Richard Rechtman, directeur du LabEx Tepsis, psychiatre et anthropologue, mène des recherches sur les processus de subjectivation sociaux par lesquels le sujet social ou politique se représente aujourd’hui sous les traits d’un sujet psychologique dont les tourments, les blessures, les souffrances participent de la définition contemporaine de l’humain dans les sociétés occidentales.

Retrouvez ici ses principales interventions dans les médias autour de la question des émotions, des comportements génocidaires et de celle des jeunes et de leur rapport à la drogue:

Les émotions

« Les émotions sont-elles intemporelles? »

France Inter, 30 janvier 2018

Invité : Richard Rechtmanémotions France inter.jpg

Les émotions sont-elles intemporelles ? Colère, joie, peur, dégoût, ressentiment, tristesse…. Exprime-t-on ses émotions de la même manière que nos ancêtres chasseurs cueilleurs, que les hommes et les femmes de l’Antiquité, du Moyen-Âge ou du 18ème siècle ? Richard est l’invité de l’émission Grand Bien vous fasse!, présentée par Ali Rebeihi.

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Génocides et génocidaires

«L’histoire contemporaine ne raconte plus seulement celle des vainqueurs mais des vaincus»

Le Temps, 27 novembre 2017

Entretien avec Richard RechtmanLe Temps Rechtman.jpg

Les syndromes post-traumatiques ou le harcèlement sont des notions récentes. A l’occasion d’une conférence au CHUV, le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman raconte l’émergence des souffrances psychiques dans la société, nouvel enjeu politique.

Extrait: « … A la fin du XIXe, la psychiatrie commence à reconnaître que les guerres ou certains accidents peuvent causer des traumatismes psychiques, mais à cette époque, les victimes sont considérées comme des êtres faibles, des simulateurs, au mieux des malades. C’est pourquoi, après la Grande Guerre, si les blessures physiques témoignent de ce que la guerre fait aux hommes, à l’instar des gueules cassées héroïsées pour leur sacrifice corporel, la reconnaissance ne s’étend pas aux esprits brisés. Le renversement s’opère avec la guerre du Vietnam et l’héroïsation des vétérans détruits par leur vécu. Ce renversement moral va permettre au traumatisme psychique de devenir l’expression d’un destin collectif, et pas seulement le drame d’une vie singulière… »

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« Il faudrait décréter l’anonymat obligatoire de tout auteur d’attentat »

Télérama, 25 juillet 2016

Entretien avec Richard Rechtmanrichard-rechtman Télérama.jpg

 

Terrorisme ou crime génocidaire ? Le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman revient sur le massacre de Nice. Et fustige l’attitude des politiques et des médias, qui nourrissent, selon lui, la stratégie de l’organisation Etat islamique.

Extrait: « … De Nice, on aura tout vu, et presque tout entendu, de la part des responsables politiques et de certains médias. Leurs voix se mêlent et s’emmêlent dans des tirades usées, des saillies souvent opportunistes et des polémiques trahissant, en creux, l’état d’une démocratie qui se cherche dans la souffrance, mais ne se trouve plus. Leurs regards semblent figés, entre traces de sang et chemin vers la présidentielle. Heureusement, la parole du psychiatre et anthropologue Richard Rechtman, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, nous permet de relever la tête. Pour jeter un autre regard sur la stratégie de Daech et changer notre vocabulaire quand on évoque ceux qui ont ensanglanté la France. Pourquoi ? Parce que le diagnostic sur la nature des crimes commis par l’organisation de l’Etat islamique est erroné, nous dit Rechtman ; parce que les réactions de nombreux médias et d’une partie de la classe politique sont exactement celles que pouvait espérer Daech ; et parce que ces deux erreurs conjuguées nous conduisent droit à l’échec. Or, derrière cet échec, se profile l’ombre du chaos… »

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“Retour sur les attentats de Nice”

France Inter, émission « l’invité du week-end », 17 juillet 2016

Invité : Richard Rechtmanreceuillement a Nice AFP.jpg

Richard Rechtman revient sur la réaction des français au lendemain de l’attentat.

Extraits:

« Il y a une transformation de ce qui est l’effroi en une réaction plus colérique ».

« Dire que nous vivons avec la peur c’est aller un peu loin, mais il va falloir savoir vivre avec la perte d’un certain sentiment de sécurité »

Le meilleur moyen de défense face à ces atrocités, le collectif :

« Le collectif est fondamental. […] Il faut se sentir solidaire de chacun. […] A travers la solidarité, c’est la vie qui est plus forte qu’eux ».

« Ce sont des génocidaires pas des terroristes. […] Ce qui compte ce n’est pas le symbole mais le nombre, il y a une pensée de la productivité horrible ».

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« La violence de l’organisation Etat islamique est génocidaire »

Le Monde des Idées, 27 novembre 2015

Article, par Richard RechtmanBertrand Guay : AFP.jpg

Etablir une frontière entre l’être pur et l’être impur qu’il faut froidement exécuter est le trait commun à tous les génocides, selon Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS.

Extrait: “…Mais ils ne gagneront pas ! Les génocidaires perdent toujours. Ils ne peuvent briser les liens qui unissent les hommes entre eux. Alors, justement, pour leur résister :

Cessons d’accuser nos banlieues qui produisent bien plus d’artisans, de cadres, d’employés, d’entrepreneurs, de policiers, de gendarmes, de militaires, de banquiers, d’hommes de loi, de médecins, d’infirmiers, d’assistants sociaux, de journalistes, d’intellectuels, d’universitaires et d’élus de la République que de djihadistes !

Cessons donc d’exiger des musulmans ordinaires, ceux qui composent aujourd’hui la mosaïque fertile de la citoyenneté française et européenne, qu’ils rendent des comptes au nom de ceux qui, précisément, veulent d’abord leur mort.

Arrêtons enfin de stigmatiser ceux qui fuient la mort et cherchent refuge dans nos pays au fallacieux prétexte qu’aujourd’hui des tueurs se seraient infiltrés parmi eux.

Craignons qu’un malveillant politicien français exige alors la fermeture définitive de notre école de la République au motif que, depuis un siècle, à l’instar des dirigeants khmers rouges, tous formés dans les universités françaises, bien des terroristes, des criminels de guerre et des dictateurs s’y sont infiltrés ou en ont bénéficié avant de devenir des tueurs.”

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“Génocide : la douloureuse question de définition”

LeMonde International, 15 avril 2015

Entretien avec Richard RechtmanGénocide la douloureuse question.png

Extrait : Identifier le crime

… Richard Rechtman, directeur d’études à l’EHESS, psychiatre et anthropologue, en est convaincu. « Moins pour les victimes que pour l’histoire collective, précise-t-il. On ne juge pas l’Histoire au regard de l’intérêt immédiat des victimes. Sinon, comme le pensent certains, il faudrait se taire afin de ne pas rouvrir les blessures. Au Cambodge, la qualification de “génocide” souligne bien l’intentionnalité criminelle, qui va au-delà de l’élimination physique des opposants pour viser tout un peuple, le peuple dit “nouveau” dans le langage khmer rouge. Les Khmers rouges ont voulu tuer les hommes, les femmes, les enfants, mais aussi les morts en interdisant les rites funéraires ou en laissant les dépouilles à l’abandon – ce que l’on ne retrouve que dans les pratiques génocidaires. »

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« Un tel attentat renvoie à un sentiment d’impuissance épouvantable »

Le Quotidien du Médecin, 9 janvier 2015

Entretien avec Richard Rechtman

Interrogé au lendemain de l’attentat contre « Charlie Hebdo », le psychiatre et  anthropologue Richard Rechtman analyse l’impact de ces événements sur les esprits.

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Et retrouvez toutes les interventions de Richard Rechtman sur France culture ici.


Les jeunes & les drogues

 

“Drogues : ce qui attire les jeunes et leur répugne”

Ouest-France, 18 février 2016

Entretien avec Richard Rechtmandrogues-ce-qui-attire-les-jeunes-et-leur-repugne.jpg

Ils fument un joint en cachette, s’enivrent entre amis. Angoissent leurs parents. Le psychiatre Richard Rechtman s’inquiète pour un petit nombre d’ados en grand danger.

Extrait : 

Ouest-France : “En quoi l’adolescence est-elle une période propice pour une « rencontre » avec la drogue ?

R. Rechtman : Parce qu’on sort de l’enfance, marquée par une absence de liberté physique, par la nécessité de demander tout le temps l’autorisation des parents, des professeurs, etc. À l’adolescence, les jeunes éprouvent l’autonomie de leur corps, de leur pensée. Ils veulent profiter de cette liberté, par exemple sur le plan sexuel. Mais ils restent confrontés à des contraintes, des barrages : les décisions des parents, les règles sociales, la loi… Ils ne craignent pas la maladie, la déchéance physique ou la mort, trop abstraites. Ils ont besoin de prendre des risques pour tester leur invulnérabilité…”

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Drogues chez les jeunes :

“faire en sorte que dire ‘non’ devienne un acte héroïque”

20Minutes, 02 février 2016

Entretien avec Richard Rechtman20minutes drogues.jpg

« Pourquoi se drogue-t-on ? ». A l’occasion d’une rencontre de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) organisée sur ce thème, Richard Rechtman revient sur l’efficacité des messages de prévention chez les jeunes adultes.

Extrait :

20Minutes : « Quel est le message spécifique adressé aux jeunes prenant des drogues?

R. Rechtman : Les jeunes se pensent invulnérables et recherchent une invulnérabilité avec la drogue. Ainsi, la prévention axée sur les dangers des drogues, ou leurs effets à long terme, ne les atteint pas. Pour eux, qu’est-ce que cela signifie d’être malade dans vingt ans ? « Je m’en fous dans vingt ans, je ne serai pas malade, et de toute manière je ne serai pas comme mes parents », répondent-ils. Ce message sur le danger flatte au contraire leur sentiment d’invulnérabilité !… »

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On en parle dans les médias :

Richard Rechtman (2013), Les vivantes, Editions Léo Scheer

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Critique Télérama, 9 décembre 2013

Extrait : « Je ne crois pas à l’incommunicable », disait Charlotte Delbo, de retour d’Auschwitz. Médecin et anthropologue, fondateur et responsable à Paris d’un dispositif de consultations psychiatriques spécialisées pour réfugiés cambodgiens, Richard Rechtman a écrit Les Vivantes animé de la même conviction : des survivants au génocide perpétré par les Khmers rouges à l’encontre du peuple cambodgien, il est impensable de ne pas se mettre à l’écoute. La femme qui prend la parole, dans le roman Les Vivantes, fait partie de ceux-là, qui ont traversé les ténèbres et dont les mots s’emploient à raconter ce crime sidérant : la faim, la soif, les sévices. L’assassinat de masse et la déshumanisation systématique de l’individu….

Lire l’intégralité de la critique littéraire.


 

A propos de l’auteur Tepsis

Le Laboratoire d’Excellence (LabEx) Tepsis se donne pour objet la diversité des modes d’intervention du politique dans la Cité et dans l’espace des sociétés. Il se propose de relier l’analyse des modes de gouvernement des sociétés modernes et contemporaines et celle des pratiques sociales qui transforment les formes d’organisation et de régulation des activités humaines. Tepsis rassemble des chercheurs et des équipes appartenant à 14 Unités Mixtes de Recherche associées au CNRS, toutes évaluées A+ et A par l’AERES, et au centre de recherche de l’ENA.