delle Porta (de l’anglais au français) in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Avec Oilivier Fillieule. « Responsabilité directe. Hybridations croisées entre catholiques et laïcs dans les mouvements pour la paix en Italie », de Simone Tosi et Tommaso Vitale (de l’anglais et l’italien au français) in Isabelle Sommier, Olivier Fillieule et Eric Agrikoliansky (dir.), La généalogie des mouvements antiglobalisation en Europe. Une perspective comparée, Paris, Karthala, 2007.
  • Traduction de textes italiens pour Marc Lazar (dir.), La gauche en Europe depuis 1945. Invariants et mutations du socialisme européen, Paris, PUF, 1996.
  • « La destinée de la subculture rouge dans le centre-nord de l’Italie » de Mario Caciagli (traduit de l’italien), Politix, n° 30, 1995, p. 45-60.
  • Avec C. Bouillaud. « Les difficultés du consociativisme » de Alessandro Pizzorno, (traduit de l’italien) Politix, n° 30, 1995, p. 91-112.
  • « Ambiguïté de la violence politique : la persécution religieuse pendant la guerre civile espagnole » de Gabriele Ranzato, p. 99-112, in Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993.
  • « La régulation sociale par la violence. Le rôle de la criminalité organisée dans l’Italie méridionale » de Raimondo Catanzaro, p. 173-186, in Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993.

A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.