Johanna Siméant, professeure des universités (ENS/CESSP) publie, accompagnée d’autres universitaires, une tribune dans Libération appelant à la révision de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.

La réforme de l’accès à l’enseignement supérieur entend conditionner à des « attendus » l’entrée des étudiants dans chaque filière. Officiellement, il s’agi de lutter contre l’échec à la fac. En réalité, le « plan étudiants » du gouvernement n’est qu’une vaste machine à trier.

Les paroles du groupe de rap IAM n’ont jamais sonné plus juste, à la veille d’une réforme annoncée – mais pas encore votée ! – touchant l’accès à l’université : «Pas nés sous la même étoile…» Le gouvernement entend instaurer des «attendus» nationaux et locaux – le flou n’étant pas le moindre des défauts de cette réforme – afin de «mieux orienter» les lycéens dans le choix de leurs études à l’université. Des millions de vœux seraient ainsi examinés, voire en partie automatisés. Selon quels critères? types de bac? de lycée? notes de première et terminale? voire du brevet des collèges? Les idées ne manquent pas! Tout cela donnerait lieu à un classement aboutissant in fine à une inscription dans la filière de leurs choix pour les «meilleurs bacheliers» que l’on commence à appeler les «bacheliers étoiles», et là où il reste de la place pour les autres. On ne le sait que trop : les inégalités scolaires s’enracinent largement dans des inégalités sociales (ce que les Anglo-Saxons nomment «an accident of birth») et accéder aux diplômes du supérieur, c’est se donner plus de chances d’éviter le chômage, les jobs mal payés, les statuts précaires… Bref, le système scolaire reste l’un des piliers de la reproduction sociale, certes, mais les efforts de démocratisation scolaire ont aussi aidé la mobilité sociale ascendante des classes populaires stabilisées et des (petites) classes moyennes, et cela, on le dit moins.

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Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.