« A côté de Mélenchon, il y a un espace pour une autre gauche »

Libération, 6 mars 2018

Entretien avec Frédéric Sawicki

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Au siège du Parti socialiste, en juin 2017. Photo Denis Allard. Réa

Extraits : 

Jean-Luc Mélenchon truste le credo de la «gauche de combat», Macron est censé occuper le centre gauche au-delà des clivages, y a-t-il encore un espace pour le PS ?

A court terme, le principal obstacle pour le PS, c’est surtout Benoît Hamon et son mouvement Génération·s. Au-delà de son faible score à la présidentielle, l’ancien socialiste est crédité d’une notoriété, d’un sens de l’audace et d’une image sympathique qui peuvent faire de l’ombre au nouveau leader que le PS va se choisir.

Aux prochaines européennes, il y aura une liste socialiste et à côté une liste du mouvement Génération·s de Benoît Hamon. Peut-on parler d’un fauteuil pour deux ?

Oui, d’autant que Hamon va sûrement rallier des figures d’EE-LV, le partenaire du PS en 2012. Il ne sera d’ailleurs pas aisé pour le PS de choisir sa tête de liste pour les européennes.

Revenons à Mélenchon et Macron…

Vis-à-vis de Mélenchon, les choses sont plus simples : on voit bien que sur l’Europe comme sur les questions internationales ou plus largement sur la manière de s’opposer, il y a clairement un espace pour une autre gauche. Quant à Macron, au-delà de sa promesse originelle de «prendre le meilleur de la gauche», ses orientations économiques et sociales, mais aussi son positionnement sur les questions d’éducation ou sur les réfugiés libèrent un espace pour une gauche progressiste et humaniste. On le voit bien dans les sondages : Macron voit surtout sa popularité baisser chez les électeurs de gauche…

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« PS : OK ou pas OK ? »

AOCmédia, 1er février 2018

Par Frédéric Sawicki

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Quatre candidats se disputent depuis quelques jours le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Mais au-delà du choix d’une personnalité, c’est la capacité à retrouver une ligne politique claire, et surtout une légitimité qui dépasse sa base militante désormais étique, qui éviteront au PS de sombrer, comme avant lui le parti socialiste grec…

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« Pour le PS, renouveler son personnel politique

est un défi »

L’Obs, 27 janvier 2018

Frédéric Sawicki (CESSP/ Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne) analyse le parcours de quatre hommes, candidats à l’élection de premier S-secrétaire du Parti Socialiste : Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel.

 

Entretien avec Frédéric Sawicki

Pour le PS

Quatre hommes  – Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel – sont officiellement candidats au poste de premier secrétaire du PS, Julien Dray n’ayant finalement pas présenté de candidature et celle de Delphine Batho ayant été rejetée. Quelles sont leurs lignes ? Qu’est ce qui les rapproche ? Les différencie ? Décryptage avec le politologue Frédéric Sawicki, spécialiste du Parti socialiste et des pratiques militantes, et professeur à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

Suite de l’entretien « le Parti socialiste est-il ‘une mafia’, comme le dit Delphine Bartho? », par Baptiste Legrand.

Extrait:

L’Obs : Les prétendants au poste de premier secrétaire du PS sont au moins d’accord sur une chose : ils promettent tous le renouvellement ! Cela veut-il dire que le PS en a fini avec les inamovibles Cambadélis, Borgel, Dray, etc. qui le dirigent depuis des années ?

Frédéric Sawicki : C’est souhaitable, car le discrédit dont est victime le PS s’explique en partie par cette permanence de son personnel politique. C’est sur la thématique du renouvellement qu’Emmanuel Macron a gagné l’élection présidentielle. C’est aussi ce qui a permis à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon de tirer son épingle du jeu à gauche aux législatives. Si le PS est représenté par des personnalités qui portent la responsabilité du quinquennat de François Hollande, il risque fort d’avoir du mal à remonter la pente…

Mais il est particulièrement difficile de renouveler le personnel politique au moment où de nombreux membres ont préféré quitter ce parti. Le PS compte peu de jeunes, tandis qu’entre un cinquième et un quart de ses membres actifs sont des élus ou des collaborateurs d’élus, professionnels de la politique depuis longtemps, et souvent peu tournés vers l’innovation.

Le renouveau incarné par la campagne de Benoît Hamon – il a réussi à attirer un certain nombre de nouveaux militants – ne se traduit pas par une revitalisation du PS car ces personnes ont rejoint son nouveau parti, Génération.s. De plus, un certain nombre de jeunes élus ont été attirés par le macronisme et ont rejoint En Marche !. Comment renouveler avec un vivier aussi peu diversifié ?

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A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.