Albert Ogien est directeur de recherches au CNRS et membre de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS. Ses travaux portent aujourd’hui sur trois thèmes : l’extension et les effets du phénomène gestionnaire dans l’organisation de l’activité de gouvernement et dans la définition de l’action publique (en examinant la mathématisation du monde social et la substitution des catégories de raisonnement gestionnaire aux catégories du raisonnement politique) ; l’analyse des mouvements de protestation politique extra-institutionnelle (rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis) qui se développent actuellement ; le développement d’une démarche de sociologie analytique, qui exige un travail théorique (autour de l’ethnométhodologie, l’interactionnisme réaliste, du pragmatisme et de la philosophie du langage ordinaire) et une réflexion méthodologique (autour des outils et des objets de l’ethnographie de nature sociologique).


Ouvrages récents :

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte, 2017

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Le principe démocratie, La Découverte, 2014

 

 

 

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Pourquoi désobéir en démocratie?, La Découverte, 2010

 


Interventions dans les médias :

« Re-découvrir la démocratie »

France culture, 18 novembre 2017

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Et si l’usage aussi sauvage qu’intempestif du mot « populisme » s’avère souvent le symptôme d’une véritable haine de la démocratie. Raison de plus pour la reconstruire proposent la philosophe Sandra Laugier, le sociologue Albert Ogien, puis, en dialogue avec eux, l’écrivaine Cloé Korman, invités de Sylvain Bourmaeu dans l’émission la Suite dans les Idées.

« Populisme » : l’anathème a fleuri depuis des mois dans l’espace public, bien loin, la plupart du temps, d’une tentative de description sérieuse d’un phénomène politique complexe, bandi, opposé et apposé, plutôt, comme un stigmate sur des objets et des personnes que, souvent, tout sépare, s’agissant de politique.

L’usage proliférant de ce mot – populisme – ne fait pas qu’ajouter à la confusion ambiante – ce dont nous n’avions assurément pas besoin. Il mine profondément la démocratie, rien de moins. C’est la thèse que développent et argumentent la philosophe Sandra Laugier et le sociologue Albert Ogien dans un nouvel essai, le troisième co-écrit ensemble.

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« Notre société n’a jamais été autant politisée »

Les Inrockuptibles, 12 septembre 2017

 Entretien avec Albert Ogienuniversity-students-march-during-a-rally-against-a-planned-overhaul-of-the-greek-university-system-in-central-athens-march-28.jpg

Dans « Le Principe démocratie », le sociologue Albert Ogien décrypte l’exploration des possibles démocratiques par les mouvements qui se sont succédés depuis 2011. Entretien.

Extrait : « De Tunis en 2011 jusqu’à la Catalogne d’aujourd’hui, des mouvements de protestation se multiplient dans le monde entier. Sous la même bannière, « démocratie ! », tous revendiquent l’idée d’égalité. Sans chef, sans programme, sans hiérarchie, sans goût du pouvoir, ces mouvements renouvellent radicalement la conception du politique ; d’où les critiques acerbes dont ils sont souvent l’objet de la part de ceux qui n’ont que la quête du pouvoir en tête. Dans leur essai lumineux, Le principe démocratie, enquête sur les nouvelles formes du politique (éd. La Découverte), le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier saisissent dans ses profondeurs ce nouveau rapport au politique. Et posent une question essentielle : comment repenser le politique à la lumière de ces citoyens qui rêvent d’un autre ordre de relations sociales ? Albert Ogien revient ici sur le sens de ce travail important… »

 

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« En démocratie faut-il vraiment donner les clés aux citoyens ? »

Rue89 Lyon, 31 octobre 2017

Par Albert Ogien
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Pour Albert Ogien, la vague de protestation demandant une démocratie réelle n’a plus nécessairement les revendications que l’on croit.

Extrait :

« … L’idée de démocratie « réelle » est réapparue avec la vague de rassemblements qui a saisi le monde en 2011. Il faut cependant observer qu’elle a un peu changé de nature. Elle ne renvoie plus à la destruction du système représentatif pour rendre tout le pouvoir au « peuple », mais revendique plutôt le fait de permettre à la voix des citoyen.ne.s de se faire pleinement entendre dans la détermination du présent et du futur de la collectivité dont ils.elles font partie et d’exercer un contrôle sur l’action des « élites » qui les dirigent.

Cette revendication n’est pas totalement incongrue, puisque les discours politiques contemporains valorisent la participation des gouvernés à l’action des gouvernants. Mais cela ne va pas jusqu’à confier à la responsabilité des citoyen.nes les prérogatives réservées aux techniciens et administrateurs de l’État. Cette mise à l’écart se justifie en affirmant que les enjeux de la « grande » politique (paix, puissance, souveraineté) dépassent la compréhension des gens ordinaires, que les questions de gouvernement (santé, éducation, économie, écologie, etc.) sont trop techniques pour être réglées par des novices ou ne relèvent pas d’un vote à la majorité (comme tout ce qui touche à la « cohésion nationale »). C’est la validité de cette justification que les initiatives autonomes de groupes de la « société civile organisée » (collectifs, associations, ONG, partis-mouvementistes) contestent… »

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On en parle dans les médias :

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Albert Ogien & Sandra Laugier, Antidémocratie, La Découverte, 2017

« De quoi le mot “Dégage” est-il le symptôme ? »

Les Inrockuptibles, 4 octobre 2017

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Après “Le Principe démocratie”, Albert Ogien et Sandra Laugier analysent dans un nouvel essai les formes diverses de “L’Antidémocratie”. Une pensée multiple, associée au populisme, qui rejette la démocratie au nom du peuple trahi, portée autant par ceux qui aspirent à son abolition que par ceux qui visent son extension.
Extrait :

Les critiques répétées depuis quelques décennies contre la démocratie – imparfaite, bloquée, élitiste, inégalitaire… – forment l’indice d’un malaise politique contemporain, derrière lequel se déploie l’idée d’un peuple trahi par le système représentatif et nostalgique de sa souveraineté perdue. Ce rejet de la forme démocratique au nom du peuple amer nourrit tous les populismes d’aujourd’hui. La désaffection actuelle pour la démocratie reflète ainsi l’accroissement d’un sentiment diffus : celui qu’ont les personnes d’être dépossédées du droit de décider par et pour elles-mêmes de la manière dont les questions qui les concernent sont traitées.

Mais, plus encore que le populisme, concept politique un peu trop flou et élastique pour être suffisamment opérant, cette répulsion dont la démocratie fait l’objet, a simplement un mot qui la résume et la condense : “l’antidémocratie”. Un mot qui a le mérite de la clarté, même s’il cache lui aussi des réalités diverses, voire opposées. Car le sentiment de dépossession démocratique est à géométrie variable.

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« Débat Pascal Ory-Albert Ogien : le peuple est-il populiste ? »

Marianne, 9 décembre 2017

Le populisme désigne-t-il une pente fatale des citoyens à la recherche de chefs autoritaires ou bien l’aspiration légitime et nécessaire du peuple en lutte contre ses élites? Débat entre l’historien Pascal Ory et le sociologue Albert Ogien, qui n’entendent pas de la même façon un terme qui a envahi le débat public.

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« Le populisme est-il antidémocratique? »

Slate.fr, 21 janvier 2018

this isnt democracy.jpgAnalyse par Arthur Guichoux du dernier ouvrage d’Albert Ogien et Sandra Laugier.

Extrait : 

« … Sans chercher à restituer le détail d’une démonstration qui se déploie à l’épreuve des événements (attentats terroristes, crise grecque, élections présidentielles), la thèse principale tient à ce que le populisme serait fondamentalement anti-démocratique. Ni de droite, ni de gauche, il ferait feu de tout bois et pourrait même faire système avec le statu quo néolibéral tout en prétendant le remettre en cause. Qu’il s’agisse d’un retour aux sources ou d’une construction hégémonique, la tentative de renouer avec le peuple aboutirait finalement à l’instrumentaliser.

La portée du populisme ne serait donc pas seulement descriptive mais avant tout normative et démophobe. C’est la raison pour laquelle il est analysé comme un écran de fumée idéologique devant le phénomène plus profond de l’antidémocratie, au fil d’une approche formelle dont les points aveugles ne laissent qu’apercevoir une partie de l’énigme démocratique.

L’anti-démocratie, matrice du populisme

Pour Ogien et Laugier, le populisme ne serait pas un remède miracle mais plutôt un facteur aggravant de l’état de la démocratie, dont il importe de dénoncer l’imposture. Il relèverait de l’antidémocratie, entendue comme un «mode de pensée qui conduit à se défier a priori des citoyen.ne.s ordinaires et à considérer que l’idée de vouloir leur confier la direction des affaires publiques est insensée».

Le populisme serait antidémocratique dans la mesure où il irriguerait des discours et pratiques qui vont dans le sens d’une mise à l’écart constante et invisible du grand nombre et qui finit par rétrécir à peau de chagrin l’espace d’intervention sur le destin collectif. La principale objection adressée au populisme tient en fait au brouillage politique et idéologique qu’il génèrerait, mais aussi aux présupposés implicites qu’il véhiculerait.

Le populisme est ainsi présenté comme un pot-pourri où se côtoient nationalisme xénophobe, souverainisme réactionnaire, autoritarisme providentiel, conspirationnisme, mais aussi revendications contre le capitalisme ou pour une démocratie réelle… »

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A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.